CONCLUSIONS
1. — L'abus habituel de l'absinthe détermine une série de désordres dont les uns sont semblables à ceux de l'alcoolisme ordinaire, tandis que les autres en diffèrent soit comme degré, soit comme nature.
IL — Paris et l'Algérie sont les deux centres où se contracte presque exclusivement l'habitude de l'absinthe, au moins pour ce qui est des malades de l'hôpital.
III. — Tous les symptômes de l'absinthisme relèvent directement ou indirectement du système nerveux.
IV. — Le caractère des absinthiquesest remai'quable par sonimpressionnabilité, par la succession ou le mélange de l'irritabilité et de la tristesse.
V. — Les rêves de ces malades sont analogues à ceux des alcooliques, plus effrayants peut-être encore ; les hallucinations de la vue et de l'ouïe sont beaucoup plus fréquentes dans l'absinthisme.
VI. — Le délire absinlhique ne diffère pas du délire alcoolique; comme lui il ne survient qu'à l'occasion d'une cause déterminante (affection intercurrente, émotion vive, abus excessif produisant un épisode aigu).
VIL — Les symptômes les plus caractéristiques de l'absinthisme sont des phénomènes douloureux soit spontanés, soit provoqués. L'byperalgésie occupe particulièrement les extrémités, la région ovarienne, le rachis.
VIII. — Plus souvent que l'alcoolisme, l'absinthisme détermine un affaiblissement des membres pouvant aller jusqu'à une véritable paralysie.
IX. — Les (roubles sensitifs et moteurs des extrémités sont remarquables par leur symétrie et leur marche ascendante vers la racine des membres.
X. — Les convulsions g-énéralisées sont un symptôme de l'absinthisme aig'u ; on ne les observe dans l'absinthisme chronique que sous l'influence d'un épisode aigu ou à la suite du développement d'une lésion cérébrale.
XL — Les troubles digestifs sont analogues à ceux de l'alcoolisme, mais moins prononcés.
XII. — Les désirs et la puissance génitale sont chez l'homme très rapidement et profondément compromis par l'habitude de l'absinthe. Chez la femme elle paraît rendre la ménopause plus précoce et prédisposer à l'avorlement et à la mort des enfants en bas âge.
XIII. — Les absinthiques meurent presque fatalement de tuberculose pulmonaire; il est absolument exceptionnel de les voir arriver à 60 ans.