Étude critique et bibliographique des oeuvres de Alfred de Musset pouvant servir d'appendice à l'édition dite de souscription
Cette brochure i>ourra être numérotée au même chiffre que 'exemplaire de souscription auquel elle fait suite.
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University of Ottawa
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kJ n pieux éditeur a écrit un jour en tête d'une préface que la publication des œuvres des auteurs consacrés ne devrait jamais être un objet de spéculation , mais un bommage public et national dont les promoteurs auraient le droit de réclamer les lumières et le concours de tous.
C'est dans ces sentiments de zèle patriotique que nous apportons aujourd'hui notre complément d'annotations et de rectifications à la dernière édition des Œuvres dWlfred de Musset, édition annoncée comme complète et définitive, et dont la condition somptueuse et le prix élevé impliquent indubitablement le désir ambitieux de la perfection.
Nous sommes persuadés que l'éditeur, assisté du frère, héritier de l'auteur, croit n'avoir rien négligé pour réaliser cette ambition. Malheureusement, si, contrairement à l'adage populaire, la perfection peut être de ce monde, il est rare qu'on y atteigne du premier coup ; il est rare surtout qu'elle se rende à l'eliort d'un seid assaillant.
Nous croyons donc faire acte en même temps de bons citoyens et de zélateurs sincères de la gloire du poëte, en signalant les erreurs, lacunes, anachronismes de cette édition monumentale ; et nous pensons que l'éditeur, les héritiers de l'auteur, les souscrii)teurs et le public tout entier ne pourront que nous en savoir bon gré.
Les éditions de luxe ont quelquefois de tels revers : on peut en dire ce que Cliapelle disait do la spleudide édition des MéiatMrplioses d'Ovide en rondeaux de Benserade,
imprimée à l'Imprimerie royale et ornée à chaque page de superbes vignettes de Sébastien Leclerc et de Ghauveau :
Quant à moi, j'en trouve tout fort beau,
Papier, dorure, images, caractère.
Hormis
Mais ici ce ne sont pas les vers qui sont défectueux, mais l'édition.
Le travail que nous publions, œuvre d'un admirateur (^Çi^. y*t^*iA.JtaM dévoué d'Alfred de Musset, a été exécuté minutieusement au fur et à mesure de la publication de chaque volume. En l'imprimant d'une manière conforme au texte, nous avons eu l'intention d'en faire un appendice utile et même un erratum indispensable à cette édition.
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ET BIBLIOGRAPHIQUt:
'ÉDITION (les (X'uvro.s complotes d'Alfred do 'Mussel, en cours de publiccilion depuis un an el demi, vient enfin d'èlre terminée, et le der- ,^ , >yiiier volume esllivié aux souscripteurs; pourquoi C^/^^'^laul-il, au lieu de n'avoir qu'à louer celle édi- ,tion, que sa mauvaise exécution nous force a ])rendre la plume, pour en constater ici les lacunes et les erreurs? Un instant nous avons hésité à instruire ce ])rocès, mais après rénexion il nous a semblé qu'il y avait là un devoir à rem- '})lir à propos des œuvres de l'un des premiers poètes de la France, incontestablement le plus populaire aujourd'hui, et qu'il fallait protester au nom de ses admirateurs contre les étranges omissions dont M. Charpentier s'est fait l'instrument ; nous nous sommes donc décidés à exécuter ce travail. Remarquons d'abord que les articles non réunis jusqu'ici aux (iHivres d'Alfred de Musset n'ont pas tous trouvé grâce devant l'éditeur, quelle que fut leur authenticité; ceux qu'il a condamnés forment donc pour les bibliojihiles une déplorable lacune dans les volumes en ({uestion.
La ])lus inexplicable de toutes les omissions est celle du Mangeur d'opium, car en outre des quelques mots que M. Taul de ^lusset y a consacrés dans une note dédaigneuse do sa notice sur son frère voir le volume dos Œuvre ^
posthmes), il en est encore fait mention à la fin du tome IX, en tête de la liste chronologique des œuvres d'Alfred de Musset. Que le livre fût bon ou mauvais, là n'est pas la question, quoiqu'il vaille beaucoup mieux que ne veut le faire croire le frère de l'auteur ; mais il nous semble hardi dans une publication si soigneusement lancée et annoncée comme définitive de l'œuvre complète d'un de nos premiers poètes contemporains, de supprimer ainsi son premier livre après en avoir cependant constaté à deux reprises l'existence et l'authenticité, d'ailleurs incontestables.
