‹ Étude critique du test préhypophysaire d'AronChapitre 14 sur 64 · CARACTERES QUANTITATIFS DE LA REACTION · texte numérisé non relu

CARACTERES QUANTITATIFS DE LA REACTION

Ils peuvent être appréciés soit à la suite d’injections uniques de doses diverses, soit à la suite d’injections répétées de doses invartables.

Nous allons d’abord envisager le cas d’injections uniques et définir ainsi les notions de seuil de la réaction et de réaction-limite.

On se sert d’un cobaye de 170 à 220 gr. dont la thyroïde pèse 25 mg. environ.

Lorsque l'injection correspond à 0 gr. 001 d’organe frais il n’y a aucun changement appréciable de poids; seule la modification de structure est nette, quoique faible.

L’injection de 0 gr. 003 entraîne une légère augmentation pondérale, la réaction histologique est assez forte.

L’injection onze fois plus grande de 0 gr. 033 de lobe antérieur donne à l’autopsie un corps thyroïde de 35 mgr., soit une augmentation de 40 %. Les cellules sont le siège des modifications habituelles mais plus étendues ; la résorption de colloïde est intense mais l’hyperplasie reste discrète.

Après une injection de 0 gr. 33, en 24 heures, le poids de la thyroïde passe à 45 mgr. soit une augmentation de 80 %, qui n’est d’ailleurs pas en rapport avec l’augmentation de la dose. La réaction histologique est, elle, considérable : elle se lit même à la périphérie de la glande, l’hyperplasie est intense. les figures de mitoses nombreuses, les vésicules complètement vides ou presque.

À 1 gr. d’organe frais, la thyroïde du cobaye pèse de 70 à 95 mgr., c’est-à-dire de 180 à 280 % plus que son poids initial de 25 mgr. Les vésicules sont alors véritablement collabées et l’épithélium multi-strafié.

Le maximum de la réaction thyroïdienne est atteint, car au-dessus les doses sont incapables d’obtenir, dans un délai aussi court, des résultats plus marqués.

Entre la dose minima de 1 mgr. au-dessous de laquelle la réaction est nulle et la dose maxima de 1 gr. au-dessus de laquelle la réaction reste invariable, il y a par conséquent place pour toute une série de doses dont l’action est à peu près proportionnelle à la la valeur. Il revient au même de dire que le seuil de la réaction est 1 mgr. et que la réaction-limite correspond à 1 gr. de lobe antérieur d’hypophyse.

À l'inverse de ce qui se passait lors de l’appréciation des caractères qualitatifs de la réaction, la notion de poids intervient ici. Il semble que cette augmentation pondérale de la glande soit conditionnée plus-par lhyperplasie que par l’hypertrophie cellulaire. D’autre part la réplétion sanguine ou au contraire le rejet de la colloïde viennent compliquer linterprétation des résultats, et ce sont encore les modifications histologiques qui sont les plus importantes à considérer.

Enfin, l’écart extraordinaire qui sépare la doseseuil de 1 mgr. de la dose-limite, mille fois plus grande, de 1 gr. prouve « la saisissante plasticité offerte par la thyroïde de cobaye » (ARON).

Les expériences qui vont suivre sont relatives aux injections répétées d'extrait préhypophysaire.

Quatre jeunes cobayes d’une même portée recoivent à deux jours d'intervalle plusieurs injections de 1 cm3 d’extrait (0 gr. 33 de préhypophyse).

Le premier reçoit 4 injections : la thyroïde pèse

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41 mgr. et la réaction histologique est la mème qu’à la suite d’une seule injection.

Le deuxième reçoit 7 injections : la thyroïde pèse 42 myr. ; des vésicules après s'être vidées complètement se remplissent de nouveau de colloïde ; en d’autres plages, des vésicules montrent au contraire des signes d’excrétion en cours ou terminée.

Le troisième recoit 11 injections : la thyroïde pèse 43 mgr.

Le quatrième reçoit 20 injections : la thyroïde pèse 53 mgr. Mêmes constatations microscopiques.

Si l’on ne tient pas compte de laugmentation pondérale, peut-être uniquement due à la croissance de Panimal, tout se passe comme si la glande s’adaptait à un régime fonctionnel qui, une fois installé, persiste ultéricurement. C’est ce que M. ARON appelle le régime de fonctionnement constant de la thyroïde.

Si un vobaye chez qui lon a déjà pratiqué 14 injections de 0 gr. 33 de préhypophyse, reçoit, par la suite, des injections de 1 gr. d’organe, la thyroïde prend Paspect de celle d’un cobaye qui dès l’origine aurait reçu des injections de 1 gr. Il y a eu supplément adaptatif de la réaction de la glande.

Notons en passant que les cobayes qui ont ainsi réçcu des injections répétées présentent un syndrome d'hyperthyroïdie caractérisé par une élévation du métabolisme basal, de la tachycardie, de lamaigrissement, de lexophtalmie, une augmentation de la résistance à l’intoxication par l’acétonitrile ; et que l'aspect histologique des vésicules béantes alternant avec d’autres remplies d’une colloïde jeune ressemble d’une manière extraordinaire à celui des vésicules thyroïdiennes dans une maladie de Basedow humaine. Mais les injections étant continuées pendant plusieurs semaines, on voit bientôt le syndrome d'hyperthyroïdie s’atténuer et la thyroïde pren-

ne

dre un aspect normal tout à fait comparable à celui de thyroïdes-témoins. Nous reviendrons sur ce phénomène plus loin, dans ce chapitre (page 40).

Jusque-là, nous pouvons conclure avec M. ARoN (Revue française d’'endocrinologie) : « Le principe actif sur la thyroïde se comporte donc, non comme un catalyseur suscepible de déclencher un effet de « tout ou rien », mais Comme un excitant d’autant plus efficace qu’il est plus abondant, et cela jusqu’à un «<-plafond » très élevé par rapport aux doses minimum ».

THYREO-STIMULINE.

Telle est l’action de la préhypophyse sur le corps thyroïde. Il était naturel de penser qu’il existait une hormone hypophysaire excito-sécrétrice de la thyroïde.

Evans et ses collaborateurs crurent d’abord qu’il y avait identité avec le principe actif sur lovaire.

CREW et WIESNER, en 1930, admirent l’autonomie du principe « thyréo-tropique ».

M. ARON, après des essais de séparation infructueux nota un parallélisme entre les augmentations ou les diminutions d'influence sur la thyroïde et sur lovaire; il se fondait pour cela sur le fait que le chauffage des extraits jusqu’à 80° diminuait l’action sur la thyroïde et diminuait dans la même mesure l’action sur l'ovaire.

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