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et des muqueuses, un certain nombre de signes d’asthenie. Après les maladies infectieuses aiguës, ce syndrome, pour ainsi dire normal, se répare assez rapidement et lorsqu'il ne dure que quelques jours, n’exige aucune thérapeutique. Il n’en est pas de même dans le cas de convalescence très lente, comme cela se voit à la suite de certaines maladies graves, ou chez certains sujets en état de moindre résistance. Le médecin doit alors intervenir pour accélérer une guérison dont le retard risque d’être à l’origine de complications secondaires. Les malades eux-mêmes s'inquiètent et c’est leur asthénie prolongée qui les amène à consulter.
2° Chez les surmenés (obs. 8).
Il s’agit ici d’une catégorie de sujets qui consultent également pour asthénie. Ce sont des malades qui présentent du surmenage physique ou intellectuel, de la fatigabilité, quelquefois un peu de fièvre vespérale et qui, à l'examen hématologique, ont un chiffre anormalement bas de globules rouges. L’anémie fait ici partie du tableau symptomatique consécutif au surmenage.
3° Au cours de certaines maladies du tube digestif (obs. 9).
Ici, nous ne ferons qu’évoquer le rapport entre l’estomac et l’anémie, mis en valeur par les travaux de Chevallier et ceux de François Moutier, ces deux auteurs ayant publié de nombreuses observations montrant le lien qui existe entre la sécrétion gastrique et la teneur du sang en globules rouges et en hémoglobine.
Ils ont, en particulier, montré la coexistence fréquente d’une gastrite et d’une glossite avec l’anémie. De même, sous le nom de syndrome de Plummer- Winson, on a décrit un syndrome formé de l’association d’une glossite intense, d’une dysphagie considérable et d’une anémie.
Mais, à côté de ces cas bien connus d’anémie grave chez des dyspeptiques, ou de dyspepsie au cours d’anémie grave, il existe des cas de dyspepsie discrète chez des sujets ne se plaignant d’aucun symptôme pouvant aiguiller vers l’anémie.
Or
Un examen systématique du sang d’un certain nombre de malades venant à une consultation du tube digestif, nous a permis de constater, dans un très grand nombre de cas, l’existence d’une anémie 4e traduisant par une modification de la formule sanguine, sans aucuné manifestation clinique.
4° Chez les neuro-végétatifs (obs. 10).
Il nous semble que chez les sujets dits neuro-végétatifs, sympathicotoniques, vagotoniques ou amphotoniques, l’anémie-symptome est assez fréquente.
Qu'il s'agisse de sujets venant consulter pour troubles cardiaques fonctionnels (extrasystoles, palpitations), qu’il s'agisse de malades atteints de ce que l’on appelait autrefois gastro- ou entéronévroses, un examen systématique du sang nous a permis, là encore, de déceler souvent une diminution du nombre des globules rouges et du taux d’hémoglobine. Il y a toujours anémie légère ou moyenne et jamais anémie grave ou à type pernicieux.
5° Chez les sous-alimentés (obs. 11 à 17).
Les conditions actuelles de lalimentation donnent lieu à un certain nombre de troubles qui ont été décrits, surtout chez les enfants, par différents auteurs.
Deux grandes catégories de symptômes de cet ordre nous semblent particulièrement fréquentes : les troubles du développement et de l’ossification et les troubles intestinaux.
L’insuffisance d’apport en vitamines, en calcium entraîne des arrêts de développement et d’ossification du squelette, et la présence dans lalimentation de certains composants en trop grande abondance, provoque des entérites et des colités se traduisant par de la diarrhée.
Mais à côté de ces deux variétés cliniques bien connues, que des travaux récents ont permis de classer dans les avitaminoses (Lesné; Mouriquand; Justin- Besançon), nous avons été frappés de la fréquence du syndrome anémique, chez des sujets en apparence bien portants, mais se plaignant de l'insuffisance de leur ration alimentaire et n’ayant guère, comme symp-
tôme anormal, qu’une sensation de faim fréquente, avec impossibilité de calmer complètement leur appétit.
A.-C. Guillaume, étudiant le retentissement de Palimentation sur le sang, écrivait en 1936 : «Le nombre des globules rouges n’est que peu influencé par le genre d'alimentation chez l'adulte, sauf si l’on donne un régime insuffisant en fer; par contre, le taux de l’hémoglobine est rapidement modifié et d’une façon importante; des modifications dans l’absorption des hydrates de carbone et des graisses altèrent rapidement le nombre des globules rouges et la quantité d’hémoglobine ».
Si l’on étudie le régime alimentaire auquel nous sommes soumis depuis plusieurs mois déjà, il nous semble que l’on doive faire une place importante à la carence en viande et en aliments d’origine animale. D’omnivores que nous étions autrefois, nous tendons à devenir végétariens presque exclusifs, et même à absorber des végétaux ou des farines qui, jadis, n’entraient pas dans le cadre de l’alimentation humaine.
Robert Clément (1942) montrait également le rôle de la carence aminée actuelle dans un certain nombre de troubles organiques.
Il ne nous semble pas trop osé de soupçonner que le manque de viande et d’aliments carnés soit à l’origine de ces anémies symptomatiques si fréquentes aujourd’hui; cela d’ailleurs vient confirmer les résultats de la thérapeutique. La faible ration de viande rend insuffisant l’apport d’acides aminés et l’administration supplémentaire d’acides aminés hématogènes guérit l’anémie par correction de la carence alimentaire.