La nouvelle : Us Frères Van-Buck et le proverbe V Habit vert sont aussi condamnés, quoique pourtant signés en toutes lettres; M. Paul de Musset ne peut l'avoir oublié, lui qui rendait compte de la première représentation de l'Habit vert dans le National du 5 mars 1849. Quelle raison peut donc avoir fait exclure ces deux morceaux? M. Charpentier seul pourrait répondre à cette question, lui qui, dans un avis placé en tête du tome P^, annonce si carrément que l'édition comprend toutes les œuvres d'Alfred de Musset « moins deux ou trois écrits de sa première jeunesse. » Or, l'Habit laert, datant de 1849, et les Frères Van-Buck, de 1844, cette explication n'est pas pour eux. M. Chars* pentier dit aussi dans ce même avis que cette édition con-
tient a un volume entier composé des morceaux de littérature, de critique et de fantaisie que l'auteur avait oubliés ou négligés. » Il nous semble que la mémoire de l'éditeur n'est guère plus fidèle, car il oublie que les Lettres de Dicpuis et Cotonet, formant 90 pages, presque le quart de ce volume, sont imprimées depuis douze ans à la suite des Contes.
Il a du moins, pour omettre les Derniers moments de François I", une excuse dans la lettre de l'auteur qu'il publie dans les Œuvres posthumes. Une autre remarque à faire, c'est la facilité avec laquelle M. Paul de Musset se dédit. Ainsi, après avoir annoncé, tome III, page 403, que le texte de Barberine n'a été retouche que pour être
enrichi, et que toute la version primitive n'y retrouve, il rétablit, dans le tome IX, Mélanges de critique et de lUlérature, l(î deuxième acte de la première version, parce que « une petite scène, un couplet de chanson et un monologue ■ ont disparu, diUl, dans la version définitive. Il faut encore remarquer que le premier acte de la première version de Barberine n'est pas non plus conforme à celui de la version définitive; cependant il a été exclus, et, de peur de grossir de quinze ou vingt pages une édition d'un prix si modeste qu'il faut songer sans doute à tous ces petits détails pour n'y point perdre, le3 bibliophiles devront se passer de la version complète de la première Barberine. Disons ici, à titre de renseignement littéraire, que les remaniements de cette pièce et sa mise en trois actes au lieu de deux, ont été exécutés en I80I en vue de sa représentation au Théâtre-Français; elle n'y fut reçue qu'à correction, et l'auteur la retira. Laissons, du reste, à ce sujet, la parole à M. Paul de Musset lui-même, qui rendit compte de l'incident dans le National du 2o août 1851 :
« La façon dont on a raconté l'échec de la QiLenouxlle de Barberine devant le comité de lecture de la Comédie- BYançaise n'est pas tout à fait exacte. Ce n'est pas précisément un refus. La pièce avait été reçue à correction. L'auteur, qui avait su accommoder pour la scène les Caprices de Marianne , ouvrage réputé injouable , n'a }>as trouvé que le comité, dont pas un membre n'a seulement fait un quart de vaudeville, eût qualité pour corriger sa pièce et lui donner des avis utiles. Il ne pouvait répondre à celte prétention que par un silence dédaigneux. Mais, quelque jour peut-être, s'il y a lieu, les détails curieux de celte séance de lecture seront racontés au public. Ils en
vaudraient la peine (1;.
« Paul de Musset. »
(1) C'était bien lo cas de les donner dant; l'édition qui nous occupe.
On peut voir, d'après ceci, combien est sincère la note qui attribue les remaniements de Barberine au désir de l'améliorer plutôt qu'à celui de la voir représenter (tome III, page 403).
Une note de la notice désavoue certains travaux critiques sur Victor Hugo, attribués à A. de Musset et parus dans le journal le Temps des 31 mai et 17 juillet 1831. Gela est-il bien incontestable ? En tous cas, l'absence de signature laisse ici au biographe le bénéfice du doute. Ce qui est moins à son avantage, c'est l'incroyable négligence avec laquelle les articles extraits de ce même journal, le Temps, ont été relevés; ainsi, dans le volume des Mélanges, le premier article sur l'Expositmi du Luxembourg au profit des blessés est réimprimé seul, tandis qu'il en est paru un deuxième dans le Temps du 1^^ janvier 1831; plusieurs Revues fantastiques sont sautées, et tout cela avec une indifférence qui mériterait peut-être un autre nom.
La pièce intitulée : le Songe du Remewer, dont M. Paul de Musset a lui-même parlé dans une lettre publique insérée dans le Courrier de Paris du 2o juin 18o7, lors de la publication d'une pièce sur l'Académie attribuée aussi à son frère et dont il niait l'origine, n'a pas trouvé place non plus dans Fceuvre.
