DÉCOLORATION
La décoloration des parties du papier non chargées de protéines s'effectue en plongeant successivement la bande dans différents bains du mélange méthanol-acétique. Les temps d'immersion du papier doivent être’ augmentés au fur el à mesure que l’on passe d’un bain dans un autre. Si l'on emploie des bains de décoloration neufs, laisser par exemple les bandes :
10 minutes dans le 1* bain
20 > > LES 30 > > gme » 1 heure » AIRES 2 heures » DURS
ce qui porte la durée totale de la décoloration à 4 heures. Effectuer des agitations répétées au cours du passage dans chacun des bains.
La quantité de liquide utilisée dans chaque bain est fonchion du nombre de bandes mises à décolorer simullanément. Les temps que nous donnons ci-dessus sont valabies pour des bains de 1 litre servant à décolorer 3 bandes à la fois. Les bains peuvent resservir plusieurs fois, surtout les premiers. Pour le dernier lavage, il' est recommandé d’emplover un mélange méthanol-acétique neuf.
Si l’on utilise des bains qui ont déjà servi plusieurs fois, prolonger la décoloration jusqu'à obtention d’une bande dont le fond non chargé de protéines ne soit plus que faiblement teinté en bleu (1).
Plonger les bandes décolorées dans de l’éther pendant 2 ou 3 minutes. Laisser sécher à l’air, ce qui ne demande alors que quelques minutes.
Remarque. — Récupération du mélange méthanol-acide acétique utilisé pour la décoloration du fond des bandes ayant subi l’action du Noir Amide.
Le procédé préconisé par le constructeur de l’appareil est la distillation. Cette méthode présente des inconvénients :
1° Formation d’acétate d’éthyle au cours du chauffage.
2° Impossibilité de récupérer l’acide acétique.
3° Passage d’une partie de lacide acétique ou d’acétate d’éthyle dans le distillat (le titre en acide a été vérifié).
Nous avons utilisé l’adsorption sur charbon végétal activé R. P. qui a l’avantage de permettre la récupération du mélange dans les proportions désirées.
(1) Une technique de décoloration plus intéressante consiste dans une extraction du colorant en excès par lixiviation à chaud dans un appareil du type KUuMAGAWA (voir DREVON, 19).
La filtration continue sur colonne est apparue comme un procédé lent et peu commode, le charbon devant être renouvelé, fréquemment. j AE
Aussi, nous avons préféré réaliser un simple contact en récipient fermé pendant 24 heures entre le mélange à décolorer et une quantité suffisante de charbon. Au bout de ce temps, une simple filtration sur papier permét d’avoir un mélange clair prêt à l'emploi.
Wozrr R. et MAaGNIN P. (64) ont critiqué le procédé de récupération du mélange méthanol-acide acétique par le charbon. Ces auteurs ont prétendu, en effet, que le liquide plusieurs fois régénéré était susceptible d'enlever une partie du colorant fixé sur les protéines. Ils ont pensé que ce fait était imputable à l’accumulation dans le solvant des sels tampons dont le papier est imprégné au cours de l’électrophorèse.
Pour notre part, nous n'avons jamais constaté qu’un mélange récupéré décolore plus fortement les protéines qu’un mélange neuf. D'abord, il semble que lors de son passage dans les solutions de lavage, la bande de papier ait déjà abandonné dans la solution de colorant le tampon qu'elle retenait et WoLrr et MAGNIN ont montré que le tampon mélangé au colorant ne modifiait pas la teinture des protéines. Ensuite, pour justifier expérimentalement leur point de vue, ces auteurs ont laissé séjourner pendant 24 heures les bandes de papier dans le mélange méthanol-acétique additionné de quantités croissantes de tampon. Ce laps de temps est très supérieur à la durée habituelle du lavage et l’on est en droit de se demander si une décoloration aussi poussée n’est pas susceptible de provoquer à elle seule les différences constatées. La décoloration au Kumagawa résout d’ailleurs le problème de façon plus heureuse.