‹ Étude De Certains Métallo-Stérols Synioniques Et De Leur Valeur Dans Le Traitement Des Affections TuberculeusesChapitre 17 sur 27 · NET · texte numérisé non relu

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dans ces cas de début, il importe d’agir vite et fort et que la cadence journalière des vingt-quatre premières injections s’impose. En outre, la cure hygiéno-diététique, le repos, l’aération, et tout le cortège classique des soins conservent leur haute valeur; la chimiothérapie par les métallo-stérols sera un des éléments de réussite, mais ne prétend pas s’arroger le pouvoir de guérir, envers et contre des indications hygiéniques défavorables.

Pour les tuberculeux reconnus :

Ce que nous disions de la cure hygiéno-diététique reste valable au premier chef pour la collapsothérapie, qui est évidemment et jusqu’à nouvel ordre l’acte primordial du traitement de la tuberculose pulmonaire, dès que ses conditions d’instauration semblent remplies. Mais, celu, sans préjudice d’un traitement médicamenteux : nous avons pu ainsi administrer des métallo-stérols à des porteurs de pneumo-thorax thérapeutique récent, chez lesquels l’amélioration se faisait mal ou ne se faisait pas, et cela avec d'excellents résultats.

Quant aux porteurs de pneumo-thorax anciens, aux tuberculeux stabilisés, chez lesquels les phénomènes évolutifs paraissent suspendus, ils peuvent sans risque être soumis à une cure chimiothérapique.

Enfin, reste le très grand champ d’observation des tfuberculoses bilatérales. Là, l'indication de la médication chimique ne peut faire aucun doute, puisqu’en définitive c’est la seule possibilité de guérison. Nous faisons abstraction des guérisons spontanées dont le pourcentage reste à 5 p. 100, après les statistiques effectuées dans le service du Professeur Léon BERNARD, et portant sur plusieurs centaines de malades et sur plusieurs années.

Les observations que nous avons pu prendre ont porté surtout sur ce genre de cas nettement bilatéraux, souvent très avancés; nous considérons qu’actuellement, on se doit de tenter la cure par les métallo-stérols sur de tels malades; les incidents sont pratiquement nuls et les résultats, sur lesquels nous nous éten-

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drons, réellement encourageants. Ÿ a-t-il un moment favorable à l'institution de la première série d’injections ? Nous nous sommes posé cette question. Souvent la courbe thermique du tuberculeux pulmonaire revêt un caractère ondulatoire à grandes périodes, pour employer un langage emprunté à la physique, c’està-dire que la courbe qui passerait par les maxima du soir répond plus ou moins nettement à un type périodique, les distances entre sommets, ou acmé de la poussée évolutive fébrile, variant de quinze à trente jours. Quand on commence le traitement au moment où la poussée est à son acmé, on risque d'interpréter faussement, dans un sens favorable à la médication, ce qui n’est qu’une sorte de défervescence normale. Et si on débute au point le plus bas, on conclut à l’insuccès parce qu’on verra apparaître et évoluer la poussée fébrile (d’ailleurs généralement moins

grave) et l’on pourrait faussement conclure à l’inefficacité de la

thérapeutique.

Nous estimons donc que le choix d’une date pour l'institution du traitement, tiré de l’examen de Ia courbe thermique, ne présente pas grosse importance.

Cependant lorsqu'il s’agissait de première série, nous avons attendu la fin des hautes pyrexies pour faire l’injection initiale.

En résumé, on doit tenter un traitement par les métallo-stérols devant toute tuberculose pulmonaire, à quelque stade d'évolution qu’elle se présente.

Ce traitement chimiothérapique ne doit pas faire oublier la cure hygiéno-diététique d'une part, d'autre part et surtout la collapsothérapie dont il se fait alors l’utile adjuvant.

Enfin, lorsque pour une raison ou pour une autre, les procédés mécaniques n'ont pu être mis en œuvre, il faut essayer ce traitement. Si l'on n'obtient pas un heureux résultat à coup sûr, au moins a-t-on la satisfaction de ne pas abandonner le malade, et

d'aborder la lutte avec le maximum de possibilités pour le minimum de risques.

A0 = Indications dans les autres formes de tuberculose.

Nous avons employé également les métallo-stérols dans des tuberculoses non pleuro-pulmonaires, mais notre expérience personnelle fut limitée, considérant comme plus intéressant l’étude de ce complexe dans la tuberculose de l’appareil respiratoire.

Nous savons qu’un travail est actuellement en cours sur l’emploi des métallo-stérols en dermatologie, aussi ne citerons-nous qu’un cas d’érythème noueux d'évolution très favorable que nous avons constaté (Lariboisière).

Au point de vue de la tuberculose osseuse et des fistules tuberculeuses, nous avons nous-même obtenu d’excellents résultats (voir obs. 15); mais cette étude a surtout été poursuivie par M. PESCAROLO, interne dans le service de M. RicnarRp, à l'Hôpital maritime de Berck.

Cet auteur, dans un travail d'ensemble sur le traitement des tuberculoses ostéo-articulaires fistulisées, constate que le complexe qui nous occupe est indiqué dans tous les cas de fistules tuberculeuses, les résultats étant toujours très appréciables.

