‹ Étude clinique sur l'involution utérineChapitre 6 sur 34 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'étude de l’involution utérine, c’est-à-dire du temps qui s'écoule entre l’accouchement el le retour de l’utérus à son état prégravide peut se diviser en trois périodes.

Pour ia première période, nous apportons les travaux des auteurs qui n’ont pas fait l’étude de la régression utérine proprement dite, mais ont simplement effleuré la question : ils ont vu cette régression, mais lui ont attribué une importance secoIidaire.

Depuis fort longtemps les phénomènes qui se produisaient du côté des organes génitaux chez les femmes après l'accouchement avaient attiré l’attention des observateurs.

Ainsi, en 1600, Fabrice l’Acquapendante indique la diminution de volume de l'utérus après l’accouchement, et évalue à quinze jours le temps nécessaire à l’utérus pour revenir à son volume normal.

En 664, François Moriceau remarque la régression mais ne l'étudie pas: «On connaît, écrit-il, l’inflammation de la matrice en ce qu’elle est très douloureuse et beaucoup plus tuméfiée après l’accouchement qu’elle ne devroit ; la femme sent une

RAP Us

grande pesanteur au bas-ventre ; il s’enfle et devient presque aussi gros qu'il était avant qu'elle fût accouchée. »

En 1959, Puzos fait l’allusion au retrait de l'utérus : «La matrice a besoin d’un temps considérable et d'un écoulement de lochies fort long pour se réduire au petit volume où elle doit être hors le temps de la grossesse. » |

En 1987, Baudelocque juge d’après l’état de la matrice la question du lever des accouchées.

Vers la même époque Smellie remarque que l'utérus revient à son volume normal vers le dixhuitième ou vingtième jour,ce qui dépend, d'après lui, surtout de l'écoulement et de l'évacuation immédiate de gros vaisseaux.

En 1833, Me Boivin remarque que trente à quarante jours suflisent pour rétablir l’ordre dans toutes les parties et les rendre à peu près à leur état normal. ;:

En 1826, Stolz de Strasbonrg est le premier à parler dans sa thèse inaugurale de l’involution utérine mais il n’étudie dans son travail que l’involution du col.

En 1840,Maygrier indique la situation dela matrice après la délivrance et sa forme qui est celle d’une tumeur arrondie, mais il ne dit rien de sa hauteur dans les journées suivantes ; il attribue à l'abondance des lochies la cause favorisante du retour de l'utérus à son état normal. Jacquenier, en 1846, étudie avec plus de détails la position de la matrice après la

délivrance. « Immédiatement après la délivrance, écrit-il, l'utérus forme encore une tumeur de 7 à 9 pouces de long sur 5 à 6 de large, qu'on sent très dislinttement en palpant la paroi abdominale. Elle est déjetée de côté, le plus ordinairement à droite. Son fond s'élève jusque dans la partie inférieure de la région ombilicale. Il augmente de volume pendant les douze premières heures qui suivent la délivrance. »

Les cliniciens anglais de la même époque, Lever el Simpson, ont pensé que l’arrêt du retrait utérin est une cause fréquente des affections utérines et ont décrit un état spécial de l'utérus «persistance morbide de l’état d'hypertrophie puerpérale ».

Aran, en 1858, démontre la variabilité de temps que met l'utérus pour recouvrer les dimensions normales et il conclut que les accouchées ne peuvent pas se lever à la même date.

Vers la même époque nous voyons apparaître plusieurs travaux dûs à des histologistes qui expliquent l'involution ulérine.

Vers 1849. Kœlliker émet l’opinion qu’une partie des fibres musculaires, néoformés pendant la grossèsse, dégénère, l’autre partie subissant simplement une rapide diminution de longueur et d'épaisseur.

Killian et Heschl étaient d'avis que les fibres musculaires disparaissaient tout à fait.

Robiu, en France, n’admettait pas la néoformation des fibres, el d’après lui sur l’utérus en in volution les fibres hypertrophiés s’atrophient sans dégé-

nérescence graisseuse, ce qui fut confirmé plus tard par les travaux de Helme, d'Edimbourg.

