‹ Etude d'un cas de SurrénalômeChapitre 5 sur 12 · A MES FRÈRE ET SOŒUR, BEAU-FRÈRE ET BELLE-SOŒEUR · texte numérisé non relu

A MES FRÈRE ET SOŒUR, BEAU-FRÈRE ET BELLE-SOŒEUR

AU DOCTEUR MORLAAS

Ancien Chef de Clinique à la Faculté de Paris Ancien Interne des Hôpitaux

À M. re ProressEur CLERC Professeur de Pathologie Médicale Médecin des Hôpitaux Officier de la Légion d'Honneur

Qui nous a fait le très grand honneur de présider cette thèse.

Au Docteur THIERRY DE MARTEL

Commandeur de la Légion d'Honneur

En hommage respectueux.

ET 4 SON ASsiSTANT, LE DocTEur DENET

Chevalier de la Légion d'Honneur

Au Docreur MONDAIN

Médecin-Chef de l'Hôpital Bellan Licencié es-Sciences Officier de la Légion d'Honneur

‘ Qui nous a suggéré le sujet de ce travail, avec nos sincères remerciements.

Au Docreur RENÉ GIROUX

Ancien Chef de Clinique à la Faculté Ancien Interne des Hôpitaux Chevalier de la Légion d'Honneur

Qui nous a grandement aidé de ses conseils et de son expérience. Qu'il trouve ici l’expression de notre gratitude.

Au Docteur Anpré PHILIBERT

Professeur-Agrégé à la Faculté de Paris

En témoignage de notre très vive et très respectueuse affection.

htips://archive.org/details/IA41552211 0030

ë | OBSERVATION

M. R..., ancien boulanger, actuellement âgé de 38 ans, n’avait jamais été malade. En l’interrogeant soigneusement, on notait en tout et pour tout, dans son existence :

Sept ans plus tôt, un épisode douloureux apyrétique des plus bénins de l’épaule droite, durant un mois et demi; quatre ans plus tôt, une infestation par un tænia saginata, facilement expulsé, un mois environ après sa découverte. En avril 1935 enfin, on trouve des œufs de trichocéphales dans ses selles, qu’après un traitement au chénanthol et au thymol, on retrouve, mais en voie de déformation, à deux examens suivants, le 17 et le 23 mai.

À cela se réduisaient ses antécédents pathologiques. Marié, sans enfant, il avait une femme elle-même bien portante. Ses parents étaient morts à un âge avancé tous les deux, sa mère après avoir fait plusieurs crises parésiques et paralytiques probablement causées par de l’hypertension. De fait, il donnait l’impression,

entièrement confirmée par l’examen clinique, d’un homme remarquablement bâti, à la musculature très forte, en parfait équilibre de santé.

Pourtant, cet homme était sujet, depuis plus de quatre ans, à des crises extrêmement dramatiques, incompatibles avec une existence normale. Elles se développaient toujours à peu près de la même façon; commençaient par une brusque fatigue dans les membres inférieurs avec malaise général l’avertissant d’avoir à cesser toute occupation et à se coucher aussitôt. Très rapidement apparaissait en effet la série des symptômes suivants : pâleur extrême du visage, refroidissement des extrémités, avec cyanose et marbrures des mains et des pieds qui sont froids, transpiration abondante, tremblements des membres, céphaléés occipitales atroces, douleurs lombaires, coliques abdominales diffuses, douleur périnéale avec sensibilité exquise des testicules, rétraction des bourses, irradiation douloureuse le long de la verge jusqu’au land; battements très marqués de tout le système artériel, surtout manifestes aux artères radiales, temporales, carotidiennes, et plus encore de l'aorte abdominale. Eréthisme cardiaque, avec choc en dôme de la pointe du tœur; sialorthée très abondante, de plusieürs vérres; vomissements énfin, alimentaires et muqüeux, très fréquents, très pénibles, secouant le malade pendant touté sa crise, En raison de l’intensité

des symptômes éprouvés, celui-ci est dans une angoisse extrême, il souffre et il gémit continuellement Pourtant, tout va progressivement rentrer dans l’ordre. Au bout d’un temps variable, et d’ailleurs qui va croissant, — les premières crises duraïent un quart d'heure, maintenant une heure et plus, — les troubles iront s’atténuant et disparaîtront peu à peu, laissant le malade étendu, inerte et exténué dans son lit. Fait capital, très tardivement noté, tous ces symptômes s’accompagnent d’une hypertension artérielle énorme,

