‹ Étude critique des rapports de la tuberculose et du psoriasisChapitre 4 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Écrire sur l’étiologie du psoriasis sans apporter un fait vraiment nouveau : quelle témérité! Les dermatologistes de tous les temps et de toutes les nations n’ont-ils pas risqué leur hypothèse ? La diversité de leurs opinions, leurs contradictions, sont les preuves de la fragilité des arguments invoqués. Notre besoin de donner une explication à tout phénomène, la nécessité thérapeutique d’avoir une étiologie pour essayer une médication, que l’on | imagine d’autant plus active, qu'elle vise à la cause, explique cette floraison, mal venue, d'hypothèses qui ne résistent pas à la critique. Les théories diathésiques, nerveuses, toxiques, d'auto et d'’hétéro-infection, accueillies avec plus ou moins de faveur, ont toujours soulevé de puissantes objections.

L'absence d'arguments décisifs a fait naître la théorie du « psoriasis symptome ». « Nous devons considérer « le psoriasis, écrit Brocq, après avoir passé en revue

« les différentes théories étiologiques, comme un syn-

49 = « drome et nous sommes obligés d'admettre que, sui- « vant les sujets, il semble que des influences patho- Le géniques variables président à sa genèse. On peut le « considérer comme un mode spécial de réaction de la « peau, pouvant se développer sous l’influence de plu- « sieurs causes occasionnelles, souvent même sans au- « cune cause occasionnelle appréciable, sous la seule « influence de troubles de l’état général que l’analyse « chimique n’a pu encore préciser. » (In Réflexions sur

l'Etiologie du psoriasis.)

Cette formule provisoire est-elle, à l’heure actuelle, dans sa généralité et son imprécision, la seule vraiment logique ? Nous nous proposons, dans ce modeste travail, d'examiner une nouvelle hypothèse, née au cours de ces dernières années et qui tend à établir des rapports de cause à effet entre le psoriasis et la tuberculose. Nous reprendrons les faits déjà invoqués, nous apporterons quelques éléments originaux et, après avoir rassemblé les arguments positifs, nous verrons si l'hypothèse, ainsi formulée, cadre avec les données actuelles de l'infection bacillaire.

Nous nous rappellerons les paroles de Sergent, dans son article intitulé « Tendances de l'esprit médical actuel à étendre exagérément le domaine de la tuberculose » (Etudes cliniques sur la tuberculose, p. 16): « Trop souvent, il apparaît que l’exagération est fla- « grante; aussi bien, sans craindre de passer pour

« faire œuvre de réaction, semble-t-il qu'il est oppor-

tun de faire une halte pour regarder le chemin par-

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