Cette hypothèse est d’ailleurs corroborée par des travaux nombreux déjà, qui ont montré le rôle des acides aminés dans le développement normal de l'organisme. Fontès et Thivolle, en 1931, ont étudié l’action du tryptophane et de l’histidine. Leur étude intéressante nous semble devoir être complétée par celle de nombreux autres acides aminés contribuant à la synthèse de l’hémoglobine.
Nous reviendrons là-dessus plus loin, mais disons dès maintenant que les meilleurs résultats obtenus en clinique, le sont quand on emploie la totalité des acides aminés, sans en écarter aucun. Whipple et son école
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ont montré l’importance des acides aminés naturels et synthétiques pour la production d’hémoglobine au cours des anémies.
Ajoutons qu'avec le régime actuel les fermentations intestinales sont particulièrement fréquentes et que Fontès et Thivolle avaient montré qu’ellés ont pour effet de diminuer ou de détruire une partie des acides aminés de l’organisme.
Nous n’insisterons pas ici sur la partie expérimentale que nous avons traitée précédemment, mais il nous semble que nous pouvons conclure à l’importance du rôle de lalimentation actuelle dans la fréquence des anémies que nous proposons d'appeler « alimentaires ».
Notre statistique personnelle est la suivante : nous avons eu l’occasion d’examiner à une consultation d’hôpital et en ville, un certain nombre de sujets bien portants, mais sous-alimentés, et sur 115 sujets chez lesquels ont été fait systématiquement des examens hématologiques, nous avons trouvé les pourcentages suivants :
12% ont plus de 4.500.000 globules rouges, 7 % ont entre 4.000.000 et 4.500.000 et 81 % ont moins de 4.000.000 ces 81 % se répartissent ainsi :
58 ont entre 3.500.000 et 4.000.000 17 ont entre 3.000.000 et 3.500.000 6 ont entre 2.500.000 et 3.000.000.
Si nous nous basons sur le taux d’hémoglobine, nous, avons :
15 sujets entre 70 et 80% 13 sujets entre 60 et 70 % 17 sujets entre 40 et 60 % 36 sujets entre 20 et 40 %
On voit que, contrairement aux constatations de certains auteurs, nous avons trouvé surtout des anémies hypochromes.
La proportion de malades ayant un degré d’anémie plus ou moins marqué est donc toute différente de ce qu’elle était avant la guerre : le nombre des anémiques a cru d’une façon notable, certainement en rapport avec notre alimentation actuelle.
Indication et Technique de la cure d'ACIDES AMINÉS HÉMATOGÈNES
De ce qui précède on peut facilement déduire les indications cliniques de l’aminothérapie.
Elle doit être mise en œuvre systématiquement, nous semble-t-il, dans tous les cas d’anémie, même lorsque celle-ci est une simple découverte d’examen.
1° Choix des acides aminés à employer.
Nous écartant un peu de l’opinion des auteurs qui ont étudié la question il y a une dizaine d’années, nous pensons qu’il faut administrer la totalité des acides aminés nécessaires à la reconstitution de la molécule d’hémoglobine, et non seulement quelques-uns d’entre eux, comme le tryptophane et l’histidine, Il faut fournir à l’organisme tous les éléments de la synthèse et non pas une partie seulement. Les acides aminés qui rentrent dans la composition de l’hémoglobine sont nombreux. Tous peuvent être administrés sans provoquer de perturbation organique ou d’accidents d’intolérance. Il est donc logique de n’en éliminer aucun, c’est ce qui nous a conduit pour nos recherches cliniques et thérapeutiques, à donner la préférence à un composé obtenu par lhydrolyse des globules rouges, administré par la voie buccale, sous forme d’ampoules buvables, ou en comprimés.
Qu'il nous soit permis de remercier ici, M. J. Eury, qui a bien voulu mettre à notre disposition les ampoules et les comprimés nécessaires à ces essais.
2° Mode d'administration.
Nous avons choisi le mode d’administration buccal, plus facile à employer et mieux accepté par la majorité des malades, surtout par les jeunes enfants.
Nous avons fixé la dose moyenne à absorber à 2 ampoules de 15 cc. par jour, ou à 8 comprimés par jour,
dose qui nous a donné les résultats les plus démonstratifs et qui n’a provoqué chez nos malades aucun phénomène d’intolérance ou d’accoutumance.
Au point de vue horaire journalier, nous administrons de préférence le médicament soit le matin au réveil, soit avant chacun des deux principaux repas. Chez les jeunes enfants, nous nous en sommes tenus à 1 ampoule par jour ou 4 comprimés. Dans des cas plus urgents, tels que suites d’hémorragie traumatique, comme il est rapporté dans l’observation n° 1, nous avons dépassé la dose habituelle et atteint sans inconvénient les doses de 4 ampoules buvables par jour,
3° Rythme de la cure.
Il nous semble que amélioration obtenue est, en général, rapide, mais que pour la transformer en guérison véritable, la cure doit être assez prolongée. Le rythme de 3 semaines consécutives par mois, pendant 2 à 3 mois, nous a semblé être le meilleur, c’est celui qui nous a donné les résultats les plus stables, la cure pouvant être continuée plus longtemps, en cas de réapparition de symptômes anémiques.
4° Résultats.
Nous avons assemblé dans la dernière partie de ce travail, une quinzaine d’observations cliniques, particulièrement démonstratives, choisies parmi une centaine, mais, dès maintenant, nous pouvons donner une idée des résultats obtenus, dans l’ensemble, en les schématisant dans le tableau suivant :