Voici, en effet, le procès-verbal de l’une d’entre elles, d’une intensité très moyenne, survenue le 30 mai au soir, deux jours après son entrée dans le service.

19 heures. Depuis une demi-heure, à quelques-uns des signes précédents, pâleur, tremblements, le malade sent sa crise venir et se couche. [l appelle. Sa tension artérielle, au Vaquez, dépasse 30/15. Son pouls est à 80. Des vomissements très violents se produisent : le malade rend tout son dîner.

19 h. 25, T.A. au Pachon : 33/15. Pouls à 80. Oscillations très brusques et très amples. Se plaint d’avoir des mouches noires devant les yeux. Souffle systolique (?). Clanger très marqué. Céphalées terribles, tremblements, éructations, battements artériels, sialorrhée,

© 19 h. 35. T.A. 30/16 au Vaquez.

19 h. 45. T.A. 30/15. Le malade se sentant un peu

mieux, pour tenter sa crise, se met debout et marche. Cinq minutes plus tard, en effet, nouvel effort de vomissement, sudation; sensation marquée de chaleur. Il est presque nu, les draps et les couvertures sont rejetées en dehors du lit.

19 h. 55. Douleurs de la verge. Gros efforts pour vomir. |

20 heures. Très fortes douleurs de tout l’abdomen. Sensation de coliques, de spasmes, de borborygmes. Douleur continue le long de la verge. Douleur très vive de la nuque. Puis, brusque impression de vide dans la tête; croit qu’à ce moment sa voix change de timbre. L’instant est au plus haut point impressionnant. Silence; prostration, immobilité absolue, respiration lente et forte, regard fixe, tête redressée en arrière.

20 h. 5. Pouls à 84. Les douleurs continuent, surtout à la verge. Fatigue considérable. Mains et pieds violacés par plaques, froids et visqueux. Maïs il semble que la crise s’atténue; le malade dit qu’elle pourrait revenir avec la position debout. L’examen des réflexes montrent que ceux-ci sont vifs, pas plus que d'habitude; le réflexe de Babinski est en flexion; les

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réflexes oculaires sont normaux; les pupilles ne sont pas en mydriase. La température est à 38’8.

20 h. 15. T.A. 27/14. Cessation lente des douleurs. Sensation de bien-être, de retour à la vie.

20 h. 30. T.A. 25/13 au Vaquez. Bouche sèche. La cyanose des extrémités disparaît. Les battements épigastriques restent très intenses.

20 h. 40. T.A. 25/13 au Pachon. Température : 38”2.

20 h. 45. T.A. 25/13 au Vaquez. Reprend la position debout, ce qui provoque seulement l’émission d’une quantité moyenne d'urine très pâle. La reprise qu’il en attend ne se produit pas. Le malade se calme. A.

20 h. 55. La tension est à 24/12 au Vaquez. A.

21 heures. La température est à 38’4, la tension à

21 h. 35, enfin, le malade reposant est prêt à s’endormir, la T.A. est encore à 19/11 au Vaquez.

