‹ Étude chimique et pharmaceutique du PyramidonChapitre 16 sur 34 · JO 9P 91N10[494194 9] 994Y · texte numérisé non relu

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L’essai à la cochenille permettra d'éliminer dans les recherches chacun des antipyrétiques : antipyrine, phénacétine, exalgine, acétanilide, lactophénine, citrophène, etc., qui, en raison de leur prix moins élevé, pourraient être substitués au pyramidon. Dans ce cas, il n'y a pas virage avec la cochenille. Il faut en excepter cependant les sels de quinine, rangés eux aussi parmi les antipyrétiques, mais leur saveur amère et leur très faible solubilité ne permettent guère la fraude.

b) Essar. — On dissoudra 1 gramme de pyramidon dans 12 grammes d’eau distillée à + 15°.

La solution doit être complète et le liquide incolore. Elle ne doit pas avoir d’odeur désagréable (hydrocarbures), ne. pas précipiter par HS et n’offrir aucune réaction au tournesol ou à la phénolphtaléine.

Le pyramidon, chauffé sur une lame de platine, doit se volatiliser sans laisser de résidu (substances minérales).

Au cas où nous aurions affaire non à une substitution totale mais à une addition frauduleuse, d'antipyrine, par exemple, voici comment il convient d'opérer.

On met dans un tube à essai, comme l’a indiqué M. Paul Bourcet (1), 1 ou 2 centigrammes du pyramimidon à essayer dissous dans quelques centimètres cubes d’eau froide. On ajoute deux gouttes d’acide

(1) Détermination du mélange d’antipyrine à la diméthylamidoantipyrine, Bull. Se. pharmacol., avril 1905, p. 218, 219.

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sulfurique à 66° et deux gouttes de solution saturée à froid de nitrite de soude, ou, à défaut, quelques parcelles de ce sel cristallisé. On agite. Si l’on a affaire à du pyramidon pur, on obtient immédiatement une coloration bleu violet intense qui, surtout en présence d’un excès de nitrite, disparaît rapidement et laisse une liqueur incolore.

Si, au contraire, le pyramidon était mélangé d’antipyrine, on percevrait d’abord la coloration bleu violet qui se change bientôt en une coloration verte stable d'autant plus intense que l’antipyrine se trouve mélangée en plus grande quantité dans l'échantillon.

M. P. Bourcet a pu déceler par ce moyen une addition de 2 p. 100 d’antipyrine.

c) DosaGe. — On sera mieux fixé encore en opérant un dosage.

Nous allons tout d’abord donner notre technique analytique, nous ferons ensuite connaître celle qui a été récemment proposée par d’autres auteurs.

1° Dosage du pyramidon par notre méthode alcalimétrique directe.

Nous avons utilisé, pour ce dosage, la propriété que nous avons reconnue au pyramidon de se conduire comme une base monoacide vis-à-vis de la cochenille.

Principe. — Lorsque à une molécule de pyramidon on ajoute quelques gouttes de teinture de cochenille,

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il se produit une coloration rose lilas, revenant au jaune dès qu'on a ajouté une molécule d'acide monobasique comme HCI ou une demi-molécule d'acide bibasique comme l'acide oxalique.

Mode opératoire. — On dissoudra 0 gr. 231 du pyramidon à essayer (poids moléculaire du pyramidon = 231) dans 10 c.c. d’eau distillée et l’on versera la solution dans un vase à précipité. On ajoutera trois ou quatre gouttes de teinture de cochenille ; on mêlera bien le tout.

Le virage doit se produire aussitôt. Au moyen de la burette graduée, on versera l'acide oxalique N/10 (à 6 gr. 30 p. 1000) jusqu à disparition de la coloration rose du liquide. |

Si le pyramidon à essayer est pur, on devra employer 10 c.c. de liqueur oxalique N/10.

La quantité Q de pyramidon pur contenue dans 100 grammes d’échantillon analysé sera donnée par la formule :

Q = (n De 10)

dans laquelle 7 représente en centimètres cubes le volume de liqueur titrée employé.

Comme on le voit, ce procédé est très simple et il offre l’avantage de ne pas être en défaut quand on a affaire à un pyramidon souillé d’antipyrine.