Dans le résumé des travaux de la première période, nous voyons que les cliniciens n'ont pas étudié l’involution proprement dite ; les uns l'ont remarqué simplement, les autres ont vu dans son irrégularité la cause des maladies, d’autres encore ont pris l’état d’involution comme la règle du lever des femmes après l'accouchement.

A la deuxième période, nous rapportons des travaux dans lesquels l’involntion utérine est étudiée d’une façon didactique. Les cliniciens recherchent comment se produit l’involution utérine, et quelles sont les causes qui font varier la marche de la régression, soit en retardant, soit en accélérant la marche des phénomènes. Ils étudient l'influence sur la régression de facteurs comme l'allaitement, les diverses maladies, la parité, l’âge de la femme, la durée du travail, la durée de la grossessé, les lochies, etc.

En 1858, J. Guérin est le premier, en se basant sur 21 observalions, à vouloir donner la marche quotidienne de l'involution utérine, et il établit le rapport entre les accès fébriles et l’arrêt du « dégonflement » de l'utérus.

Vers la fin de la même année, Wieland, dans sa thèse inaugurale, continue les recherches de Guérin el il mesure quotidiennement la hauteur utérine (depuis le pubis jusqu'au fond de lutérus) et nous donne la moyenne calculée d’après ses observalions.

æ Se k :& =

+ $ + La

ie

dde lie

Peu de temps après, Schneider étudie un certain nombre d'observations recueillies dans les conditions de recherche de Wieland, et il se demandeles causes

qui peuvent faire varier la marche de l’involution.

En 1869, Autefage, élève du professeur Depaul, fait l'étude de l’involution utérine et il se sert, pour la mensuration, d’un compas inventé par son maître. A l’aide de ce compas, il a pu mesurer la hauteur de l'utérus, depuis le col jusqu’au fond.

En 1872, Pfankuch fait un travail sur l'influence des organes voisins sur la position de l’utérus pendant son involution.

En 1895, Serdukoff, directeur de la Maternité de Moscou, présente à la Société obstétricale d’Édimbourg, un consciencieux travail dans lequel il subdivise les accouchées en plusieurs catégories et étudie les diverses causes qui modifient la marche de linvolution utérine.

Chenet, en 1877, donne une moyenne pour l'involution et il étudie l’engorgement utérin comme cause la plus fréquente de l’arrêt de cette involution utérine.

Sinclair, de Boston, en 1880, ct Charpentier, en France, en 1881, ont eu l’idée de faire la mensuration interne de l’utérus et nous voyons apparaître une nouvelle méthode d'investigation.

Leur mode de recherches est continué par Milsom, de Lyon, en 1881.

Mais dans l'emploi de ce nouveau procédé, on a

rt —

vu le danger de l'infection utérine et la plupart des observateurs suivants l’ont laissé de côté.

Ganzinotü, en 1882, montre le danger que présente l’hystérométrie, et en appliquant la méthode de la mensuration externe, donne le premier une série de courbes de l’involution utérine dans l’état pathologique.

Dans les années suivantes, nous voyons les auteurs rechercher les facteurs qui pouvaient accélérer l’involution utérine.

En 1885, Blanc étudie l’action de l’ergotine ; Duval. en 1888, l’action de l’eau chaude dans l’involution utérine.

Dans la série de travaux que nous avons cités, nous voyons souvent des résultats différents qui ne concordent pas les uns avec les autres: cela tient, d'une part, aux différentes méthodes de travail, d'autre part à ce fait que l'étude de l’involution normale se rapporte quelquefois aux cas accompagnés de fièvre et qui, nous semble-t-il, présentaient un certain degré d’infection.Ainsi Charpentier, par exemple, écrit que «chez certaines femmes en état de santé parfaite, en dehors de toute complication puérperale, on voit se produire pendant les premiers jours des élévations considérables de température : 3S8cg, 39°,9 et même 4o°1 ». Milsam, dans une observation, explique le mouvement fébrile avec 39 degrés et-40°4 . le lendemain par l’engorgement laiteux.

Depuis cette époque, l'étude de l'infection utérine a fait des progrès considérables ;l’introduction de l’anti-

Page 1