‹ Étude clinique sur les ulcérations analesChapitre 7 sur 24 · I. — ÉROSIONS ÉRYTHÉMATEUSES · texte numérisé non relu

I. — ÉROSIONS ÉRYTHÉMATEUSES

L'éryllième de la région anale est excessivement fréquent. Ses causes sont en effet fort nombreuses: écoulements Vaginaux, sécrétion culanée abondante de la région, diarrhées, hémorrhoïdes, pédiculi, oxyures, démangeaisons, défaut de propreté, embonpoint, marches prolongées, vêlements rudes ou mal faits, etc., sans compter la présence d'autres affections de la région, lesquelles se compliquent souvent d'érythème. Parmi ces causes, les unes agissent en ramollissant l'épiderme: c'est ainsi que les personnes chez qui la région périnéale est habituellement humide, ontsouvenlde l'érythème ; d'autres agissent mécaniquement en enlevant l'épiderme ramolli et luou : tel est, par exemple, le frottement du pantalon dans une longue marche; il en est enfin qui agissent en irritant, en déterminant une inflammation superficielle, une desquamation épithéliale, un véritable catarrhe cutané. Mais, le plus souvent, ces différents mécanismes se trouvent réunis dans une même cause : l'écoulement hémonhoïdal, par exemple, ramollit l'épiderme, irrite la peau, et par les démangeaisons qu'il cause appelle le grattage.

Les érosions érylliéinuleuscs se renconlrent d'une façon générale, là où le frottement est le plus considérable, à la marge de l'anus, et alors elles occupent la partie culminante des plis radiés. On en rencontre également, plus profondément, dans la portion sphinctérienne, et ordinairement elles s'étendent à tout le pourtour du canal.

Ces érosions se présentent sous l'aspect de surfaces d'un rouge -vif, ordinairement piquetées de petits points blancs, lesquels nous ont paru correspondre aux orifices glandulaires. L'épiderme des parties voisines est au contraire blanchâtre, comme macéré. Quand les malades ne se tiennent pas propres, il s'exhale de toute la région une odeur fade, nauséeuse, excessivement repoussante. Ils éprouvent des démangeaisons plus ou moins vives, qui les portent à se gratter; enfin, et surtout quand l'érosion est interne, c'està-dire occupe la région sphinctérienne, la défécation peut être assez pénible.

Ces ulcérations durent d'ordinaire assezlongtemps, comme, du reste, les causes qui les entretiennent. Il en est (les érosions hémorrboïdaires, par exemple) qui sont vraiment à répétition. Ces érosions semblent amener une certaine friabilité du derme, et se compliquent souvent de gerçures ; de plus, elles sont des portes ouvertes aux virus et sont, pour certains sujets, une source constante de danger, comme nous le verrons plus loin.

Le traitement local aura pour but de dessécher les parties, d'empêcher les frottements, de guérir l'irritation. Pour

cela, on ordonnera : les lavages avec un liquide faiblement astringent, les pansements avec les poudres d'amidon, de lycopode ou de sous-nitrate de bismuth, l'emploi de linges fins, le repos. Dans les cas d'érosions internes, les mèches enduites de glycérolé au tannin, ou de toute autre composition astringente. Il va sans dire enfin, qu'on s'attachera à combattre ces différentes atTections (hémorrhoïdes, écoulements), dont l'érosion érylhémateuse est le plus souvent symptomatique.

Nota. Les érosions érythémateuses étant fort communes et ne donnant pas lieu à des considérations spéciales, nous n'avons pas cru dcToir en donner d'Observationi.

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