‹ Étude critique du traitement des rhumatismes chroniques par l'association acide ascorbique - désoxycorticostéroneChapitre 12 sur 15 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

— Je Cortisone est le complexe E,

— l'A.C.T.H. excite globalement le cortex avec une nette prédominance sur les 11 oxystéroïdes,

— L'acétate de desoxycorticosterone fait partie du groupe II. Or, d’après Selye, Kendall, Sarett, ce groupe II, ainsi que le premier, n’ont aucune action sur les rhumatismes chroniques.

De la même manière, on sait que la vitamine C, employée seule, ne donne aucun résulta£

Dans ce cas, quel est le mode d’action de nos deux produits associés? Comme l'interprétation des résultats obtenus avec V'A.C.T.H. et le cortisone, celle des effets favorables sur le rhumatisme chronique par notre association thérapeutique resle encore obscure.

Dans l’organisme, les deux substances réagiraient, et, sans l'intermédiaire d’un relai hypophysaire, étant donné la rapidité d'action, provoqueraient la formation d’un corps X à action élective sur le rhumatisme, peut-être par inhibition des réactions du tissu conjonctif, mais peut-être aussi par action sur le cortex surrénal tout comme le fait l’A.C.T.H.

Depuis 1948, grâce à Thorn et ses collaborateurs, on sait que le cortex surrénal, entre autres, a la propriété d’abaisser le taux des eosinophiles du sang. Le test de Thorn consiste à rechercher l’abaissement de ce taux chez des sujets malades, pour objectiver l’état de ses défenses. Le test sera négatif, si le taux reste le même après injection d’un produit excitant la sécrétion du cortex surrénal (A.C.T.H.), le test sera positif s’il ÿ à abaïssement des eosinophiles. Un malade ayant un test de Thorn négatif est donc en insuffisance surrénale, et de ce fait incapable de bien se défendre.

Fn France, à l’heure actuelle, nous ne possédons pas de « stress », comme l’A.C.TH.;/ nous employons l’adrénaline, ou mieux l’adrénochrome. | ‘

Dans le cas qui nous occupe, nous avons essayé d’exciter la

glande corticosurrénale, par l'injection de 5 milligramme de desoxycorticosterone associée à 1 gramme d'acide ascorbique, et voici les résultats que nous avons obtenus dans 10 cas d’arthrite chronique rhumatismale,

Le test de Thorn a été pratiqué dans des conditions expérimentales rigoureuses. La mumération a été faite extemporanément par le Docteur Giacardy, biologiste de l'Hôpital de Tarbes, après coloration vitale des eosinophiles. Les chiffres donnent le nombre des eosinophiles, par millimètre cube.

Nom Eosinophiles avant 1 heure après. 2 heures après Test

. injection | de; MES. 160 160 64 ES Mme KR. 228 200 120 + Mme D. 160 192 160 — Mme L. 192 252 220 — M::B; 704 720 416 + Mme B. 150 145 145 — Mme P. 115 120 110 — Mlle F. on 140 140 — Mme S. 200 180 190 — M:.D. 120 110 80 +

Or, il est tout à fait remarquable de constater que les seuls malades chez lesquels nous avons obtenu une grosse amélioration sont les 4 sujets ayant eu le test de Thorn positif.

Cette expérience est peut-être un peu courte. Cependant, il semble que ce test de Thorn modifié peut, dans ces conditions être le seul] permettant de faire un pronostic d'amélioration possible, ou d’incurabilité chez les rhumatisants chroniques. Ainsi apparait un test dont l'intérêt clinique diagnostic pronostique et thérapeutique est capital. Nous avons vu, au début de ce travail, que tout le problème de rhumatisme réside dans la défense, et nous pouvons enfin être renseigné sur Jes 44—

fenses non spécifiques de l’organisme.

Pie DONNEES SUR.LE MODE D'ACTION

Comme on l’a vu plus haut, les auteurs promoteurs de cette méthode thérapeutique ne peuvent expliquer le mode d’action et le facteur anti-rhumatismal ne doit pas être invoqué sans réserve. ;

Nous avons essayé, chez quelques-uns de nos malades, de varier les injections tant dans leur rythme que dans leur composition. Voici, en quelques lignes, les remarques que ces expériences nous ont inspirées :

1° L’injection intra-veineuse de un gramme d’acide ascorbique n’a amené aucune amélioration, même chez des sujets répondant bien à l’association des deux produits.

2° de la même façon, l’acétate de desoxycorticosterone n’a donné aucun résultat.

3° si les injections des deux produits sont faites espacées de plus de une heure, il n’y a pas de libération fonctionnelle.

