‹ Etude chimique et physiologique du ricinChapitre 22 sur 28 · TRAITEMENT PAR L’EAU ACIDULÉE AVEC L’ACIDE SULFURIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PAR L’EAU ACIDULÉE AVEC L’ACIDE SULFURIQUE

Dix grammes de tourteau bien pulvérisé ont été laissés en digestion avec l’acide sulfurique à 2° ; on a filtré, lavé ; le tiers du liquide édulcoré de manière à avoir une liqueur agréable a été donné à un chien de moyenne taille: celui-ci a été malade immédiatement, il a fait des efforts pour vomir, et n’y a réussi qu’une fois. Le lendemain il a continué avec les envies de vomir et n’y a réussi qu’une fois. — Le tiers de la partie solide a été donné à un autre chien de plus petite taille : il n’a pas eu de vomissements et n’a pas paru malade ; pourtant le lendemain il a été triste. Ils n’ont eu de selles ni l’un ni l’autre (Samayoa).

J’ai épuisé 200 gr. de tourteau par l’eau renfermant 0,005 d’acide sulfurique, de manière à obtenir 1000 c.c. de liqueur.

Exp. n° 38. 30 mars. J’ai pris 0,50 tourteau. Rien.

Exp. n° 39. 31 » » 1 » id.

Exp. n° 40. I er avril. » 2 # id.

Exp. n° 41. 28 mars. J’ai pris 5 c. c. liqueur (lgr. tourteau),

vomissements assez prolongés et pénibles

Cette liqueur sulfurique a ké ramenée par concentration à feu nu, à un volume de 200. c. c. Pendant celte opération, il

s’est formé un précipité floconneux qui desséché pesait 7 gr» Il était formé de sels de chaux et d’albumine.

Exp. n" 42. 4 avril. Salle Saint-Clément, n" 23; 2. c.c. liqueur. Rien.

Exp. n° 43. 7 avril. Salle Saint-Clément, n° 25; 5. cc. liqueur. Rien.

Exp. n° 44. 8 avril. Salle Saint-Clément, n° 25; lOc.c. liqueur. Rien.

Exp. n" 45. 8 avril. Salle Saint-Clément, n" 7 ; 0,20, précipité. Rien.

Exp. n" 46. 10 avril. Salle Saint-Clément, n° 7 ; 0,50, précipité. Rien.

Exp. n" 47, 11 avril. J’ai pris 1 gr. précipité. Rien.

L’action de la chaleur a donc volatilisé ou détruit le principe) éméto-cathartique ; j’ai pris de nouveau 250 gr. tourteau auquel j'ai fait subir un traitement avec de l’eau refermant 0,02 d’acide sulfurique.’ J’ai obtenu 750 c.c. de liqueur. Un gramme de tourteau est donc représenté par trois c.c. de ce liquide.

J’ai fait trois parties de cette liqueur.

1° 150. c, c. ont été précipités par l’alcool. Le précipité obtenu pèse 1,850. Il n’est pas purgatif, la liqueur purge, comme le montre le fait suivant.

Exp. 48. l or mai. Salle Saint-Clément, n° 7 ; 15 c. c. liqueur alcoolique, (elle représente 1,50 tourteau). Coliques légère?; nausées; le lendemain de 12 à 15 selles et les nausées cessent.

Exp. 49, 8 mai. j’ai pris 1/3 de l’albumine. Rien.

Exp. 50. 9 » » 2/3 » Rien.

â" 300. c.c. ont été agités à plusieurs reprises pendant 42 heures avec de la magnésie :

La magnésie a été desséchée à une basse température : elle ne renferme pas le principe purgatif, car traitée par divers véhicules, elle ne leur abandonne que fort peu de chose, et elle-même ne jouit qqe de scs propriétés habituelles.

Exp. n°51. 26 avril. Salle Saint-Clément, n° 22; 4. c.c, liqueur acide ayant repris le résidu qu’avait abandonné par évaporation le chloroforme ayant traité la magnésie. Rien.

Exp. n°52. 27 avril. Même malade. 3 c.c. même liqueur. Rien.

Exp. n°53. 28 avril. Même malade.40. c.c. » » »

Exp. n°54. 5 mai. J’ai pris le résidu de l’évaporation de l’éthcr ayant traité la magnésie. Rien.

Exp. n° 55. 6 mai. J’ai pris le résidu de l’évaporation de l’alcool ayant traité cette même magnésie. Rien.

Exp. n° 56. 7 mai. J’ai pris une forte cuillerée à bouchère la magnésie dont je viens de parler. 2 à 3 selles. Pojpt de nausées, point de coliques.

