Type du calvaire de Mareuil
C'est une roche schisteuse, lamellaire, clivable dans la plupart des échantillons. Les surfaces de clivage sont bosselées, ont un éclat lustré et sont uniformément sériciteuses. Sur la tranche, on distingue des morceaux de quartz et de feldspaths : tel est le type de la porphyroïde au calvaire de Mareuil.
Sa structure est partout la même, la couleur seule varie du
rose sale au vert. Il y a en tous points les mêmes éléments : quartz, feldspath, séricite.
Les quartz n’ont pas de contours géométriques ; leurs morceaux sont couchés dans le sens de la schistosité. Entre deux morceaux, on trouve d'autre quartz sous forme d’amas grenu fréquemment reliés à des veinules de même nature qui traversent la roche. Dans certains échantillons, ces veinules sont interrompues brusquement au niveau d'une surface de clivage; elles reprennent un peu plus loin : le quartz qui les remplit présente alors des extinctions onduleuses.
Les feldspaths, dont les morceaux atteignent souvent de 1°%° à 2°%°, sont généralement un peu rosée, parfois complètement rouge brique, mais dans ce cas caverneux et s’en allant en poussière, tous d’ailleurs plus ou moins décomposés.
Ce sont des feldspaths potassiques : orthose ou microcline.
La pâte de la roche, c’est-à-dire tout ce qui n'est pas quartz et feldspaths visibles à l'œil nu, se résout sous le microscope en un agrégat de quartz et de mica.
Le mica, verdâtre en masse, est généralement incolore en lames minces. Parfois pourtant, quand il est en cristaux nets, il est légèrement coloré en vert : il est alors polychroïque dans des tons verts avec maximum d'absorption suivant l’allongement des lamelles. Mais, dans la majorité des cas, il a confusément cristallisé; le microscope est impuissant à délimiter un cristal du cristal voisin; on ne voit que des traînées micacées plus ou moins chargées de quartz.
Tous les phénocristaux auxquels la roche doit son aspect porphyrique ont subi des efforts mécaniques qui les ont brisés et qui en ont séparé les morceaux. Les effets de ces efforts, reconnaissables à l'œil nu sur les feldspaths qui se clivent suivant des surfaces courbes, n'apparaissent qu’au microscope sur les quartz. Ils se manifestent par des extinc-
tions onduleuses et l'entraînement relatif des morceaux dont les contours peuvent être raccordés. La même observation s'applique aux feldspaths.
Les efforts dont il est ici question sont moins visibles dans la pâte de la roche, du moins au microscope, car extérieurement son rubanement, sa fissilité et la facon dont la pâte contourne les phénocristaux en donnent immédiatement l’idée; mais, dans la majorité des cas, l'observation microscopique ne met en évidence aucune des particularités signalées plus haut pour les gros morceaux de quartz et de feldspaths. I1 y a bien quelques lamelles de mica courbées et des traînées micacées qui semblent étirées; mais, quand les cristaux sont nets, ils sont indemnes de toute déformation mécanique.
Ceux-ci sont associés à du quartz, qui au voisinage des gros cristaux s'oriente comme eux et les nourrit. Ces cristallisations de silice secondaire sont postérieures aux efforts mécaniques subis par la roche : elles s’attachent souvent à remplir les vides laissés dans le même plan de schistosité entre deux morceaux d’un même cristal, et les veinules de silice qui traversent la roche perpendiculairement à ses strates se fondent avec elles.
Cest dans ces régions que cristallise la séricite, souvent au voisinage d’un gros morceau de quartz nourri par les grains siliceux d’alentour, de telle sorte que les cristaux de séricite paraissent y être inclus. Quand de la séricite apparaît dans un microcline elle est localisée dans ses cassures. Il est à remarquer que ces cristallisations secondaires sont d’autant plus développées que les phénocristaux de feldspaths sont plus altérés.