CARACTERES QUALITATIFS DE LA REACTION
L'animal de choix est le cobaye. Celui-ci est en effet très sensible à ces sortes d’injections, ainsi que nous allons le voir. Or, si l’on injecte à un cobaye de même âge des doses mille fois plus grandes d’extraits de rein, de testicule, de muscle, de placenta préparés dans les mêmes conditions, les résultats sont dans tous les cas négatifs. De plus la thyroïde de cobaye normal, de cobaye jeune tout au moins, présente un aspect histologique remarquablement constant.
Le corps thyroïde d’un cobaye de moins de quatre semaines apparaît au microscope de la manière suivante : les vésicules assez petites sont bordées d’un épithélium aplati et sont pleines d’une colloïde dense, fortement colorable, dépourvue de toute vacuole. Dans la zone centrale, le diamètre des vésicules est un peu supérieur ; l’épithélium est un peu plus épais. De très rares vésicules contiennent une colloïde faiblement vacuolisée.
Chez un cobaye plus âgé, c’est-à-dire de plus de
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quatre semaines, et pesant plus de 250 gr. l’épithélium s’épaissit plus que ne le comporterait le développement progressif de l’animal, la colloïde est excrétée, ce qui se traduit par apparition de vacuoles et la diminution de colorabilité.
« Sur la base de ces données on est à même d’apprécier avec rigueur l’action des extrais préhypophysaires sur la thyroïde. Les jeunes cobayes de moins de 250 gr. apparaissent évidemment plus favorables aux essais que les plus vieux parce que la glande demeure chez eux en état d’hypoactivité physiologique et que les variations individuelles sont de peu d’amplitude » (AroN, Revue francaise d'endocrinologie, 1930, T. VII).
Sur un cobaye jeune dont la thyroïde est ainsi dans un état de repos fonctionnel presque absolu, l’injec-
d tion de __de cm3 de l’extrait préhypophysaire, sous-
cutanée ou intra-péritonéale, provoque en moins de 24 heures l’hypertrophie et la congestion de la glande.
Les transformations histologiques immédiates portent sur l’épithélium des vésicules et sur la colloïde : elles sont les suivantes :
L’épithélium est considérablement hypertrophié : sa hauteur est doublée, le cytoplasme contient des fines granulations. Notons que jamais il n’a été trouvé, à l’intérieur des cellules, de substance douée des réactions de la colloïde.
I n’y a pas seulement hypertrophie épithéliale mais également hyperplasie et les divisions indirectes sont nombreuses. Un grossissement suffisant permet méme de voir des figures de mitose. En un mot, la mulftiplication cellulaire est extrêmement active.
.. La colloïde est, elle aussi, le siège de modifications importantes : elle prend difficilement les colorants