‹ Étude Comparative Des Syndrômes De Rigidité RachidienneChapitre 10 sur 37 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

e (Due à l'obligeance de M. le Professeur VERGER.)

13 novembre 1913. S... (Jean), quarante-et-un ans. Accident survenu le 22 février 1913. S... fut précipité sur le sol d’une hauteur de 3 mètres environ, D’aprés ses dires, il aurait perdu connaissance sur le coup.

Soigné à son domicile, un rapport médical du 29 mai, conclut à une entorse verlébrale, non encore guérie el nécessitant une immobilisation prolongée, traitement par corset plètré, jusqu'au 28 octobre, puis traitement électrique. Ces efforts (hérapeuliques auraient été parfaitement vains, le blessé souffrant toujours autant.

Etat actuel : S... debout apparaît dans une altitude figée, la tête fixe et droite, le cou légèrement penché en avant, et à droite le menton non dévié, Quand on veut lui faire porter le regard à droile ou à gauche, il se tourne tout d’une pièce.

Douleur au toucher, même peu appuyé, non seulement des apophyses épineuses mais de loute la région de la nuque y compris même une grande partie de la région occipitale en haut, et la partie inférieure de

DURANT NT Te 7

la-région interscapulaire en bas. C’est dans cet espace, passablement large qu'il localise les douleurs spontanées dont il souffrirait,.dit-il, de

façon à peu près constante. [l accuse de la douleur, non seulement à

la palpation profonde des muscles et des vertèbres, mais aussi au pincement léger de la peau de celte région.

Les muscles de cette région sont durs au toucher, il en est de même des sterno-cleido-mastloïdiens mais seulement quand on essaye d'imprimer à la tète des mouvements passifs laissant alors se contracter sous les doigts en même temps que le blessé accuse de la douleur et oppose aux tentatives de mobilisalion une résislance absolument invincible. En insistant, on peut faire exécuter à L... quelques mouvements spontanés ; il peut lourner la têle à droite et à gauche de quelques degrés el peut aussi esquisser des mouvements de flexion et d’extension du cou, accompagnés prélend-il d'une douleur très vive, irradiée dans les deux oreilles et dans la région occipitale ; la peau de la nuque et du cou aurait plulôt un: sensibilité augmentée...

Le toucher pharigien, ne montre aurune saillie anormale des cordes vertèbres accessibles.

La palpation du cou en avant ne montre aucun empâlement, n’est pas douloureuse:

Pas de paralysie des membres supérieurs ou inférieurs.

Reflexes normaux.

Pas de zone d’anesthésie.

Rien qui puisse faire penser à une compression de la moelle épinière ou des racines rachidiennes.

Le reste du rachis est parfaitement souple et normal.

S... se plaint de souffrir spontanément, de l'épaule et du côté gauche de la poitrine; quelques craquements dans l'articulation de lépaule gauche sans limitation de mouvements.

L'auscultation des poumons ne relève rien d'anortmal.

L'état général n’est pas altéré. pl

Deux radiographies ne révèlent aucune lésion traumatique des

vertèbres.

-OBSERVATION HI : (Due à l’obligeance de M. le professeur Verger.) R... (Camille), vingt-trois ans. — Accident survenu le ? novembre

4911. Chute du haut d'une charrette chargée de paille.

AU

Les symptômes constatés après l'accident se résument dans un état de rigidité douloureuse de la région cervicale.

24 octobre 1916. — Actuellement le malade se présente à l'examen la tête légèrement inclinée en avant, le cou raide, tout d'une pièce; il n’exécute spontanément aucun mouvement de flexion d'extension, ni de rotation de la tête. Il est aussi impossible de lui faire exécuter ces mouvements de manière passive; tous les essais provoquent une douleur vive au niveau de la colonne cervicale, se heurtent à une résistance musculaire invincible, produite par la contracture des muscles du cou.

La pression est douloureuse tout le long des apophyses épineuses des vertèbres cervicales, principalement au niveau des trois dernières qui font un peu de saillie. La dite saillie paraissant due uniquement à la position permanente d’inclinaison à l’avant, le blessé n'accuse pas de douleurs spontanées.

Par contre, des trépidations comme celles du chemin de fer retentissent douloureusement au niveau de la région rachidienne cervicale.

Pas de paralysie des membres. à

Pas de trouble des reflexes ou des sphincters.

Le malade évite instinclivement tous les mouvements brusques pour éviter la douleur.

Au moral il donne l'impression d’une épave.

Son état général est resté bon.

Page 1