Seule, la réaction finale est délicate à saisir, — inconvénient fréquent en alcalimétrie, — et ne se discerne bien qu'avec un peu d'habitude.

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2 Dosage du pyramidon par notre méthode alcalimétrique indirecte ou par reste. — Procédé Astruc et. G-Pégurier.

Nous avons fait connaître pour prendre date, en collaboration avec M. le professeur agrégé Astruc (1), une autre méthode de dosage du pyramidon, basée sur sa saturation à l'excès par l'acide picrique. Le reste d'acide libre fait connaître la quantité absorbée par le pyramidon, d'où il est facile de déduire le poids de ce dernier.

Mode opératoire. — Onpèse 0 gr.231 du pyramidon à analyser et on le fait dissoudre dans 10 c.c. d’eau. On ajoute 40 c.c. de solution N/20 d'acide picrique (à 11,45 d’acide p. 1000). On agite quelques minutes avec une baguette de verre, de manière que le précipité se forme bien et on filtre. On recueille 25 c.c. de filtratum dans un cristallisoir et l’on ajoute quatre à cinq gouttes de phénolphtaléine.

On titre l’excès d’acide, au moyen d’une solution N/10 de KOH ou NaOH jusqu’à virage au rouge.

On note le nombre » de centimètres cubes d’alcali titré employé.

La quantité de pyramidon (p. m. — 231) contenue dans la prise d'essai sera :

£ : 50 (ao —on x =) x

ou (40 — 4 n) X 0,01155.

(1) Voir Répertoire de Pharmacie, avril 4905, p. 148, 149.

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Ce poids de pyramidon serait, si la prise d’essai était 100 fois > :

(40 — 4n) X 1,155 ou, en faisant 231 = 200 :

ou, plus simplement encore :

Go — 4 n.

D'où, en multipliant le résultat par 5 (exactement afin de redonner en même temps à 231 la valeur qu'il avait perdue dans le facteur précédent), la formule définitive :

Go—&n) X5

donnera directement la quantité de pyramidon contenue dans 100 grammes d’échantillon analysé. Exemple : Il a fallu 5 c. c. 5 de solution décinormale de potasse ou de soude pour saturer l’exès d'acide :

(Go — 5,5 X 4) X 5 = 90 p. 100 de pyramidon.

Cette méthode repose sur une réaction chimique analogue à celle qui a été déjà utilisée par M. Lemaire pour le dosage de l’antipyrine.

Quant à la formule à appliquer, elle a été, on le voit, simplifiée le plus possible afin d’abréger et de faciliter les calculs.

Remarque.— Nous devons ajouter, à titre de simple indication, que l'analogie de réaction précédente (pyramidon ou antipyrine vis-à-vis de l’acide picrique) reste un fait isolé dans l'analyse quantitative de.

chacun de ces deux corps. C’est ainsi qu'on tenterait vainement d'appliquer au pyramidon une méthode analogue à celle donnée par M. Bougault (4) pour le dosage de l’antipyrine, car, ainsi que nous avons pu l’observer avec le pyramidon, l’iode, au lieu de se décolorer dans la solution employée, devient au contraire d'un bleu violacé intense, annihilant complètement par ce seul fait les diverses phases, ainsi que le terme même de la réaction.

3° Dosage du pyramidonet de l'antipyrine dans un mélange des deux produits (2).

a)Mérnone G. PéGurier(Volumétrique). — La méthode précédente, exacte et commode quand elle s'adresse au pyramidon seul, peut paraître à première vue inapplicable lorsqu'il s'agit d’un mélange d’antipyrine et de pyramidon. En effet, si de l’antipyrine se trouvait mélangée à ce dernier, elle absorberait pour son compte de l'acide picrique et viendrait ainsi fausser les résultats.

Sans doute la méthode précédente peut mettre en garde contre cette falsification, car étant donnée la différence des poids moléculaires de ces deux corps, les résultats analytiques seraient supérieurs à cent pour cent, ce qui est théoriquement impossible sans

(1) Cette méthode est basée sur l'emploi de l’iode et du sublimé,

avec formation de monoiodantipyrine et d’iodantipyrines mercuriques complexes.

(2) Voir G. Pécurier : Méthode de dosage volumétrique du pyramidon et de l’antipyrine dans un mélange des deux produits, Répertoire de Pharmacie, août 1905, p. 339-340.

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