TENEUR EN EAU DU GEL EN FONCTION DE LA CONCENTRATION
vosace oubas du cylindre courbe AB:2 ét haut Ê F AH: 0
Fig. 5.
Les conditions de coagulation sont très différentes à la surface (coagulation instantanée) et au fond du tube à essais (coagulation lente). J'ai dosé à cet effet la matière sèche en évaporant à l’étuve jusqu'à 1200 deux tranches découpées aux deux bouts du cylindre dont la concentration varie de 2 à 20 o/o (fig. 5). La coagulation lente donne toujours une synérèse plus forte, mais la différence dans la teneur en matière sèche reste faible, Les cylindres ainsi obtenus, débités en morceaux de 3 cm. environ, peuvent être regardés comme
Ô A.-M. BIGET
suffisamment homogènes au moins en ce qui concerne leurs propriétés diffusantes.
D. — SraBILiTÉ Des GEcs. — Les gels d’acétate présentent, du moins à la température ordinaire, une stabilité remarquable et inespérée, stabilité qui devait être assurée pour que les expériences de diffusion par exemple soient possibles.
Variation relative du poids du Gel
Assymptote
temperalure 1] 20 60 100 STABILITÉ DU GEL a /a chaleur humide Fig. 6.
a) Résistance du gel à la chaleur. — La température du labora-
toire a varié de 100 à 300. J'ai toutefois cherché l'action de températures plus élevées en maintenant pendant un temps déterminé des morceaux de gel dans l'eau à des températures croissantes jusqu'à 100°. La courbe (fig. 6) donne les résultats obtenus avec un gel à 8 0/0 de matière sèche.
Pratiquement nulle à 25°, au bout d’une heure la perte en poids commence à être sensible (10 o/o) à 300; à 1000, la déshydratation est très avancée, le gel perdant 85 0/0 de son poids contient moins d’eau que d’acétate. Cette déshydratation au-dessus de 400 dépend
peu de la durée de chauffage. A 60° perte en poids de 37 0/0 au bout d'une heure et seulement 41,5 o/o après 6 heures. A 65° perte en poids de 38,7 o/o au bout de 3 heures et 39,4 o/0o au bout de 9 heures.
Il était naturel de penser que la chaleur ne faisait qu’accélérer un phénomène normal de synérèse; au contraire, il semble s'établir à chaque température un état d'équilibre difficile à comprendre puisque l'acétate de cellulose est à toute température insensible à l’action de l’eau et, puisque d'autre part, le gel, contracté à chaud, ne reprend pas son volume à froid comme il-devrait le faire en cas d'équilibre vrai. Ce curieux phénomène fait l’objet d’un travail en cours.
b) Résistance du gel aux solutions étendues. — Un morceau de gel à 3 o/o pesant 3,83 g. soumis successivement à l’action de solutions étendues Tarte 043) de bromure de potassium, de sulfate de cuivre, d'acide oxalique, avec un lavage complet chaque fois, pesait à la fin 3,81 g.
Le gel égoutté sur papier-filtre est pesé en flacon bouché mais on ne peut garantir que la quantité d'eau adhérente est toujours la même à 0,01 g. près.
Un autre morceau de gel à 4 0/0 pesant 6,20 g. pesait après passage dans 15 substances différentes voisines de la neutralité 6,17 g. en notant cependant que son poids avait varié au cours de l’expérience qui a duré 4 mois entre 6,31 et 6,17g.
On est donc en droit de dire que deux expériences successives sont parfaitement comparables mais cet'e invariabilité du poids ne se | conserve pas si la réaction de la solution diffère beaucoup de la neutralité d’où la nécessité d’étudier la résistance du gel pour des variations étendues du pH.
c) Résistance à la réaction acide ou alcaline. — Nous avions déjà signalé l’action hydrolysante des acides sur l’acétate de cellulose ; cette attaque, négligeable tant que la valeur du pH est supérieure à o, devient rapide aux pH supérieurs.
Le temps après lequel la perte de poids est 1 0/0 à la température
de 20° est :
A8 heures dans dans une solution N de HCI » » » 2N »
1/2 heure » » SIN)
la stabilité est moindre en pH alcalin (ne dépassant pas pH 10). En résumé, la zone d'utilisation du gel pendant un temps illimité
est : 0SPH£9 pendant 1/2 heure : 3<pH£ 10.
d) Résistance du gel à quelques produits organiques. — En exa-
minant l’action sur le gel de diverses substances organiques, j'ai
10 A.-M. BIGET
observé que le tannin et la résorcine avaient une influence particulièrement forte. Ne pouvant étendre indéfiniment l'étude des fonctions chimiques, je me suis bornée principalement à celles qui étaient connues comme actives vis-à-vis de l’acétate à l’état solide.
1) Acide lactique. — Il est pratiquement sans action à l’état dilué mais dans l’acide à 30 0/0, le gel perd 10 0/0 de son poids en 4 Jours et se dissout en 6 mois.
2) Acide monochloracétique. — Solution de densité 1,036, 11 0/0 de perte de poids en 2 jours. Le gel se contracte, devient friable et perd 1/3 de son poids par attaque chimique.
3) Alcool éthylique. — Diminution de volume de 30 o/o dans l'alcool pur.
4) Résorcine. — Solution de densité 1,036. Déshydratation très énergique, perte de 92 o/o en poids en 24 heures ; chiffre minimum car une partie de la résorcine est fixée.
5) Hydroquinone. — Solution de densité 1,013, action comparable à celle de la résorcine, mais moins brutale.
6) Pyrogallol. — Densité 1,026, perte en poids de 57 0/0 en 6 mois due à une action déshydratante paraissant aboutir à un équilibre avec fixation de quelques milligrammes de pyrogallol par tannage.
7) Phénol. — Action déshydratante (11 o/o en 4 jours, 39 o/o en 6 mois).
8) Hydrale de chloral. — Déshydratation lente se poursuivant au delà de 6 mois (perte 30 0/0).
9) Eugénol. — Plastifiant de l’acétate de cellulose, ce corps est insoluble dans l’eau. J'ai dù le faire agir en solution dans l’acétate d’amyle, dans un gel imprégné d’acétate d'amyle. Aucune action sensible.
10) Acélamide. — C'est aussi un plastifiant de l’acétate. En solution aqueuse de densité 1,010 elle a une action déshydratante très faible. Le gel devient dur sans fixer une quantité sensible d’acétamide.
Bien que peu nombreux, ces faits permettent une conclusion nette. On aurait pu penser que les solvants ou plastifiants de l’acétate de cellulose se fixeraient sur la substance solide du gel. Au contraire, la fixation a loujours été insignifiante (saut pour le tannin). C’est la déshydratation qui est la règle. Il semble que la meilleure interprétation de ce fait est la synérèse qui serait favorisée. On serait tenté de dire que les éléments du gel sont rendus plus mobiles par la présence du corps actif.