D, — HYDRORRHÉE DUE A UNE TUMEUR INTRA-UTÉRINE : FIBROME OU POLYPE
On aurait signalé des cas d’hydrorrhée dus à un fibrome ou un polype préexistant et dont la sécrétion aurait été augmentée par l'état de gestation.
E. — HYDRORRHÉE PAR ÉVACUATION D'UN HYDROSALPINX À SOUPAPE.
Cette affection est très rare en dehors de la grossesse, mais elle existe certainement et le docteur Michon nous en a communiqué un cas. Nous n’en avons pas trouvé d’observation pendant la gestation, on peut cependant émettre l’hypothèse de son existence, et dans le cas du D’ Le Lorier, rapporté à propos de l’hydrorrhée déciduale, la tumeur prævia, sentie dans un des culs-de-sac avant l'accouchement, était peut-être constituée non par une poche d’hydrorrhée déciduale enkystée, mais par un hydrosalpinx qui s’est évacué d’ailleurs pendant le travail et non pendant Ia grossesse.
Les hydrorrhées dites déciduales
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1° Ecoulements séro-hématiques des menaces
de fausse-couche
Nous passerions cette forme sous silence si, en feuilletant la thèse de Pauly, l’auteur de la dernière thèse de Paris sur l’hydrorrhée déciduale, nous n’a-
vions découvert qu’en réalité {a plupart de ses observations se rapportent à des cas de ce genre.
I1 s’agit de femmes, au début de Ia grossesse, qui présentent des pertes sanguines alternant avec des pertes séro-hématiques ou uniquement séreuses. Tantôt la grossesse peut continuer, et l’écoulement se ; tarit, tantôt il persiste, l’anémie s’installe, et si lavortement ne se produit pas spontanément, on‘est obligé de pratiquer le curage ou le curettage utérin.
L’explication de ces écoulements séreux ne nous paraît pas toujours devoir être cherchée dans la sécrétion exagérée d’une muqueuse hypertrophiée. Sans doute l’endométrite déciduale, accompagnée d’hydrorrhée, peut être considérée ainsi que de Lee l'écrit comme une cause d’avortement. D’après lui l’endométrite agit, soit en entraînant des hémorragies de la caduque qui tuent le fœtus et stimulent les contractions utérines, soit en rendant l'utérus irritable et intolérant pour l’œuf, soit en s’opposant au dévelop-
pement du placenta ou en entraînant un vice de sa localisation.
Il est permis de se demander si Ia menace de fausse couche, qui survient du fait d’une endométrite ou d’une autre cause plus générale, ne provoque pas des pertes séro-hématiques par un autre mécanisme que la sécrétion déciduale. .
En effet, à cette période de la grossesse, l'œuf est encore villeux sur la plus grande partie de son étendue; la déhiscence entre les villosités choriales
érosives et la muqueuse hypertrophiée normalement
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ou altérée, conditionne les hémorragies. Si du sang stagne dans la cavité utérine et s’y coagule, le sérum ‘peut ensuite être expulsé et le caiïllot rester adhérent.
2° Hydrorrhées déciduales proprement dites
C'est la forme décrite classiquement dont les origines et la nature sont si discutées et qui soulève tant de problèmes pathogéniques. Et cependant c’est une forme rare: nous n’avons pu en réunir que 2 cas en 11 mois dans l’ensemble des maternités des hôpitaux lyonnais. Et pour corroborer ce que nous disions de la difficulté de l’observation, notre première malade suivie et examinée pendant sa grossesse a accouché au dehors, tandis que la seconde vint de la campagne au début du travail, et ne nous permit d’étudier que le délivre. \
L’affection serait plus fréquente chez les multipares ‘que chez les primipares, et dans les antécédents on reléverait souvent des signes de métrite, des avorte- “ments ou des accouchements prématurés. Les anciens auteurs attachaient également beaucoup d’importance au terrain, et ne manquaient pas de rechercher dans le passé de leurs malades l’anémie, le caractère émotif, voire même lhystérie.
