‹ Étude Critique sur les Principales Méthodes de Provocation de l'AccouchementChapitre 19 sur 25 · Marie), âgée de 31 ans, domestique. Primipare · texte numérisé non relu

Marie), âgée de 31 ans, domestique. Primipare

Accouchement provoqué pour rétrécissement du bassin.

Le 1! décembre, à 10 heures du matin, on introduit une sonde de Krause. L'orifice interne est facilement franchi ; quelques contractions insensibles. La sonde sort spontanément une heure après la mise en place. À 4 heures 10, introduction d’un ballon Tarnier. il se produit quelques douleurs dans la journée, plus fortes et plus rapprochées pendant la nuit.

Le 12 décembre, le ballon est en place ; à 2 heures du soir, ilest dans le vagin.

Le 13 décembre à 3 heures du matin, le col est dilatable comme à fr. Les douleurs sont presque continuelles. A 3 heures 55, on fait des injections chaudes à 48°-50°. Les contractions sont très énergiques. À 4 heures 30, le col est à peu près complètement dilaté. L'expulsion se fait à 5 heures du matin. Durée du travail : #3 heures. k

Suites de couches normales. Enfant mort-né.

Obs. VIIL — 90 juin 1888

M... (Cœlina), âgée de 21 ans, cultivatrice. Secondipare.

Accouchement provo jré pour rétrécissement du bassin.

Le 18 juin, à 5 ‘'ures du soir, introduction d’un ballon Tarnier. Le ballon glissant facilement dans le vagin, le 19 on introduit une sonde.

Le 20. il se produit quelques douleurs revenant toutes Îles 10 minutes. À 4 heures, la dilatation est comme 8 centimètres, A 4 heures 1/2, rupture de la poche des eaux. À 4 heures 40 expulsion. Durée du travail: 48 heures.

Suites de couches normales. Enfant vivant.

re

Dans chacune de ces trois observations où la sonde de Krause et le ballon de Tarnier ont été appliqués l’un et l'autre, la moyenne de la durée totale du travail est de 58 heures.

Dans l'observation VITE, le ballon de Tarnier, d'abord employé seul, n'a pu suffire pour terminer laccouchement. Quelque temps après son introduction dans l'utérus, le ballon glisse dans le vagin, déterminant ainsi l'arrêt des contractions utérines qu'il venait à peine de provoquer. :

Dans les observations V et VIL les contractions éveillées nar la sonde ne sont ni assez fortes n1 assez soutenues pour amener l'expulsion. Le ballon de Tarnier est employé dans ces deux cas comme moyen adjuvant.

Les suites de couches sont normales dans les 3 observations.

Deux enfants sur trois sont nés vivants. |

Nous ferons, à propos de ces trois observations, les réflexions suivantes :

Le ballon Tarnier n’est pas toujours un moyen efficace de provocation de laccouchement.

Associé à d’autres méthodes, son action est également assez lente

Dans les trois cas examinés, la marche du travail est de 8 heures en moyenne. Ce chiffre est un peu élevé, si on le compare à celui de certaines statistiques donnant les mêmes moyennes pour chaque procédé appliqué isolément.

M. Pajot donne 29 heures comme moyenne obtenue avec le procédé de Krause. M. Pinard, 42 heures avec le procédé de Tarnier. Cette imefficacité relative du ballon Taruier s'explique un peu par la façon dont il agit.sur l'utérus. Le ballon est surtout un excitateur beaucoup plus qu'un agent de dilatation. On peut aisément concevoir que ses effets soient très atténués, dans les cas où un instrument excitateur déjà introduit dans l'utérus s'est montré insuffisant. Dans les mêmes circonstan-

AD UEe ces, le ballon Champetier de Ribes, comme nous le verrons plus loin, donne de bien meilleurs résultats.

Examinons maintenant quelques statistiques qui recommandent le procédé Tarnier.