Le surlendemain, dans l’après-midi, le malade crut qu'il allait avoir une nouvelle crise. Si elle ne se produisit à peu près pas cliniquement, — il n’eut qu’un peu de pâleur, de tremblement, de battements artériels et de fatigue, — il fit bel et bien une nouvelle poussée hypertensive. Voici, en effet, la courbe oscillométrique prise au Pachon (le 2 juin, à 15 h. 30°):

Index Tension oscillométrique 20 VALENITe CE MARS 1 DA SUR JE S 2 S PASSA CLR en 2 BLEUE, ENMRESS 3 SL RSR Tr 4 DONNE PRE UE o DO. SNS TR PRE ÿ DANSE RETRO NE 8 A8 SN EN 10 DEL UNTS PASOE NES 12 AS SR CO RS 13 LETTRE SEE 15 RS PR Re 8 19 LES NES ei HAE RER EE 3

Le pouls était à 70, la température à 3777.

À 15 h. 45, la T.A. était redescendue à 25/12 au Pachon et à 24/12 au Vaquez (avec un indice oscillométrique de 7).

À 17 heures, le malade se sentant bien, elle n’était plus qu’à 16 */10.

Différents examens avaient été, ou bien furent pratiqués :

Î. Examen des selles (23-5-35). — Caractère des selles : en masse dure. Odeur normale. Présence de mucus.

Examen chimique : réaction acide. Recherche du sang négative. Stercobiline normale. Bikirubine, néant. Digestiôén des graisses : albumine acéto-soluble normale. Peu de graisses neutres; peu d'acides gras; savons irès abondants.

Examen microscopique : fibres musculaires bien digérées. Hydrates de carbone non digérées, pas d’amidon. Cellules végétales peu nombreuses. Pas d'éléments cytologiques.

Examen baetériclogique : flore microbienne, pré- ‘dominance de cokibacilles et de quelques entérocoques.

Examen parasitologique : pas de parasites. Œufs de irichocéphales en déformation.

IT. Examens hématologiques et sérologiques (12-8- 34). — Hémoglobinémie : 75 %. Numération : globules rouges, 4.280.000; globules blancs, 7.200 par imm”. Formule lococytaire : polynucléaires, 52; éosinophiles, 1; grands mononucléaires, 4; moyens mononucléaires, 10; lymphoctyes, 33.

(21-5-35) Hémoglobinémie : 90 %. Valeur globulaire : 0,96. Numération : globules rouges, 4.182.000;

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globules blancs, 7.200 par mm°. Formule leucocytaire : polynucléaires, 60; éosinophiles, 0; basophiles, 1; grands mononucléaires, 0; moyens mononucléaires, 14; lymphocytes, 25.

(31-5-35) P.H. sanguin : 7,41. Urée sanguine : 0,48 (précédemment : urée sanguine, 0,37).

(26-6-35) Urée sanguine : 0,37.

(31-5-35) Sérum frais non chauffé. Réaction de Hecht-Rubinstein : négative. Sérum chauffé. Méthode de Kahn : négative (précédemment, réaction de Heckht : H=8; réaction de Bordet-Wassermann type : H=8 à l’échelle de Vernes; négativité normale).

Réaction de Vernes à la tuberculose : 98.

III. Examen radioscopique de l'estomac (18-3-32). — Estomac vide à jeune se remplissant en masse; basfond à 5 centimètres au-dessous des crêtes. Bonne mobilité spontanée et provoquée. Motilité faible. Evacuations lentes, incomplètes. Pas d’images anormales. Poche à air assez grande. Douleur au plexus. Pas de déformation ni d’anomalie du duodénum. Diagnostic : atonie gastrique, avec distension : aérophagie; fausse angine dispeptique.

IV. Examen oculaire (6-5-35). — Fond d’œil normal. Les papilles ne font aucune saillie. Les pupilles sont égales, leurs réflexes sont normaux. La conver-

gence et l’accommodation sont normales. L’acuité visuelle est excellente. Dans les positions extrêmes du regard latéral, quelques secousses nystagmiformes à peine esquissées. (D' Benoît.)

V. Analyses d'urine (17-5-35). — Urines d’aspect limpide, de densité 1012, à réaction légèrement acide. Pas d’acétone, d’acide diacétique, ni d’acide 8 oxybutyrique.

(7-5-35). Albumine : 0.

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