‹ Étude Critique sur les Principales Méthodes de Provocation de l'AccouchementChapitre 17 sur 25 · L... (Claire), 32 ans, sans profession. Multipare · texte numérisé non relu

L... (Claire), 32 ans, sans profession. Multipare

Accouchement prématuré artificiel pour mort habituelle de l'enfant.

Le 25 juillet, à 9 heures du matin, on place une sonde de Krause entre l'utérus et les membranes.

Le 27, on met un ballon de Barnes.

Le 28, on en place un deuxième.

Accouchement le 29, à 2 heures du soir.

Durée du travail depuis l'introduction de la sonde, 101 heures. Suites de couches normales.

L'enfant, qui se présentait par le siège, est mort pendant les manœuvres (Extraction manuelle). es

Où peut voir, d'après ces observations, que la durée de l'expulsion à été très longue. En effet, dans'ces deux cas la sonde de Krause se montra très lente etelle eût été impuissante à amener l'expulsion. Le ballon de Barnes, appliqué pour hâter la dilatation, fat également un peu lent. L'accouchement se termina dans un cas au bout de 60 heures après l’introduction du ballon ; dans l’autre cas, au bout de 53 heures.

La lenteur d'action du ballon de Barnes s'explique dans certains cas par la facilité avec laquelle il est chassé hors de l'utérus.

ASSOCIATION DE LA SONDE DE KRAUSE, DU BALLON DE TARNIER ET DU DILATATEUR DE BARNES

Les trois procédés furent successivement employés dans chacune des deux observations suivantes :

or 0 ER

Observation IV. — 3 Février 1887

(Résumée)

G... (Justine), âgée de 26 ans. Primipare.

Accouchement provoqué pour rétrécissement du bassin.

Introduction d’une sonde de Krause le 1° février 1887.

Le 2, à 10 heures du matin, introduction d’un dilatateur de Tarnier, remplacé bientôt par un dilatateur de Barnes. L'accouchement est terminé le 3 février, à 6 h. 45 du matin. — Durée : 46 heures.

Suites de couches, normale:. Enfant mort-né.

Observation VI. — 91 juillet 1887

(Résumée)

T... (Thérèse), 20 ans, sans profession. Secondipare.

Accouchement provoqué à 7 mois et demi pour rétrécissement du bassin. |

Le 20 Juillet, à 10 heures du matin, introduction d'une sonde de Krause.

À 5 h. et demie, introduction d'un ballon de Tarnier.

Le 21, introduction d’un dilatateur de Barnes. La tête du fœtus est refoulée par le ballon de Barnes, dans la fosse iliaque gauche. On pratique la version avec application de forceps sar la tête dernière. Enfant mort-né. Suites de couches, normales.

Dans ces deux observations, l'accouchement se termina dans ‘un espace de temps assez court, 26 heures dans un cas, 46 heures dans l’autre. Dès que les premières contractions furent éveillées par la sonde de Krause, on appliqua aussitôt le ballon de Tarnier et le dilatateur de Barnes. On n'a donc pas attendu que l’action de la sonde fût épuisée et qu'elle se soit montrée insuffisante. Au moment des premières contractions la dilatation à été aussitôt activée.

Nous pouvons donc admettre que le dilatateur de Barnes, malgré ses désavantages, est un auxiliaire utile pour activer la dilatation dans les cas où les premières contractions ont été déjà provoquées. Comme moyen de provocation de l'accouchement, il nous parait inférieur à la sonde de Krause et au ballon de M. Tarnier.

Ballon de M. Tarnier #

Le ballon de M. Tarnier est très employé de nos Jours, nonseulement par son auteur et son école, mais par nombre d'accoucheurs.

Voici, d'après l’auteur lui-même, la description de l'appareil et la technique opératoire.

Il se compose :

» 1° D'un tube de caoutchouc gros comme une plume dote, long de 30 centimètres, fermé à l’une de ses extrémités. Ce tube est épais et résistant dans la plus grande partie de son trajet: ses parois deviennent, au contraire, plus minces à son extrémité. sur une longueur de 3 ou # centimètres au plus. Quand on pousse une injection dans ce tube, l'épaisseur inégale des parois fait que la partie amincie se dilate.

» J’attache sur Fextrémité de ce tube un ruban de il de 50 centimètres environ.

» 2° D'un conducteur métallique à extrémité mousse, creusé d'une gouttière dans toute sa longueur, comme une sonde cannelée courbe, comme un hystéromètre….

» Ce conducteur est percé de part en part par 3 veux. Les prenuers sont placés près de l'extrémité de cette sonde, à un centimètre l’un de l'autre ; le troisième se trouve placé près du manche sur lequel le conducteur est fixé.

» Pour monter le tube sur son conducteur, j'engage l'extré- :

Es pee mité du fl dans l'œil le plus rapproché de l'extrémité du conducteur, en allant de la face cannelée à la face convexe. Je le fais rentrer dans la cannelure par l'œil placé immédiatement au-dessous ; il longe ensuite la gouttière et en ressort encore par l'œil placé près du manche. En tirant fortement sur le ruban, la tête du tube vient se loger dans l'extrémité du conducteur et on la maintient dans ce rapport en arrétant un fil sous un ressort destiné à cel usage.

» Le corps du tube est enfin couché dans la gouttière, où on le fixe par quelques circulaires opérées avec la partie du fil qui restait encore d'sponible. On termine en assujettissant l’extrémité du ruban sous le ressort dejà indiqué.

» L'appareil tout monté n’est pas plus volumineux qu'une sonde ordinaire. »

L'introduction se fait en faisant glisser l'appareil sur les doigts de la main gauche qui le conduisent jusqu'à l'orifice externe. En poussant avec précaution la main droite, on enfonce le ballon dans l'utérus. « 11 doit ÿ pénétrer aussi aisément que pénètre la sonde dans la vessie. »

Ine fois l'injection poussée, on place sur le tabe une double ligature ; on libère celui-ci de son conducteur et on fait Île tamponnement du vagin au moyen de gaze iodoformée.

Le ballon Tarnier est un bon appareil. L'accueil qui lui est fait par un grand nombre d’accoucheurs nous semble fort légitime. Plusieurs fois, il fut employé à la clinique de Montpellier pour suppléer la sonde de Krause, dont l’action était trop lente. — Les partisans du ballon Tarnier ne Jui reconnaissent pas seulement un pouvoir dilatateur. IS prétendent qu'il agirait aussi et surtout comme excitateur. Ils prêtent à leur méthode de grands avantages, mais ne disent pas assez les inconvénients.

A la clinique obstétricale de Montpellier, le ballon Tarnier ne fut jamais employé seul. Généralement il fut appliqué après

la sonde de Krause. Dans un eas, cependant, il fut introduit d'emblée dans l'utérus ; mais son action fut imsuffisante ; on lui substitua la bougie de Krause.

Dans deux autres observations, le ballon Tarnier fut substitué à la sonde, qui avait d’abord amené des contractions, mais étail restée inefficace.

Voici le résumé de ces trois observalions :

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