‹ Étude critique sur le spasme bronchiqueChapitre 21 sur 29 · PHÉNOMÈNES CIRCULATOIRES CONCOMITANTS · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES CIRCULATOIRES CONCOMITANTS

En dehors des conséquences de l’exagération de l’aspi-

- ration thoracique sur le cœur et les gros vaisseaux, on ob-

serve des modifications de la petite circulation qu’il est permis d'attribuer par induction au spasme des vaisseaux pulmonaires.

C'est encore à notre maître François-Franck que sont dus les résultats expérimentaux qui plaident le mieux en faveur d’une pareille interprétation. Ses premières recherches sur ce point spécial datent des années 1882 à 1888. Elles sont exposées dans des communications faites à la « Société de Biologie ». Mais c’est seulement dans un travail ultérieur (1890) que le parallélisme de ces phénomè-

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en

nes et du spasme bronchique a été mis en évidence par lui.

En 1882, F. Franck en excitant le premier ganglion thora-

cique du côté droit constatait dans l'artère pulmonaire une augmentation de pression sanguine et simultanément une

diminution dans l'oreillette gauche. Ces faits permettaient

de conclure à une résistance anormale dans le trajet de la petite circulation, due vraisemblablement au spasme des vaisseaux pulmonaires.

Plus tard (1888), il trouvait une démonstration plus directe encore de ce spasme. Il produisait une insuffisance en faisant une section partielle de la valvule tricuspide. Dans ces conditions, l'animal présentait un reflux jugulaire oscillantentre deux limites extrêmes, son maximum correspondant à l'expiration etson minimum à l'inspiration. Si alors on venait soit à exciter le premier ganglion thoracique du sympathique, soit à produire une irritation endo-aortique ou endo-cardiaque, on constatait aussitôt une exagération du reflux tricuspidien ; conséquence indubitable de l’augmentation de résistance au devant du ventricule droit. Quant à cette résistance on ne pouvait logiquement l’attribuer qu’au resserrement actif des vaisseaux du poumon. Cette vaso-constriction se produisait en dehors de toute influence cardiaque, car on constatait les phénomènes qui la caractérisent, alors que les deux nerfs vagues étaient sectionnés et que les mouvements du cœur avaient atteints leur maximum de fréquence par l’atropinisation.

Dans ce cas le spasme bronchique manque forcément, car l’atropine paralyse les fibres des bronches avant de

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produire son effet cardiaque. Ilreste donc établi que parmi les nombreux réflexes partant de l'aorte, le spasme vascu-

-laire du poumon figure parmi les plus constants. En appli-

quant simultanément les moyens d'analyse propres à la recherche de chacun de ces deux phénomènes, F. Franck a toujours trouvé le spasme vasculaire associé au spasme des bronches. La constance de cette association lui a permis de formuler la loi de coïncidence suivante : |

Chaque fois qu'une trritation périphérique ou viscérale est de nature à provoquer l’un ou l'autre effet pulmonaire, elle entraîne la production des deux.

» Je n'ai point vu encore, dit le professeur du Collège » de France, de dissociation de ces phénomènes réaction- » nels. Chaque fois que j'en ai recherché l'existence simul- » tanée, j'en ai retrouvé la double manifestation. La même

» association s’est rencontrée dans mes expériences d’ex-

» citation de l’écorce cérébrale. Si bien qu'aujourd'hui je » crois pouvoir dire que lorsqu'on a constaté dans une ex- » périence d'irritation périphérique viscérale ou nerveuse » centrale, dans un empoisonnement, au cours d’une as-

» phyxie non toxique, pendant une hémorrhagie rapide, -» la manifestation mécanique du spasme bronchique, on

» ne peut affirmer la coexistence du spasme vasculaire du » poumon ».

Comme conséquence des troubles apportés à la cireulation dans l’appareil vasculaire du poumon, citons certains phénomènes cardiaques cliniquement appréciables. Par l’auscultation on constate chez l’animal en expérience soit

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