CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Au point de vue botanique, l’Asphodelus ramosus Linn.,dont la morphologie externe et la structure anatomique n'offrent, d’ailleurs, aucune divergence importante relativement au Lype normal des Liliacées, donne surtout lieu aux remarques suivantes :
1° Les tubercules radicaux contiennent dans le parenchyme cortical el dans la moelle d'abondantes cellules à pigment jaune, dont le nombre et la richesse en matière colorante augmentent avec l'âge;
2° Ils ne renferment ni amidon, ni inuline, leurs réserves consistent essentiellement en une matière sucrée, en solution dans le suc cellulaire.
Au point de vue chimique, nous rappellerons 1ci les résultats suivants :
La méthode de Draggendorf, appliquée à l’analvse des tubercules d'Asphodèle, nous a permis d'en isoler : une essence, une résine, des matières pectiques, ùne matière colorante, dont Putilité pratique nous à paru trop peu considérable pour mériler une étude approfondie, un alcaloïde et du sucre.
Nous avons limité nos recherches spéciales à l'étude du sucre et de sa transformation en alcool et à celle de l’alcaloïde.
De &
nm
La matière sucrée de l'Asphodèle est lévogyre. — Nous n'avons pu l'obtenir à l'état cristallisé, mais la méthode de Fischer nous à permis d'en préparer el d'en caractériser l'osazone. |
Ce sucre, par fermentation, nous a donné de l'alcool éthylique, et le rendement est d'environ 2? kilogrammes d'alcool absolu pour 100 kilogrammes de plante fraiche, originaire, soit de l'Algérie, soit de Corse, soit de France. Mais le mode d'obtention de cet, alcool nous paraît trop onéreux et le rendement {rop peu considérable pour qu'on puisse songer à exploiter industriellement l'Asphodèle à ce point de vue.
L'alcaloide que nous avons oblenu par la méthode de Marais, aussi bien au point de vue chimique qu'au point de vue de son action physiologique et toxicologique, possède la plus grande analogie avec la scillitine.
Ces deux principes aclifs ne diffèrent essentiellement que par leur degré d'activité: l'asphodéline que nous avons préparée étant trois fois moins active que la scillitine, les deux alcaloïdes étant obtenus par la même méthode.
En conséquence de celle analogie, 1l est permis de conclure que l’Asphodèle, bien que moins acuf que la Scille, pourrait lui être substitué dans bien des cas, en tenant compte de son action plus faible dans certaines préparations pharmaceutiques.
Son emploi pharmaceutique serait surtout commode dans cerlaines contrées de la région médilerranéenne, où ce végétal eroît en abondance.
Nous rensons toutefois qu'on ne saurait le considérer définitivement comme succédané de la Scille, avant d’avoir solidement élabli ses propriétés par des expériences plus nombreuses que celles que nous avons exécutées sur les animaux
et surtout par des observations cliniques.
Re Il serait intéressant d'étudier comparativement les aulres espèces du genre d’Asphodelus, travail beaucoup trop vaste
pour que nous ayons songé à l’entreprendre.
Vu, Bon à imprimer : Vu et approuvé: | Montpellier, le 12 juillet 1905. Montpellier, le 12 juillet 1905. | Le Président de la thèse, Le Directeur, |