Exp. n° 58. 8 mai. Salle Saint-Clément, n° 36. 6 . c. c., (2gr. tourteau, liqueur ayant été précipitée par la magnésie ; six à sept vomissements, quelques coliques. Pas de selles.

300. C. C. Liqueur sulfurique ont été précipités par un excès d’acétate neutre de plomb. Le précipité a été lavé, mis en suspension dans l’eau, traité par l’hydrogène sulfuré après filtration,

la liqueur a é.té débarrassée de l’excès de gaz sulfhydriquc par un courant d’air aidé d’une température de 30 à 40 degrés.

Exp. n ü 59. 4 mai. Salle Saint-Clément, n° 13, 2 CC. (4 gr. tourteau) de cette liqueur. Une selle, point de vomissements, point de coliques.

Exp. n. 60.11 mai. J’ai pris 4 CC. même liqueur (8 gr. tourteau) quelques nausées.

Exp. n" 61.12 mai. J’ai pris 12. CC. même liqueur. Rienf.

La liqueur ayant subi le traitement par l’acétate de plomb neutre, a été additionnée d’acétate de plomb basique. Le précipité lavé, traité par l’hydrogène sulfuré, a donné une liqueur qui a été soumise aux essais suivants.

Exp. n° 62. 6 mai. Salle Saint-Clément, n ü 10. 3. CC. (6 gr. tourteau). Rien.

Exp. n u 63.14 mai. J’ai pris 6. CC. (12 gr. tourteau). Rien.

Exp. n" 64.15 mai. » » 12. CC. (24 gr. tourteau). Rien.

La liqueur qui avait été traitée par les acétates neutre et basique de plomb a été débarrassée de l’excès de ces réactifs par un courant d’hydrogène sulfuré ; ce dernier gaz a été expulsé par un courant d’air. J’ai alors pu m’en servir.

Exp. n u 65. 11 mai. Salle Saint-Clément, n" 36. 10 CC. (2 gr. 20 tourteau), rejeté immédiatement. La malade vomit du reste on ne peut plus facilement.

Exp. n" 66.11 mai. Salle Saint-Clément, n° 18. 10 CC. uno seule selle, quelques coliques.

Exp. n° 67. —15 mai. Salle S 1 Clément n" 41. 20 C. C. (4 gr. 40 tourteau). Rien.

fc'i Exp. a» 08. — 17 mai. J’ai pris 50. C. C. (11 gr. tourteau). Rien.

^, J’ai aussi essayé l’action de l’acide tartrique ; 60 gr. tourteau pnt été traités par 10 gr. acide tartrique. J’ai obtenu 140 G. C. ‘de liqueur.

Exp. n° 69. — 20 avril, 5 G. C. de cette liqueur (2 gr. tourteau) administrés à un homme robuste ont produit un vomissement, des coliques toute la nuit, et quatre ou cinq selles.

Comment s’expliquer la disparition du principe purgatif dans la liqueur sulfurique ; je me suis cependant servi d’agents qui ont la réputation d’être inoffensifs ; dans ce cas la seule explication sera'qüe la précipitation du sulfure de plomb l’a entraîné. Aussi je me propose dans la suite de, cçs-, recherches-de me débarrasser de l’excès de plomb par l’acide sulfurique ; on me reprochera sans doute de ne pas avoir essayé le procédé de Stass, de ne pas avoir fait la dernière expérience que je \iens de citer: à cela je répondrai, qu’il est très-difficile de faire des expériences physiologiques de cette nature ; j’aurais pu, il est vrai, me servir d’animaux, mais si l’on se rappelle les essais de Samayoa, do M. 'Petit, on trouvera’que ccs^sortcs d’expériences sont très-discutables, et ique Ton ne peut guère compter sur les résultats obtenus.

Tout au moins, ces dernières recherches combattront victorieusement, je crois, l’opinion qui voudrait faire provenir lo principe purgatif d’un dédoublement analogue à celui de l’amygdalinc. En effet, nous avons vu que l’odeur qui caractérise cette réaction se produit surtout en liqueur alcaline (Bowcr) :

ici au contraire nous opérons en liqueur acide, et jamais je n’ai pu constater l’odeur nauséeuse dont il s’agit.

Quoi qu’il en soit, je n’abandonne pas l’espérance qu’un jour arrivera, où nous connaîtrons én quoi résident les propriétés purgatives du ricin, soit que l’avenir me réserve celte découverte, soit qu’il la garde pour d’autres plus heureux et plus habiles.

Vu par le président de la Thèse, J. BOUIS.

Bon à imprimer

Le Directeur de l'École de Pharmacie,

J. CIIATIN.

Vu et permis d'imprimer Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris,

A. MOURIER.

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