Voici d'abord la statistique de M. Pinard. Elle porte sur 28 cas :

Le temps écoulé depuis la provocation de l'accouchement usqu'À l'expulsion du fœtus a été :

Dans 6 cas, de 12 heures à 24 heures

— 10 — 94 °— 48 © OU MP AS EE EU G0 — D — 60 —. 72 — — 1 — plus de 4 jours.

Au total, 42 heures en moyenne.

D'après une statistique du docteur Oui, cn sur à observations, la durée totale de l'accouchement fut, en moyenne, de 29. heures.

M. Grinda a fait les relevés suivants :

«Surl Yaccouchementsprovoqués à la Maternité (1883-1889), à l’aide du ballon Tarnier, 15 se sont terminés sans qu'on ait été obligé de recourir à.des méthodes adjuvantes.

» Le temps écoulé depuis l'introduction du ballon jusqu'à l'accouchement à été :

7 fois de 12 heures à 24 heures

DA ea DURE ENMO AO STOUTS.

À 7.3 à 4 jours.

1 — plus de à jours.

» Soitune moyenne de #1 heures environ.

» Dans le relevé de la clinique d'accouchement, le ballon

PR AOS SE Tarnier a déterminé des contractions suffisantes pour lerminer l'accouchement, 19 fois sur 23 cas. Le travail dura :

4 fois de 19 heures à 24 heures

5 — 24 — 48 — 2 — 3 jours.

L — 4 jours.

» En moyenne, 32 h. 5. »

Au point de vue des suites de couches et de la mortalité des enfants, nous trouvons d'abord pour les mères :

Une infection sur 28 cas, dans la statistique de M. Pinard. Dans les services de M. Tarnier, à la Maternité et à la Clinique de Paris, les suites de couches furent normales. Il faut dire cependant «que dans les observations de la Clinique, elles ne furent notées que dans 25 cas ».

Pour les enfants, nous trouvons : :

20 enfants vivants: 8 morts: 40 °/, en moyenne, d'après M. Pinard.

Dans le service du professeur Tarnier :

« À la Maternité : 13 enfants vivants, 6 morts ;

A la Clinique : 16 enfants vivants, 7 morts ;

À Lariboisière : 25 enfants vivants, 11 morts ;

Soit au total : 54 enfants, 24 enfants morts. »

En moyenne, 30,8 °/..

À la clinique de Montpellier, la mortalité des enfants avec le procédé Tarnier atteint un chiffre plus élevé que par le procédé de Krause.

Sur D cas examinés, on note: 2 enfants vivants, o morts ; soit une movenne de 60 °/,.

Il est vrai que cette statistique, relevée d’après un nombre -de cas trop restreint, ne peut fournir une preuve suffisante pour condamner le procédé.

PA ir beeRe

Les statistiques obtenues et présentées par les partisans du ballon Tarnier sont beaucoup plus favorables au procédé qu'ils recommandent. On conçoit qu'en s'appuyant sur ces stalistiques, on ait invoqué des arguments en faveur de cette

méthode. Mais à côté des avantages, nous devons rechercher et mettre en lumière les inconvénients.

On reproche au ballon Tarnier une instrumentation spéciale. Il est compliqué, et ne s'applique pas aussi aistment que la bougie. Une fois appliqué, le ballon glisse très facilement dans le vagin et le travail rétrocède.

Ce reproche, très-juste, est à tout moment vérifié par les faits. Dans la plupart des cas où le ballon fut appliqué, à la Clinique de Montpellier, on dut le replacer à plusieurs reprises, quelquefois même on dut lui substituer une sonde.

Nous dirons, pour conclure, que le ballon Tarnier n’a, sur la sonde de Krause, aucun avantage. S'il n'est pas plus lent, il n’est généralement pas plus actif. Les contractions, éveillées par l'introduction du ballôn, disparaissent lorsque celui-ci a été chassé dans le vagin. Enfin, tandis que la sonde de Krause est un appareil très simple, le ballon Tarnier exige une instrumentation spéciale.

