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ACTION DE LA TEMPÉRATURE

Au cours des expériences, nous avons été gêné plusieurs fois par le refroidissement de l’animal dû à l’anesthésie générale et insuffisamment évité dans certains cas. Nous avons été ainsi amené à étudier l’action de la température sur la chronaxie. Ainsi :

Dans l’expérience XXIV, la chronaxie est montée de 0611 à 9 « 18 par suite du refroidissement de l’animal (général et local). Sous l’action des compresses chaudes, la chronaxie du nerf laryngé inférieur est tombé à 0 505. Après cessation de celles-ci, elle est remontée à 0611 (valeur primitive).

Dans l’expérience XXVII, en mesurant la chronaxie des nerfs laryngés inférieurs, on constate que celle-ci augmente, correspondant à un refroidissement important de l’animal (tremblement, refroidissement cutané sensible). Du côté gauche, elle passe de 0515 à Oc44 (effets cumulés de la section du nerf laryngé inférieur et du refroidissement).

Nous avons été ainsi amené à éviter tout refroidissement du chien étudié et nous avons opéré dans les expériences qui suivent en maintenant la salle d'opérations à une température plus élevée et en couvrant systématiquement l’animal avec une cou-

verture.

ET

De ces expériences, on peut conclure les faits suivants :

L’excitation du bout périphérique du nerf laryngé supérieur sectionné est sans action sur la motricité du larynx à condition d’avoir isolé ou sectionné le nerf laryngé externe.

L’excitation du bout central du nerf laryngé supérieur provoque un réflexe de dilatation de la glotte avec réponse à l’excitation unique.

La voie motrice passe par les nerfs laryngés inférieurs (réponse bilatérale), après section des deux nerfs laryngés inférieurs on n'obtient plus de réponse.

Comme dans tous les systèmes neuro-musculaires, on constate l’élévation rapide de la chronaxie par refroidissement, son abaïssement par élévation de température.

Les mesures de chronaxie du nerf laryngé inférieur donnent toujours les mêmes valeurs qui sont voisines de 0613 pour la constriction.

La section du nerf laryngé inférieur nous a permis de constater que la chronaxie de constitution, lorsqu'on peut la mesurer, est supérieure à la chronaxie de subordination (en cas de sommeil profond on ne trouve pas de modifications),

Enfin les mesures de chronaxie des dilatateurs (souvent plus petites que celles des constricteurs) nous ont donné des chiffres correspondant à des muscles squelettiques, ce qui est en opposition avec une innervation sympathique des muscles cricoaryténoïdiens postérieurs. La chronaxie de ces muscles, en admettant cette hypothèse, aurait dû être beaucoup plus élevée.

Baisse de pression réflexe par excitations du nerf laryngé supérieur

Après avoir étudié les différents muscles constituant le larynx, nous nous sommes occupé des phénomènes vaso-moteurs que l’on pouvait observer à son niveau.

Nous avons d’abord cherché à étudier les phénomènes de vasodilatation.

On sait que la question des vaso-dilatateurs du larynx est encore très controversée malgré les recherches récentes qui ont été faites à ce sujet.

Nous avons donc cherché si nous pouvions, chez le chien, obtenir des phénomènes de vaso-dilatation par excitation du nerf laryngé supérieur.

On sait que pour qu’un nerf soit considéré comme vaso-dilatateur, et c’est la définition même qu’en donnent les classiques, il faut qu'après section, l’excitation de la portion périphérique provoque une augmentation du calibre des vaisseaux dans une région déterminée se traduisant par une baisse de la pression périphérique. Le nerf doit donc contenir des fibres vaso-motrices centrifuges.

Or, sur le nerf laryngé supérieur, nous n’avons pu inscrire ni observer un tel phénomène, quoique nous ayons multiplié à l’extrême cette recherche.

Par contre, nous avons remarqué que l’exutation centripète du nerf laryngé supérieur déterminait des phénomènes vasomoteurs importants, en général une baïsse de pression, et c’est le plus souvent ce phénomène que nous avons pu observer et mesurer.

Nous n’insisterons pas sur la technique opératoire. Nous avons opéré sur des chiens endormis au chloralosane (en général à la dose de 10 centigrammes par kilo d’animal). Le larynx étant sommairement dégagé, nous isolions principalement les deux paquets vasculo-nerveux du cou (carotide, pneumogastrique) et l’on recherchait les nerfs laryngés supérieurs à la face latérale du cartilage thyroïde. Fréquemment, pour la commodité de l’observation et pour régulariser la respiration et la pression, nous pratiquions une trachéotomie basse par laque + nous

per

placions une canule trachéale à demeure (cette canule nous permettait d’ailleurs, en cas de besoin, de pratiquer immédiatement la respiration artificielle).

La pression périphérique était prise dans la carotide primitive au-dessous de l'artère thyroïdienne supérieure, la canule dirigée vers la tête. Sauf dans les premières expériences, nous avons pris simultanément la pression centrale dans le bout inférieur de la même carotide. Grâce à des manomètres enregistreurs convenablement réglés, les deux pressions s’inscrivaient sur la même génératrice du cylindre,

Fréquemment, nous avons réduit le circuit périphérique au simple territoire thyro-laryngé en plaçant des ligatures, d’une part sur la carotide interne au-dessus du bulbe, d’autre part sur la carotide externe, juste après l’origine de l’artère laryngée supérieure.

Quant au circuit d’excitation, nous avons utilisé le montage donnant des excitations itératives. Les rhéobases étaient mesurées en volts (par lecture directe). Les chronaxies étaient calculées à partir des capacités chronaxiques mesurées en millièmes de microfarad.

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