Voici comment M. PESCAROLO envisage le traitement, chirurgical et médical, des fistules ostéo-articulaires

« On peut schématiquement distinguer deux cas :

« Le premier où la tuberculose ostéo-articulaire n’est pas influencée dans son évolution par la fistulisation;

« Le deuxième où la fistulisation aggrave le pronostic de la tuberculose.

« Dans le premier cas, l’abcès s’est ouvert; il est apparu une fistule courte drainant parfaitement bien la lésion (souvent une ostéite). La fistule traitée aseptiquement n’entraîne aucune atteinte de l’état général.

« Elle pose cependant des questions thérapeutiques. Si l’intervention est décidée, la présence d’une fistule gêne la voie d’abord, et le fait qu’il s’agit de tuberculose ouverte peut faire discuter l’opportunité d’une fermeture complète ou incomplète de la plaie. Dans d’autres cas, on peut tenter d’enlever en bloc largement la

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lésion osseuse, l’abcès et le trajet fistuleux. Cette intervention n’est rationnelle et ne donne des résultats que si l’on enlève largement le foyer en passant en tissu sain.

« Souvent, malgré une parfaite guérison de la lésion ostéoarticulaire, il persiste une fistule tenace et qui continue à vivre pour son propre compte. Quelquefois, la persistance de la fistule est expliquée par la présence d’un séquestre bien isolé et dont l’ablation faite simplement guérira la fistule.

« Dans le deuxième cas, l'aspect de la maladie a été aggravé par la fistulisation. Les fistules sont, dans ces cas, longues, à trajets tortueux; elles drainent mal le foyer.

« Ou bien elles sont multiples et la suppuration est abondante, l’état général décline rapidement.

« La température oscille largement; l’amaigrissement, l’anémie, la pâleur signent l’intoxication.

« Plus ou moins rapidement apparaissent les symptômes de dégénérescence amyloïde, tels que : splénomégalie, hépatomégalie, albumine, urée sanguine dépassant le dosage normal, et si aucun traitement n’est appliqué, l'issue est fatale. (Il est cependant curieux de remarquer que la dégénérescence amyloïde ne présente pas chez l’enfant le caractère fatal qu’elle prend chez l’adulte et que, bien traités, les signes graves tels qu’urémie, splénomégalie peuvent régresser.)

« Devant une atteinte grave de l’état général au cours d’une tuberculose ostéo-articulaire, il faut préciser si cette aggravation provient d’une surinfection produite par l'intermédiaire des fistules ou bien tient à l’allure aiguë de la tuberculose qui brûle les étapes. S'il s’agit d’une infection secondaire, l’état général est profondément atteint et le seul traitement de mise est l'intervention chirurgicale.

« Les formes graves de la tuberculose ostéo-articulaire fistulisée se voient souvent au cours des coxalgies où l’atteinte de l’état général est telle qu’elle commande une résection de hanche presque d’urgence.

« Au cours de Pott. — Citons dans ce cadre les fistules apharyngiennes à la suite d’abcès rétropharyngien de Pott sous-occipital.

« Au niveau des tuberculoses ostéo-articulaires du cou-de-pied, avec un aspect si grave que l’on est forcé de recourir à P’amputation.

« Le traitement de ces tuberculoses ostéo-articulaires fistulisées est donc commandé par l’évolution, l’état général, — par l’abondance de la suppuration et l’allure même de la tuberculose, — l’aspect de la fistule.

« En dehors des différentes indications opératoires que chaque cas peut poser, il existe de nombreux cas où seul le traitement médical est de mise. Dans tous les cas, du reste, le traitement médical doit être l’adjuvant de l’acte opératoire.

«De nombreux médicaments ont été tour à tour proposés, adoptés et critiqués afin, soit d’enrayer la gravité de l’évolution générale, soit de tarir la suppuration et de modifier l’aspect local. Outre les multiples reconstituants en usage de tous temps, on a tenté :

« Soit des médications spécifiques biologiques (bactériothérapie, toxinothérapie, opothérapie);

« Soit des médications chimiothérapiques. Parmi les premières, nous citerons l’antigène méthylique dont les résultats ont été très inconstants; parmi les secondes, on a publié quelques améliorations grâce au cinnamate de benzyle.

« La multiplicité des traitements employés prouve leur inefficacité. A côté d’eux, vient de s’imposer un nouveau médicament dont l’emploi nous a donné d’excellents résultats.

« Il s’agit d’une préparation qui « réunit dans sa formule des « ions activés de cuivre, molybdène et cérium, fixés sur des « stérols spéciaux » ; ce produit s'emploie en injections intramusculaires de 5 cc. à faire tous les jours pendant vingt jours (deux à quatre séries).

« Nous avons eu l’occasion d’appliquer ce traitement avec l’autorisation de notre maître RICHARD, à l'Hôpital Maritime de Berck-Plage.

« Il est à rémarquer qu’il n’entraîne aucune réaction ni locale ni générale. »

Suivent plusieurs observations que nous rapportons au cha-

pitre des résultats.

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