Ballon de M. Champetier de Ribes

Ce ballon, dit l’auteur, doit être en tissu inextensible et imperméable. [Il est constitué de la façon suivante :

« Une enveloppe faite de tissu caoutchouté noir très fin et » doublé à l’intérieur d'une mince couche de caoutchouc vul- » canisé. Lorsqu'il est plein, la circonférence, au niveau de la » partie la plus large, mesure 0"31 centimètres ; la hauteur » de la base à l’origine du tube est de 0"093. Le tube qui le

pra

» termine a une forme légèrement conique; l’axe de ce tube

» fait avec l’axe du ballon un angle obtus de 155° environ. » Le tube à 0"065 millimètres de longueur; il a 0°020 de

» ciamètre dans sa partie la plus étroite ; il se termine sur

» une pièce en caoutchouc durei de 1 centimètre de lougueur, » sur laquelle est fixée d'autre part une sonde solide en caout- » chouc, sur le trajet de laquelle se trouve un robinet. Le tube » qui se continue directement avec le ballon, a un diamètre » assez grand pour que le ballon puisse être retourné, de » façon à ce que sa paroi externe d’abord puisse devenir » interne. En effet, au moment de da fabrication, on dépose » la couche de caoutchouc vulcanisé à l'extérieur, puis on » retourne le ballon sur lui-même et cette couche imperméa- .» ble et sans couture devient intérieure. »

Manuel opératoire. — Le ballon plié en forme de cigare et empriscuné entre les mors d'une pince, est fortement enduit de vaseline. Au moyen de l'index introduit dans le col, il est facile de décoller les membranes et de guider le passage du ballon. On doit porter le ballon assez haut dans l'utérus, de façon à ne pas gonfler surtout la partie restée dans le vagin. « Il faut pousser le ballon très lentement, très doucement, mais très loin. Il faut pénétrer à 10 et même à 12 centimètres au-dessus de l'orifice externe du col ». Le ballon une fois gonflé, on retire les pinces.

M. Champetier de Ribes conseille d'employer d'abord un bal- Jon Tarnier dans les cas où on ne pourrait pas faire pénétrer d'emblée un ballon volumineux. Se basant sur 18 observations, M. Champetier de Ribes tire les conclusions suivantes :

« Par ce moyen, on peut provoquer sûrement le travail. » L'expulsion spontanée du ballon se fait en général en moins » de douze heures. Aussitôt après la sortie du ballon, l’expul- » sion où l'extraction du fœtus est possible : du côté des par- » ties molles, le fœtus ne rencontrera plus d'obstacles ; les

PTE RE Side

À ou s'il ya lieu d'en faire, se praliqueront dans un

IE pe canal génital largement dilaté depuis l orifice externe du col

DE He à la vulve.

“Les ballon de M. peter de Ribes est inspiré de celui de

M. Tarnier. Mais des modifications heureuses lui assurent un.

avantage considérable sur son ainé

Avant de faire la critique de cet instrument, avant de faire connaitre ses nombreux avantages el aussi ses nombreux défauts, nous allons présenter quelques statistiques ; nous en déduirons des moyennes indiquant la rapidité d'action du procédé. Nous examinerons aussi, comme dans les autres métho- “des, l'influence du procédé sur, leg mères et les enfants.

M. Champetier «de Ribes a établi nne statistique très-com-

plète. Dans une série de 18 cas, où il appliqua son ballon, 1e

obtint les rés ésultats suivants :

(1) Temps employé depuis l'introduction dh ballon un au ‘début Hu travail : :

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A 1) Amn. gynéc. 1888, p. 420.

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Au point de vue de la durée totale de l'accouchement, les résultats sont tout aussi favorables, C’est ainsi que M. Champerier de Ribes, note :

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