EXPERIENCE LXXVIII
8 juillet 1932. Chienne de 13 kilos.
Les nerfs laryngés supérieurs sont isolés et sectionnés. Trachéotomie.
Excitation des bouts périphériques des nerfs laryngés supérieurs droit et gauche. En répétant l’expérience de HÉDON (excitation du bout périphérique du nerf laryngé supérieur) en observant les réactions qui peuvent se produire au niveau de la muqueuse laryngée par la gueule de l’animal on ne peut noter aucune modification de coloration.
On pratique une thyrotomie médiane et l’on examine la muqueuse laryngée à la loupe. On ne constate pas de changement de coloration consécutif à l’excitation.
Mais on note une sécrétion abondante et bilatérale.
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Résumé
Comme nous l’avons dit au commencement de ce chapitre, nous n’avons pas obtenu de vaso-dilatation par excitation du bout périphérique du nerf laryngé supérieur. La pression ne présente en effet aucune modification même si l’on conserve la branche motrice (laryngé externe), La plupart du temps cependant, nous avons pris soin de nous débarrasser de celle-ci pour éviter les contractions musculaires que produit son excitation.
Dans un petit nombre de cas, nous avons obtenu des baisses de pression par l’excitation du nerf laryngé supérieur faite dans le sens centrifuge ; mais dans ces cas le nerf n’était pas sectionné et d’ailleurs, après la section, nous n’obtenions jamais de vaso-dilatation par excitation du bout périphérique. Lorsque le nerf est seulement lié, le courant peut exciter par diffusion dans le sens centripète.
Il semble bien que les phénomènes de vaso-dilatation observés ne sont que des réflexes vasculaires, soit locaux, soit généraux. On ne peut pas dire qu’il y ait, à proprement parler, des fibres vaso-dilatatrices dans les nerfs laryngés supérieurs.
Nous avons répété l’expérience de HÉDoN. Comme lui, nous avons pu mettre en évidence l’existence de fibres sécrétoires, mais jamais nous n’avons observé de vaso-dilatation des vaisseaux de la muqueuse du larynx par excitation centrifuge (ce fait a d’ailleurs été contesté par certains auteurs).
Par contre, l’excitation du bout central du nerf laryngé supérieur provoque presque toujours des phénomènes de baisse de pression. On observe le plus souvent une baisse immédiate de la pression périphérique, accompagnée ou suivie d’une baisse de la pression centrale.
Dans les conditions où nous nous sommes toujours placé, c’est-à-dire sur des chiens endormis au chloralosane, nous avons observé la muqueuse du larynx après excitations centrifuges du nerf laryngé supérieur sectionné, il ne nous a pas été possible de distinguer le phénomène de vaso-dilatation homolatéral décrit par HÉDON. Il est vrai que cet auteur immobilisait les animaux à l’aide du curare. Mais, comme nous devions procéder à des
mesures, nous avons rejeté systématiquement l’emploi de ce toxique comme apportant de trop grandes perturbations dans l'excitation musculaire (M. et L. LAPICQUE) et, avec certains curares, également sur l’excilabilité vaso-motrice (CHAUCHARD nerfs vaso-constricteurs de la patte).
Nous n’avons donc pas observé de phénomènes localisés simplement à la muqueuse laryngée, mais nous avons mesuré les grandes variations dans la pression sanguine dont le retentissement a lieu dans l’organe tout entier et cela vérifié par l’enregistrement de pression dans le système artériel laryngé. Ces phénomènes vaso-moteurs incontestables (vaso-dilatation dans le larynx et également dans la tête) étant la répercussion d’une baisse de pression générale déterminée par l’excitation du nerf laryngé supérieur centripète alors que l’excitation centrifuge ne donne rien dans la pression périphérique de la tête ou même du larynx.
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Avons-nous affaire à un réflexe vaso-moteur consécutif à l’excitation d’un nerf sensitif ? Nous ne le pensons pas, car la pression centrale n’accuse jamais d’élévation avant de baisser comme cela se produit toutes les fois que l’on excite un nerî sensitif.
Ne s’agit-il pas plutôt d’un phénomène analogue à celui que provoque l’excitation d’un nerf dépresseur ?
On sait que chez le chien, le nerf dépresseur naît de deux troncs. L’un d’eux, le plus souvent le plus gros, provient du nerf laryngé supérieur ; l’autre, en général plus grêle, vient du pneumogastrique. Le nerf dépresseur lui-même, une fois constitué, monte vers le crâne, intimement accolé au pneumogastrique.
Etant donné ces renseignements anatomiques et la nature du phénomène le plus fréquemment observé, nous concluons que l'excitation centripète d’un nerf laryngé supérieur provoque dans la plupart des cas un réflexe vaso-dépresseur, en tous
points comparable à celui obtenu par l'excitation du nerf de HÉRING chez le chien, du nerf de Cyon chez le lapin.
Cependant, il faut signaler que la réponse observée n’est pas toujours une baisse de pression. On peut avoir des vaso-constrictions périphériques ou même centrales, sans pouvoir expliquer toujours d’où provient cette inversion du phénomène qui peut d’ailleurs, à un moment donné, assez brusquement, au cours des mesures, se substituer à l’autre réaction vaso-motrice.
Les mesures de l’une ou de l’autre réaction ont, d’ailleurs, donné des chiffres voisins ou identiques.
Pour éviter le réflexe cardio-modérateur, mis en jeu par nos excitations, lequel aurait gêné considérablement nos mesures d’'hypotension, nous devions sectionner le pneumogastrique du côté excité et parfois celui du côté opposé. Dans les cas où cette section entrainait une arythmie respiratoire telle que la détermination des seuils était rendue par trop difficile (les graphiques enregistrant de grandes ondes vaso-motrices), nous avons eu recours à la respiration artificielle (R. A.).
Dans ces cas, nous avons remarqué l'influence nette de la respiration artificielle sur les phénomènes vaso-moteurs observés.
Dans l’expérience XXXV (du 25 janvier 1932), dès que l’on pratique la respiration artificielle, on peut observer des vasodilatations nettes par excitation centripète du nerf laryngé supérieur gauche :
Hausse légère centrale (ligne supérieure d’enregistrement) ;
Baisse de pression périphérique (ligne inférieure) (Cf. Enregistrement 5) au lieu de la concordance entre les réactions enregistrées avant la respiration artificielle (baisse centrale et périphérique). :
Enregistrement 4
Baisses de pression périphérique
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