IV. — Autres remarques sur les analyses
Toutes ces roches sont peu calciques ; la faible quantité de chaux contenue par les types tels que ©, D, E, F vient en grande partie de l’apatite et un peu de la présence de carbonate de chaux qui apparaît parfois soit dans les vides de l’albite de substitution, soit dans le microcline non albitisé.
La teneur plus forte en chaux des types A et B vient soit du carbonate de chaux répandu dans la pâte sous forme de produit secondaire, soit de la présence d’épidote. Cette épidote s'est développée aux dépens de la biotite qu’elle a rongée et dont elle a souvent amené la disparition complète de certains cristaux. Toute la chaux nécessaire dans ces deux cas vient de la décalcification de la diabase qui surmonte en stratification la couche de microgranite; celui-ci faisant office de filtre. |
Il faut noter qu’au gisement des Dames de Meuse (gîte 13), où l’on observe aussi un contact de diabase et de microgranite, mais où la diabase est située au-dessous du microgranite, il ne s’est rien produit de semblable.
La roche analysée en C correspond aux pseudomorphoses de microcline en biotite et muscovite. Il est intéressant de constater que la magnésie atteint 2,3 pour 100, ce qui est très supérieur, toutes choses égales d’ailleurs, aux 0,8 pour 100 du type moyen ; de sorte que, dans ce cas encore, il faut ad-
mettre que la transformation des microclines ne s'est pas faite aux dépens des seuls éléments avoisinants, mais qu'il s’est produit des apports importants de magnésie.
La baisse du pourcentage de la magnésie dans les types albitisés vient de l’altération de la biotite beaucoup plus forte dans ceux-ci que dans les types à microclines intacts.
Quant à la potasse, si les types à albitisation complète n'en sont pas exempts, c'est que l’albite libre contient un peu de séricite. La forte proportion de potasse de H, jointe à l'élimination d'une certaine quantité de soude, vient de ce que ce type est extrêmement sériciteux. Il faut compter que, dans ce cas, il y à 1 pour 100 environ de potasse fixée à l'état de séricite.
Ces roches sont très acides, mais leur teneur en quartz n'est pas absolument constante. En particulier, dans les variétés qui contiennent de là muscovite dans leur pâte, la muscovite joue, semble-t-il, le rôle du quartz, partiellement au moins. De ce fait le quartz se trouve éliminé alors que l’albite de la pâte reste dans les mêmes proportions.
Le phénomène de l’albitisation des microclines n'est pas particulier aux microgranites ardennais; nous l'avons observé sur un grand nombre de roches dont quelques-unes étaient des porphyroïdes.
C'est sur elles que nous allons maintenant porter notre attention.