4° La voie intra-veineuse semble la plus appropriée, bien que l’on obtiennie des résultats par la voie intra-musculaire. La voie sous-cutanée ne mène à rien, l'élimination par les tissus graisseux devant être trop lente, à plus forte raison, la voie buccale est inopérante.

Chez les premiers malades ne possédant pas de percortène hydrosoluble, nous avons employé des solutions huileuses en injection intra-musculaires. Aussitôt après, d’ailleurs, suivait l'injection intra-veineuse de vitamine C, sous forme de deux ampoules de vitascorbol 500 ou de laroscorbine forte.

5° En ce qui concerne les doses, nous n’avons pas essayé de dépasser le gramme, pour l'acide ascorbique, mais nous sommes allés jusqu’à doubler la dose de desoxycorticosterone, soit 10-milligrammes, au lieu de 5.

Les résultats sont restés les mêmes, Le test de Thorn étant

— ki —

pariois négatif, il semblait qu'en augmentant les doses, les améliorations apparaîtraient. Il n’en a rien été.

Par ‘erreur, un malade reçut chez lui dix injections de 1 gramme d'acide ascorbique et de 50 mg. de percortène ; non seulement le malade a trouvé la cure onéreuse, mais «encore, et c'est là l'essentiel, ses douleurs et son impotence sont arrivées à leur paroxysme. Au lieu d'améliorer le malade, ce traitement l” profondément aggravé.

Ces notions ont été mises en évidence par Selye (Etude expérimentale chez je rat).

Séparément, l’acide ascorbique et l’acétate de desoxycorticosterone ont physiologiquement une action antirhumatismale, mais sans doute très minime car expérimentalement, mous Vavons vu, ces deux médicaments n’agissent pas,

Le rôle de la vitamine C est le suivant :

— elle assure la nutrition normale des-os.

— elle-est capable d’exciter le fonctionnement de la Surrénale défaillante, en même temps qu’elle favorise l’action de l’hormone corticosurrénale (Mouriquand).

Le rôle des extraits surrénaux est assez connu pour qu’il

soit utile d’insister. Ajoutons simplement que les glandes

corticosurrénales contiennent 140 mg. de vitamine C pour 100.

de glande.

Donc, à notre avis, il s’agit probablement d’une synergie de ces deux éléments, l’un renforçant l’action de l’autre. Ceci r’exclut d’ailleurs pas Île facteur X élaboré dans l’organisme sous une action enzymatique quelconque et dont nous parlions plus haut.

Avant de terminer cet exposé, quelques réflexions s’imposenti inspirées par notre expérience présente :

= Je dosage de l’acide ascorbique étant relativement aisé

à faire dans les urines fraîches par la méthode de Tellmann . au dichlorophénol indophénot, nous avons recherché chez

mie

quelques-uns des rhumatisants, le taux de vitamine C de leurs urines.

Un fait nous a frappé, c’est le taux vraiment extraordinaire de vitamine C, chez ces malades avant même l'institution di traitement ; on trouve en moyenne : 200 mg. par litre d’urine, alors que, normalement, les urines ne contiennent que 25 mg. par litre. L'injection de 1 gramme de vitamine C amène dans les heures qui suivent l'injection à un taux variant de 250 mg. à 400 mg. par litre.

— beaucoup de nos malades sont de vieux rhumatisants, ayant essayé toutes les thérapeutiques connues jusqu’à ce jour. Certains ont eu des améliorations durables, d’autres, des uméliorations partielles et passagères, d’autres enfin n’avaient encore eu aucune rémission. Parmi ces médicaments l’un suriout présente un intérêt certain : l'or.

Deux des malades que nous avons traités, n'avaient jamais réagi à l’allochrysine ; une première cure de Lewin et Wassen a entraîné une amélioration notable qui, quelques temps après, tendait à s’effacer. L’aurothérapie entreprise alors, semble agir maintenant d’une façon remarquable. Quoiqu'il en soit, cette association paraît être heureuse et demanderait de plus amples recherches.

Des recherches semblables pourraient être faites avec le soufre, l’iode, le cuivre. Notre thérapeutique aidera-t-elle la balnéothérapie ?

Autant de questions qui restent en suspens faute de recul.

—- Îl est regrettable que nous n’ayons eu qu’un seul cas de goutte. Cependant, il reste assez démonstratif, il montre que comme l'A.C.T.H. nos deux produits doivent agir non seulement sur les arthrites chroniques rhumatismales, mais en-

core sur toutes les collscämoses “--: aus avons rar!" =début,

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