Voici donc la liste détaillée des articles définitivement omis, que tous les amateurs devront ajouter à cette édition pour avoir un Alfred de Musset complet :
La Branche de myrte, poésie. Psyché, 1826 ^'*. Thèse latine^ imprimée en 1827.
Lettre à Paul Foucher, 1857. L'Amateur d'Autographes du l*^"^ janvier 1867.
(1) Voir, au sujet de relie pièce, un article de M. Philibert Audebrand, dans le Grand Journal du 23 septembre 1866.
L'Anglais viaïujmr iVopium, volume si ^né \ 1) M. Chez Manie et I)elaunay-\ allée, 1S2S.
Exposition du Luxcmbourq au profil (1rs blessés, deuxième article. Le Temps du 1"' janvier 1831.
Revues fanlasliques. Le Temps dus 1", 21. 2S Icvrier; 18 avril et 30 mai 18:]1.
Derniers moments de François 1" réimprimé dans le Monde dramatique et dans VArtistey sous le litre (l\ingo). Keepsake français, chez Giraldon-Bovinei, 2" année, 1831.
Le 3 mai 181 i, poésie datée de 1831. Magasin de librairie du 10 décembre 1859.
La Quenouille de Barberine^ premier acte de la i)re mière version. Revue des Deux Mondes du l"'aoùt 18.3.').
Le Songe du Reviewer, poésie datée de 1833; Revue anecdolique du 15 août 1857, com[)létée dans la Pelile Revue du 13 mai i8()5.
Les Frères Van-Buck, nouvelle, avec une leiire. Constitutionnel du 2T juillet 18i4.
Lettre sur sa démission de bibliothécaire. Le Commerce, 20 juin 1848.
Le Chant des Amis, canlale écrite pour Lille. Le l'ajjs du 23 juin 1852.
L Habit vert, brochure. Chez Michel Lévy, 18 il). — Ce proverbe n'est autre que la Montre, qui lut annoncé successivement dans la Revue des Deux Mondes cl le Constitutionnel. Il fut retouché et terminé |>ar Kmile .\ngier, (jui le signa avec .Mfi'cd de Mussel.
Promenade au Jardin des Plantes, somioi ik' 1852. Monde illustré du 9 mai 18.57.
l'ne nouvelle (?;. Dans laGazettc de la )ioblesse, n I . octobre 1850.
A une Muse, poésie. Figaro, w' 8i. I^.V).
L'Académie française, satire apocryphe. Revue anecdotiquey juin 1857.
Venise, variantes écrites pour être mises en musique par Gounod.
Si M. Paul de Musset avait lu l'article de Ludovic Lalanne dans la Correspondance littéraire du 20 mars 1859, nous aimons à croire qu'il n'eût pas dédaigné ce dernier article, rejeté sans aucune raison des œuvres de son frère. Comprend-on que nulle part il n'est fait mention dans l'édition qui nous occupe du Voyage oio il wus plaira, qui, bien qu'écrit en entier par Stahl, ne se vend pas moins signé de ce nom et de celui d'Alfred de Musset? N'était-il pas nécessaire de dire du moins que la part de collaboration de ce dernier ne fut pas écrite et que tout se borna pour lui à deux pièces de vers réimprimées dans ses poésies ? Une curieuse observation à faire sur Eolla, c'est qu'à propos de ce vers :
« Son nom était Marie et non pas Marion. »
l'auteur écrivit dans le numéro même de la Revue des Deuû) Mondes qui contenait le poëme, la lettre suivante, dont il ne tint ensuite aucun compte, car le vers est resté {Remce des Deiix Mondes du 15 août 1832) :
« Au moment de la publication de ces feuilles, un ami me fait apercevoir que ce vers appartient à peu de chose près à un drame représenté à l'Odéon et à la Porte-Saint-Martin. Le lecteur me pardonnera une erreur de mémoire, qui sera remplacée dans le recueil dont le poëme de Rolla fait partie.
« Alfred de Musset. »
La pièce intitulée le Rideau de ma voisine a été rejetée par erreur à la fin du tome II des Poésies; cette pièce devait être placée bien avant, puisqu'elle a paru pour la première
fois dans lo journal l'Aricl, niuiiéro du 2 mars 183G, sous le lilrc de : Chanson de Qoethe, Iraduclion. On sait que Musset passe pour être l'auteur de la pièce de vers qui se trouve dans Léîia, par George Sand, et que Denise, nouvelle par Paul de Musset, a été allribuée à tort à son frère, dans diverses réimpressions de journaux re})roducteurs.
Voici maintenant la note, volume par volume, des fautes el des erreurs de l'édition que les cartons promis n'ont pas rectifiées :