‹ Étude comparative de quelques porphyroïdes françaisesChapitre 78 sur 96 · IV. — Kératophyres allemands · texte numérisé non relu

IV. — Kératophyres allemands

Les microgranites français que nous venons d'étudier se rapprochent pour la plupart, tant par leurs caractères minéralogiques que par leurs caractères chimiques, des kératophyres des auteurs allemands; aussi nous a-t-il paru intéressant de rechercher si le phénomène d'’albitisation existait dans quelques-unes de ces roches.

Le porphyre quartzifère de Bruchhaüsen, en Westphalie, étudié par Mügge, se divise, d’après ce savant, en deux variétés : l'une massive, l’autre schisteuse.

La variété que j'ai eue entre les mains se rapporte, je pense, au type massif. Je n’y ai pas vu d’albite libre, mais seulement des feldspaths potassiques à macles d’albite dont la structure est semblable à celle des microclines que nous avons déjà décrites. Ces feidspaths sont un peu albitisés. La pâte est sphérolitique.

Mügge (!) donne de ce porphyre deux analyses. La variété massive contient 6,33 pour 100 de K?0 contre 1,04 pour 100 de Na?0; la variété schisteuse contient, au contraire, 1,10 pour 100 de K?0 contre 4,92 pour 100 de Na?0.

Dans la seconde variété, Mügge décrit des pseudomorphes d’orthose en chlorite, calcite et albite. D’après Mügge, la pseudomorphe en albite a un aspect rapiécé (geflickt) et me paraît être identique à mon albite de substitution. Pour

() Müace, Der Quartzporphyre der Bruchhaüser Steine in Westpha- Ten ON BB Nm 806)),

Mügge cependant cette albite serait produite par voie d’altération.

N'ayant pas eu à ma disposition cette variété schisteuse, je ne puis exprimer un avis précis, mais il me semble qu'il y a tout lieu de rapprocher les pseudomorphes observées par Mügge de la formation d’albite de substitution, étant donné surtout que dans la variété massive nous constatons déjà un commencement d’albitisation (1).

Parmi les fameux Lennenporphyres, le quartz kératophyre de Brachthaüsen présente des phénomènes d’albitisation complète des feldspaths potassiques. Il contient aussi des phénocristaux d’albite libre et de quartz.

A Treseburg, au Hartz, il existe aussi un microgranite signalé comme porphyroïde par les auteurs allemands et dans lequel on constate des phénomènes d’albitisation intense; la roche contient aussi de l’albite libre et des phénocristaux de quartz.

Gümbel a décrit en 1879 des kératophyres provenant de la tranchée du chemin de fer à Alsenberg, dont l’un très acide (75,98 pour 100 de Si0?) contient 4,22 pour 100 de Na?0 et 3,64 de K?0, et l’autre moins acide (67,90 pour 100 de Si0?), 6,89 pour 100 de Na?0 et 1,85 pour 100 de K?0. Les phénocristaux de feldspath, dit-il, sont de l'orthose : quand l'analyse indique une forte teneur en soude, il la place dans les feldspaths de la pâte ou bien dans ce fait que souvent les phénocristaux d’orthose sont emportés et qu’à leur place se trouve une autre substance feldspathique, probablement de l’albite. Il semble bien que Gümbel a entrevu le phénomène d’albiti-

(*) Rosenbuch attribue l'association d'orthose et d'albite à une microperthite et voit leur répartition liée aux lignes de broyage de la roche. Il conclut à une relation de cause à effet. D'autre part, il cite des observations inédites de Renard comparant los feldspaths de Bruchhaüsen à ceux de la vallée de la Meuse que nous avons reconnus comme albitisés.

sation ; je n'ai pu malheureusement me procurer les échantillons correspondant aux analyses citées.

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