CHAPITRE PREMIER
Historique.
La guerre qui vient de finir, source de traumatismes extrèmement violents, a entrainé chez beaucoup de blessés la persistance de posilions vicieuses.
Nombreux ont été les hommes qui violemment commotionnés sont restés penchés en avant. Leur nombre a été tel qu'on a voulu, à certain moment, voir là quelque chose de nouveau, un syndrôme tout à fait particulier, différent des diverses contractures décrites précédemment. Cependant, ainsi que le montre Monné dans sa thèse de 1916, il y a de grandes analogies entre les observations recueillies pendant la guerre actuelle etcelles publiées antérieurement.
Les rigidités du rachis ne sont pas chose nouvelle, tant s'en faut, puisque dès 1837 le chirurgien anglais Brodie les décrivit, les appelant « hystérie locale des jointures de la colonne vertébrale ».
En 1885 Weir Mitchell publie un cas de cyphose traumalique.
En 1889 Rongier étudie une rigidité en flexion de la colonne vertébrale, consécutive à une chute d’une hauteur de cinq mètres,
Plus tard, en 1895, Richer et Souques publient également une observation du mème genre. En 1903, nous trouvons deux observations dues au professeur Déléarde, une de M. Castaing, une de M. Sanet, une de M. le professeur Raymond,
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Pour tous ces auteurs il s'agit là des troubles hystériques. - Enfin depuis 1912, M. le professeur Henri Verger a réuni dans ses dossiers sept observations de rigidité rachidienne due à des accidents du travail. Ceei nous montre que la cyphose traumalique n’est pas une exception en médecine légale civile et que le médecin a souvent à intervenir comme expert. Les diverses contractions musculaires que nous allons retrouver dans tous les cas entraînent en effet une incapacité de travail notable.
Pendant la guerre nombreux ont élé les cas étudiés
.qui ont fait l'objet de rapports à chaque revue de neuro- logie d'armée ef ont pendant quelque temps remis la
question à l'ordr> du jour. Les divers auteurs ne sont d'ailleurs pas tout à fait d'accord sur la pathogénie de ces lésions. Les uns admettant une lésion organique, les autres ne mettant en cause que l’hystéro traumatisme, d'autres enfin admettant les deux hypothèses à la fois.
Du rapprochement des observations militaires et des observalions civiles, nous allons voir à laquelle de ces théories il nous semble le plus logique de rattacher les cas de rigidité rachidienne envisagées.
Les bleseés de guerre chez lesquels le traumatisme a été très violeut nous présentent la plupart du temps des déformations plus accentuées que les civils. Nous pourrons ainsi mieux étudier chez eux le mécanisme de production des divers troubles constatés. D'autre part les rapports médicaux-légaux établis longtemps après les accidents du travail, ayant entrainé une rigidité du rachis, nous rensei-
gneront de façon très complète sur l'avenir qui attend Îles
sujets étudiés.
De la comparaison établie nous tächerons de tirer des conclusions précises sur la conduite à tenir en médecine légale vis-à-vis de ces blessés classés sous le nom de camptocormiques ou de prosternés par les divers auteurs qui se sont occupés d'eux jusqu'à présent.
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LESC