CHAPITRE IV
QUELLE EST L’ALLURE CLINIQUE DE CES HÉMORRAGIES ET PEUT-ON INDIVIDUALISER DES TYPES DIFFÉRENTS DE DIAGNOSTIC NET ?
L'examen des observations nous montre qu'on peut individualiser deux types d'hémorragies secondaires du Post-Partum :
a) Les hémorragies secondaires liées à une rétention placentaire reconnue ;
b) Les hémorragies secondaires sans rétention placen-
laire.
1° HÉMORRAGIES SECONDAIRES LIÉES A UNE RÉTENTION PLA- CENTAIRE RECONNUE :
Elles sont classiques et leur étude clinique a été fort bien mise au point dans la thèse de NOGUÈRES (Paris 1924).
Ce qui les caractérise c'est leur gravité de beaucoup plus grande que celle d'une autre nature.
a) Avant l'hémorragie :
On note toujours un mouvement fébrile avec ékévation plus ou moins importante du pouls.
Les signes locaux, eux aussi, existent toujours :
Soit que l’on ait affaire à des lochies fétiles,
Soit que l’on trouve un utérus gros, mou, douloureux en subinvolution,
Soit aussi que ces deux ordres de signes se trouvent réunis.
b) L'hémoragie est, en général, très abondante, mais non toujours, et on ne peut tabler sur cela pour affirmer qu'elle est due à une rétention.
L'horaire est également très variable et celles que nous avons observées se sont produites du 6° au 29° jour ; par conséquent, là encore on ne peut tirer aucun renseignement.
Quoiqu'il en soit, le plus souvent on assiste à une hémorragie de sang rouge mêlé de caillots, qui éclate brusquement au milieu de tous les signes habituels :
Pâleur,
Décoloration des muqueuses, Accélération du pouls,
Etat lipothymique.
Si l'hémorragie est très abondante, on peut assister à une véritable syncope avec signes d'anémie aiguë.
Mais le plus souvent on est maître de l’hémorragie avant que la scène n'en arrive à ce point.
La palpation vient confirmer ce que l’on avait constaté avant l’hémorragie.
Le toucher montre le vagin rempli de caillots avec un col utérin plus ou moins dilaté, quelquefois béant.
Il est rare qu'il n’admette au moins l'index.
Chaque fois que l'expulsion spontanée est amorcée, on peut sentir le cotylédon incriminé au niveau du col. Il es£ plus rare de le trouver engagé dans le canal cervical ou cervico-segmentaire.
Mais souvent aussi le doigt ne sent rien au niveau du col, bien que l’utérus continue à saigner ; ce n'est que par
EN
un toucher intra-utérin que l’on peut atteindre le débri placentaire adhérant à la paroi utérine.
c) Evolution.
Il est rare que l’hémorragie soit assez importante par elle-même pour entraîner la mort: nous en présentons cependant un cas.
En général, l’'hémorragie s'arrête, la malade se remonte et l’on a le temps de discuter de la conduite à tenir jusqu'à l'apparition d’une nouvelle hémorragie.
Quant à la gravité des suites d'hémorragie, aucun facteur certain ne nous permet de la faire présumer. Tout ce qu'on peut dire : c'est qu'une hémorragie grave va mettre l’accouchée en état de moindre résistance, de méme que des signes d'infection grave ayant précédé l’hémorragie seront en faveur d’une évolution ultérieure vers une Septicémie.