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prostration profonde, et le lendemain une injection de 15 c. c. faite à 4 heures 1/4 détermine la mort de l’animal : elle a lieu à 8 heures et demie.
A cette dose de 15 centigrammes, l'alcaloïde est donc toxique pour les chiens de taille moyenne.
Nous avons eu l'occasion d'essayer l’action de ce corps sur d’autres sujets dont l'organisme n’était pas, comme celui de nos deux chiens, affaibli et troublé par des expériences antérieures. C’est ainsi que, par l'emploi de la même dose d'injection, nous avons déterminé, mais seulement 10 heures après l’administration du liquide, la mort d'un chien mouton de 15 kilogr., qu'on avait amené à M. Valète pour être empoisonné.
Ce chien n’éprouva point de nausées, mais nous consta- ‘âmes l’émission d'une écume abondante très blanche.
Un autre chien de 24 kilogr. 400 gr. est mort après une injection de 0,20 centigr., el 1l n'a cessé de s'agiter et de crier en écumant, mais sans vomir el sans uriner: la mort est survenue 3 heures et demie seulement après l'injection.
AUTOPSIE DES CHIENS. — Chien N°1. — L'autopsie nous a permis de constater une inflammation générale des organes, surtout des reins et de l’appareil urmaire qui se sont montrés fortement congestionnés. Les urelères étaient très enflammés. Le cœur était gorgé de sang. La surface interne de l’estomac offrait une légère coloration d'un rouge vineux, il en était de même pour l'intestin grêle.
Chien N° 9.— Dans ce deuxième cas, nous avons fait les mêmes constatations que dans le premier, mais avec les diflérences suivantes :
1° L'inflammation générale des organes est moins intense :
2° Le cœur est gorgé d’un sang bien plus noir :
3° Les poumons sont fortement ecchymosés ;
Pr 85 PE Li 4 Les reins sont moins congestionnés :
9° La muqueuse slomacale est moins irritée.
D’après les faits qui viennent d’être exposés, nous croyons
que le principe actif de PAsphodèle, que nous appellerons
l’asphodéline, offre, à peu de chose près, au point de vue toxique, les mêmes propriétés physiologiques que la scilliline. Celle dernière, en effet, délermine les phénomènes suivants : |
1° elle occasionne une vive inflammation de lous les organes :;
2° elle agit comme un violent éméto-cathartique ;
3° son action se porle aussi directement sur les reins :
4 ces phénomènes se produisent, soit que l’alcaloïde soit absorbé par la bouche, soit qu'on ladministre par injection sous-cutanée ; mais, dans ce dernier cas, son action est beaucoup plus rapide.
L’asphodéline el la scaillitine ont donc entre elles les plus grandes analogies, sauf pour ce qui est de leur degré d’intensité d’aclion: la dose amenant la mort est de 5 centigrammes pour la scillitine, de 15 centigrammes pour l’asphodéline. L'activité comparée des. deux alcaloïdes dans l’état où nous les avons expérimentés serait donc dans le rapport de un à trois, la scillitine amenant la mort d’un animal à une dose trois fois plus fuible que lPasphodéline que nous avons préparée en prenant pour terme de comparaison les résultats obtenus par Marais (1) avec de la scillitine. [Il nous a élé permis ainsi d'établir un parallèle entre ces deux alcaloïdes
et de constater leur étroite analogie physiologique.
4) Thèse de Marais sur la Scille, 1? juin 1856,