PLANTES
relaté quelques insuccès, mais Rendu avoue qu’il y eut récours dans des circonstances absolument désespérées. Sous l'influence de cette médication, on a vu régresser des lésions d’hépatisation grise, comme nous Favons observé nous-même de la façon la plus nette (observation V). Mais il serait téméraire d'attendre que la maladie en soit arrivée à un stade aussi avancé de son évolution pour pratiquer l'injection d'essence de térébenthine.
L'évolution de la broncho-pneumonie est favorablement influencée par les abcès de fixation, et leurs heureux effets sur l’état général se font sentir avant même que les symptômes locaux aient été modifiés. En déterminant un afflux de pneumocoques et de toxines pneumococciques vers le foyer de l'injection, ces abcès font disparaître les phénomènes infectieux et s'opposent à la formation de nouvelles localisations. Les résultats qu'on en obtient chez les enfants et les vieillards, chez tous les sujets dont l'organisme est déjà affaibli par une affection antérieure, sont véritablement surprenants. Tandis que Cellarier, Montagnon, Lançon ont noté leur action des plus favorables au cours des bronchopneumonies infantiles, Lemoine, Arnozan, Pic et Bonamour s'accordent à constater leurs heureux effets dans la broncho-pneumonie de l'adulte. Daireaux, qui a eu recours à la méthode ‘de Fochier dans des cas graves, étendus et diffus, à forme de catarrhe suffocant avec état infectieux intense, délire ataxo-adynamique, en a obtenu des cures inespérées.
Quelques observations paraissent établir que des pleurésies purulentes rebelles à toute autre médication
AN EP Te ER
peuvent rétrocéder sous l'influence de la pyogénèse artificielle.
La grippe, maladie essentiellement protéiforme, en est justiciable, quel que soit l'aspect clinique sous lequel elle évolue, ainsi que l’établissent de belles observations de Dieulafoy, Lemoine et Daireaux, et une observation que nous devons à M. le Professeur Pâris, Il s'agissait, dans ce cas, d’une malade qui, alitée depuis longtemps et déjà cachectique, vit à la suite d’un seul abcès tous les symptômes morbides rétrocéder ; l'appétit lui revint et sa santé se trouva rapidement rétablie.
Certains pseudo-rhumatismes infectieux peuvent trouver dans la méthode de Fochier un remède efficace et Revilliod, en 1892, en a traité par ce procédé quelques cas avec un plein succès. À
Au cours de la fièvre typhoïde, pyrexie qui se juge bien souvent par une suppuration localisée; la pyogénèse artificielle, ainsi que l'ont remarqué Carles et Bacqué, exerce une action favorable.
Les résultats qu'elle donne dans la méningite cérébro-spinale et la plupart des méningites aiguës ne sont pas constants.
La paralysie infantile et les infections générales qui tendent à se localiser sur le névraxe, nous semblent pouvoir être enrayées, dans bien des cas, par l'injection précoce d’essence de térébenthine.
Parmi les fièvres éruptives, signalons, au nombre de celles qui peuvent en être heureusement influencées, la variole, la scarlatine et le typhus exanthématique. Costes a étudié, dans sa thèse de doctorat, sou-
tenue à Montpellier en 1905, le traitement des varioles graves par les abcès de fixation ; et nous rapportons plus loin l'observation d'un cas de scarlatine maligne au cours de laquelle on obtint un résultat inespéré par une seule injection de térébenthine. Morsty, de Constantine, a montré d'autre part, par des expériences décisives, que la méthode de Fochier était la médicaüon de choix à opposer au typhus exanthématique.
Il nous faut ajouter, pour être complet, et bien que cette question n'entre pas dans notre sujet, que, dans les intoxications par les sels métalliques, la pyogénèse artificielle est un moyen curatif des plus efficaces bien étudié par Carles.
La conclusion qui s'impose est, en définitive, que toute pyrexie est justiciable de Ia méthode de Fochier, lorsque, par sa gravité, elle Cchappe à la thérapeutique habituelle. L'augmentation progressive des phénomènes toxi-infectieux, le mauvais état du terrain dû à l'alcoolisme, à la sénilité ou à des affections antérieures, sont des indications formelles à son emploi.