EXPERIENCE LXIX
4 juin 1932. Chien de 8 kilos.
Morphiné une heure avant l’expérience.
Trépanation (hémisphère gauche, zone antérieure).
Animal agité en dehors de toute excitation corticale. L’animal présente trois crises d’épilepsie caractéristiques qui se succèdent en un quart d’heure, la troisième plus courte. Il est impossible de pratiquer des mesures dans ces conditions.
On injecte 10 c/m3 solution chloral intra-péritonéale. L’animal est plus calme et ne présente plus de crise.
Mesures prises avec le circuit shunté (condensateurs)).
Excitation du centre cortical antérieur (constriction).
Adduction (shunt de 3.000 ohms) :
Rhéobase 20 v Capacité chronaxique 52 Chronaxie 0 6 17
Le sommeil devenant plus profond, la Rhéobase s’élève à 50, puis davantage. La capacité chronaxique dépasse 100.
Mesures prises une demi-heure après :
Adduction (shunt de 3.000 ohms) :
Rhéobase 52 v Capacité chronaxique 50 Chronaxie 0 5 17
En dehors et en arrière du centre précédent, on retrouve la zone où l’excitation provoque des dilatations, mais les mesures sont difficiles. Avec le circuit deshunté, on obtient de belles dilatations mais la Rhéobase est haute. On saisit une capacité chronaxique entre 200 et 300 (chronaxie entre 0 « 25 et Qc 4), chiffre obtenu par un calcul analogue à celui fait dans l’exp. LIX.
On dégage les deux récurrents (nerfs grêles chez ce chien).
On sectionne les deux nerfs grand hypoglosse.
Les excitations corticales sont toujours transmises.
On cherche à déterminer la chronaxie des nerfs récurrents (circuit shunté).
On détermine une constriction avec une Rhéobase de 4.
On ne peut facilement mesurer la capacité chronaxique qui semble comprise entre 20 et 50, car on est gêné par les dilatations qui se trouvent mêlées aux constrictions.
On sectionne les nerfs récurrents.
Par des excitations corticales intenses (circuit deshunté) on obtient encore des mouvements de constriction mais ceux-ci sont surtout dus à des mouvements de tiraillement du pharynx et l’on n’observe pas de constriction laryngée véritable.
La réponse croisée est bien consécutive à une transmission par le récurrent du côté opposé (accessoirement le nerf laryngé externe pour le muscle crico-thyroïdien exclusivement).
Continuant les mêmes recherches de chronaxies comparées entre la zone motrice et les fibres récurrentielles, nous avons cherché ce que devenait la chronaxie de ces dernières lorsque l’on venait à modifier l’état de la zone motrice.
En premier lieu, nous avons agi par une anesthésie locale, cherchant à voir l'effet de l’application de cocaïne sur l'écorce.
On incisait la dure-mère et l’on dégageait la petite zone de l'écorce dont l’excitation donnait lieu à une constriction laryngée (nos expériences n’ont porté que sur le centre d’adduction, l’excitation du nerf laryngé inférieur ne mettant en jeu, d’une façon constante, que les fibres qui entraînent la fermeture de la glotte). On découpait un petit carré de papier filtre que l’on imbibait d’une solution de chlorhydrate de cocaïne au 1/10° et on l’appliquait sur la zone préparée (pendant dix minutes) à la manière de Baglioni.