‹ Étude Critique sur la Classification des Maladies MentalesChapitre 9 sur 14 · CHAPITRE. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE. I

Classifications étiologiques.

Au premier abord, la classification étiologique semble satisfaire complètement l'esprit. Elle se propose en effet de placer la spécificité symptomatique sous la dépendance de la spécificité étiologique et d'expliquer l’une par l’autre.

Il y a malheureurement des restrictions à faire à ce sujet. Dans sa critique de la classification de M. Morel, M. Fälret à fait remarquer combien l’étiologie était une notion vague, complexe et variable. On risque en effet en adoptant le principe étiologique comme base d’une classification, de donner l'importance d’une cause génératrice à un fait qui n’est en réalité qu’une cause occasionnelle d’une petite importance.

Pour qu une classification étiologique ait toute la valeur que lui ont prête certains aliénistes, il faudrait

qu'une maladie mentale étant donnée, on puisse en

remontant à la source trouver le facteur étiologique qui a ête l'agent provocateur de cette affection.

Il n’en est malheureusement pas ainsi en réalité. On peut, à la rigueur, arriver à ce resultat avec les folies toxiques et sympathiques, avec les affections mentales liées à l’hystérie et à l’épilepsie, mais pour toutes les autres classes il faut y renoncer.

La classification étiologique ne répond donc qu’en partie au but qu’elle se propose. Elle a néanmoins son utilité en permettant de classer d’une manière efficace un certain nombre d’affections mentales, que les autres classifications laissent dans l'ombre ; mais elle ne saurait servir de base à une classification générale.

Nous citerons comme exemples de classifications étiologiques, les classifications de M. Morel, de M. Ball, de M. Marandon de Montyel, pour la France, et celle de MM. Hack Tuke et Bucknill pour l’Angleterre.

La classification de M. Morel est fondée sur ce fait que, dans beaucoup de cas, la nature de la cause imprime à la maladie quelques modifications spéciales. Pour M. Moruz, les manifestations diverses caractéristiques de la folie, qui sont généralement considérées comme des genres ou des espèces (manie, mélancolie, etc.), ne sont que des formes secondaires ou des symptômes qui constituent les conséquences et non le fond de la maladie. L’aliènation mentale est toujours d'après lui le résuitat d’une prédisposition organique antérieure. Mais d’où viennent ces prédispositions antérieures qui servent de base à la

Pr TUE classification de M. Morel ? Selon lui, quelques-unes sont dues à l’hérédité, d’autres à éducation, d’autres à la misère, d’autres au milieu.

Mais 1l est bien évident que, même en étant très complet, on ne peuténumérer toutes ces causes prédisposantes. Certaines passeront certainement inaperçues ; et c’estla première critique à faire à cette classification.

De plus, lorsqu'on en considère attentivement les divisions, on s'aperçoit qu’elles n’offrent aucune délimitation risoureuse, qu’elles empiètent les unes sur les autres et laissent de côté les caractères importants des maladies pour s'attacher à des faits secondaires.

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Prenons par exemple, la folie hystérique et la folie épileptique. Il est évident qu’elles empruntent quelque chose de spécial à la névrose qui les a causées, mais la forme, soit maniaque, soit lypémaniaque qu’elles revêtent, ne doit pas être négligée et placée au dernier rang.

Dans la folie héréditaire, on ne trouve aucun caractère spécifique. On voit, en effet , sous son influence, se développer les affections mentales les plus diverses. Comme Pa fait remarquer M. Parchappe, ce serait la plus grande de toutes les erreurs pathologiques que de reunir le delirium lremens, la folie paralytique, la manie et la mélancolie en une seule espèce, sous prétexte que ces affections peuvent se développer sous l’influence de la même cause : l’abus des boissons alcooliques. Si la classification de M. Morel satisfait donc en partie l’esprit, il n’en est pas moins vrai qu’elle est incapable de s’appliquer à toutes les formes sous lesquelles peut se présenter laliénation mentale. |

Reprenant les idées de M. Morel, M. Ball fait egalement appel à l’étiologie pour établir sa classification. Pour lui, ni les lésions, ni les symptômes ne peuvent être utilisés pour procéder à un groupement méthodique des états d’aliènation mentale. Il groupe donc les maladies mentales d’après les causes qui leur ont donné naissance. Il établit une échelle graduée, en commençant par les formes d’aliénation mentale auxquelles ne correspondent pas de lésions anatomiques apparentes, pour arriver, par étapes sucC-

LEA ()e cessives, à celles où les lèsions matérielles constituent le principal élément.

I] divise donc les maladies mentales en septgroupes:

Dans le premier groupe, il range les maladies mentales qui paraissent ne coincider avec aucune lésion anatomique appréciable, soit par suite de l’imperfection des moyens d’investigation actuels, soit parce qu’il s’agit en réalité de lésions fonctionnelles. Ces affections forment le premier groupe nature] des folies sous le nom de Vesanies.

En second lieu, vient la famille des Zolies névropathiques. Les hystériques, les épileptiques, les choréiques, etc. ont un état mental particulier. On voit intervenir ici un élément nouveau.

Les folies névropathiques sont, en effet, sous la dépeundance d’un état pathologique dont l’origine est évidemment matérielle.

Le troisième groupe comprend les Folies diathésiques, dues à l'influence de la goutte, du rhumatisme, de la tuberculose, etc.

Dans ce cas, l’élément materiel est encore plus appréciable que dans les névroses.

Un quatrième groupe est constituë par les Folies sympathiques, dont il faut chercher le point de départ dans un organe quelconque qui agit sur les fonctions cérébrales.

Le cinquième groupe est formé par les Folies toxæiques duëés à un poison qui circule dans l’organisme et vient influencer le cerveau.

Dans le sixième groupe, M. Ball réunit les Mala-

DIET ET IRAN dies mentales auxquelles correspondent des lésions orgniques nettement définies. Le type en est la paralysie générale.

Enfin, dans le septième et dernier groupe, se rangent les Malformations congénitales du cerveau (idiotie, crétinisme).

Classificaticn de M. Bali.

4° Vésaniques ou essentielles sans lésions (Folie circulaire, délires partiels).

re

hystérique.

2e Névropathiques...... { épileptique.

choréïque.

goutteuse, rbumatismale.

30 Diathésiques . . tuberculeuse.

cancéreuse.

anémique, elc.

génitale.

cardiaque.

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