III. — Modifications secondaires de la pâte
Quel que soit le type de structure, il y a toujours de la séricite dans la pâte, en quantité plus ou moins grande suivant l’altération des feldspaths. Il y a même des portions de la roche qui sont entièrement sériciteuses. La porphyroïde
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revêt alors l'aspect d’une véritable blaviérite tout à fait semblable à la blaviérite de la Mayenne qui sera décrite plus loin. Les feldspaths décomposés deviennent peu visibles et l'on ne distingue plus que de petits morceaux de quartz dans une pâte verte onctueuse au toucher.
Il était intéressant de rechercher ce que devenait, dans ce cas, la composition chimique de la roche et, en particulier, la teneur en alcalis :
Sur les échantillons, dont la perte au feu est inférieure à 1 pour 100, on trouve que, au centre comme en bordure du massif, la proportion de potasse est comprise entre 5,8 et 5,4 pour 100 et la proportion de soude entre 2,3 et 3,1 pour 100.
Au contraire, sur un échantillon de perte au feu égale à 4 pour 100, ayant la structure d’une blaviérite, la soude baisse à 1,9 pour 100, tandis que la proportion de potasse atteint 7,1 pOur 100.
On peut calculer que dans les deux cas la somme des nombres des molécules de potasse et de soude est à peu près la même : un peu plus de roo%°! pour 15 de roche. Cela veut dire que pour un certain nombre de molécules de soude éliminées il y a un même nombre de molécules de potasse amenées. Cette potasse est fixée dans la séricite.
Or, d’une part, étant donnée la supériorité du volume moléculaire de la séricite sur celui des feldspaths sodiques ou potassiques et, d'autre part, puisque nous trouvons le poids total des alcalis supérieur à ce qu'il était avant toute élimination ou apport, c'est qu’un autre élément a été chassé de ces parties de la roche. On constate, en effet, qu’elle est moins siliceuse.
La séricite se développe aux dépens de l'élément feldspathique de la pâte. Nous verrons dans la seconde partie de ce travail pourquoi il y a lieu de croire que la pâte est essentiellement composée de quartz et d’albite. Ce résultat dès
maintenant admis, on voit que comme dans la porphyroïde précédemment étudiée la séricite se produit avant tout aux dépens du feldspath sodique.
On peut juger, par ce qui précède, de l'importance qu'il y a lieu d'attribuer aux circulations d’eau pendant la période de métasomatose de la roche. Ce sont elles seules qui, permettant le transport des alcalis, motivent la formation de la séricite; et toute idée de dynamométamorphisme pour expliquer l'origine de cette dernière est écartée par ce fait que les actions mécaniques s'étant fait partout sentir avec la même intensité la séricite est inégalement répartie dans le massif. |