L’écoulement se produit sans que rien ne l'ait fait prévoir, spontanément, même la nuit ou au repos. Un
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traumatisme récent a été invoqué dans quelques. cas. Il peut commencer dès les premiers mois de la grossesse, mais surtout à partir de son milieu. La perte survient brusquement et la femme est véritablement inondée ; tantôt, au début de Ja grossesse de préférence, cette perte ne s'accompagne d'aucune sensation, tantôt elle est précédée d’une tension douloureuse, parfois de véritables coliques expulsives, qui ‘amènent l'issue du liquide en jet. Après l’écoulement du premier flot, la perte se tarit assez rapidement, après un écoulement goutte à goutte de peu de durée. Puis, après un temps variable, dans la même journée, le lendemain, ou quelques jours, voire même plusieurs semaines après, les mêmes phénomènes se reproduisent ; cette intermittence est donnée comme caractéristique. L’accident peut être unique. On conçoit alors la difficulté de l'examen et du diagnostic. On a signalé aussi la possibilité d’une coïncidence régulière avec la date où les règles auraient dû apparaître.
L’abondance du liquide est variable ; d’après Iles données classiques, l'écoulement serait peu abondant, 100 grammes environ, exceptionnellement 200, 300 grammes ou plus. De Lee écrit qu’une quantité d’une pinte (570 cms) est exceptionnelle, mais nous rapportons un cas où elle est beaucoup plus considérable et où l’on aurait mesuré jusqu’à 1 litre 1/2. Nous connaissons le cas d’une malade qui perdait au point qu’on était obligé d’évacuer le local où elle travaillait en compagnie d’autres. employées pour éponger à terre.
Il s’agit d’un liquide différent suivant les cas, tan-
tôt jaunâtre, sanglant, visqueux, tachant et empesant le linge, et laissant à sa périphérie une auréole nette, tantôt au contraire clair, incolore ou citrin et ne laissant aucune trace sur le linge. Sa composition chimique est mal connue, tantôt il contient de l’albumine, tantôt il en est dépourvu, ou l’on n’en trouve que des traces. Sa réaction a été trouvée acide ou neutre.
L'examen microscopique est beaucoup plus important que l’examen chimique, il révèle un signe négatif mais capital : le sebum et les poils de lanugo sont toujours absents.
Des expériences de Van de Velde sur trois cas d'hydrorrhée fournissent également un symptôme qui serait caractéristique : il injecta du bleu de méthy- Jène intramusculaire, dans trois cas survenus au 8° mois de la grossesse. Il s’agissait d’hydrorrhée amniotique et dans Île liquide les dérivés du bleu ne purent être retrouvés; au contraire on les retrouva dans un cas d’hydrorrhée déciduale survenu à la fin du 2 mois.
La recherche des dérivés est assez simple : le liquide est épuisé par la chaleur et le résidu, traité par le chlororforme, se teinte en bleu. Mais nous ne pouvons apporter aucune confirmation de ces cas de Van de Velde; nous avons bien constaté l’absence de leucodérivés dans le liquide amniotique chez des femmes qui ingéraient depuis plusieurs jours du bieu de méthylène à la dose de trente à quarante centigrammes par jour, et dont les urines étaient très colorées, mais nous n’avons pas eu l’occasion de ten-
ter l’épreuve sur une hydrorrhée déciduale.
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Cependant, dans un cas, nous avons fait rechercher les leucodérivés dans les membranes d’une de nos actouchées soumise à l’ingestion de bleu depuis quelques jours; après dessiccation et action du chloroforme, aucune teinte n’apparut, et pourtant logiquement la caduque origine du liquide examiné par Van de Velde, aurait dû contenir des leucodérivés.
Au point de vue clinique, la gestante ne présente aucun symptôme particulier, ni objectif ni subjectif, et dans la plupart des cas, la perte de liquide est le seul signe.
La grossesse est d'apparence normale, la hauteur de Putérus en rapport avec l’âge de la grossesse; le ballottement fœtal ou céphalique s'obtient comme d'ordinaire.
Cependant certains auteurs auraient constaté une consistance un peu irrégulière de l’utérus, une tension plus accentuée de l’organe avant l'expulsion du liquide. Dans l’une de nos observations, on a observé une augmentation de volume de l’utérus avant l’expulsion du liquide, il est vrai que ce phénomène n’a été observé qu'après l'accouchement.
La grossesse peut aller jusqu’au terme, mais l’accouchement prématuré est assez fréquent. L’accouchement ne présente aucune particularité, la poche des eaux se forme d’une façon normale; on peut être amené à la rompre artificiellement.
La délivrance n’offre aucun caractère particulier; on aurait cependant signalé des cas d’adhérence du placenta ou des membranes nécessitant une délivrance artificielle.