TER RATS
point et le métabolisme soufré semble peu propice à l'emploi de caractère différentiel dans la classification.
Les besoins en Vitamines, à ce sujet, ont été étudiés tout récemment par BURKHOLDER (10) qui a constaté une différence marquée entre les diverses espèces. SCHULTZ et ATKIN (11) ont également essayé d'utiliser ces propriétés pour différencier les espèces levuriennes. Nous croyons cependant que l’emploi de facteurs de croissance pour la classification constitue une recherche trop délicate pour pouvoir être appliquée à la systématique.
La production de pigments carotinoïdes a rendu des services en permettant l'établissement de la sous-famille des Rhodotoruloïdées.
Pour la différenciation des genres on a eu également recours à la possibilité d’une certaine catégorie de Levures d’engendrer des substances amylacées. La production d’ Acides à partir du Glucose constitue un caractère différentiel du genre Brettanomyces. Dans quelques cas exceptionnels, il est important de contrôler la dégradation de l’Arbutine et de l'Esculine ; il en est de même pour la recherche du pouvoir lipolytique, des modifications du Lait tournesolé et de la formation d’Esters, en particulier de l Acétate d’éthyle.
Une réaction qui est couramment employée en Bactériologie pour identifier une espèce, consiste à rechercher le pouvoir gélatinolytique. En étudiant la littérature du métabolisme levurien, on constate cependant que la liquéfaction de la gélatine a une importance beaucoup moindre chez les Levures que chez les Bactéries. Si cette liquéfaction s’effectue, elle est d'habitude très lente et très peu différente d’une espèce à l’autre.
Quant aux méthodes expérimentales à employer pour ces recherches, nous renvoyons au Chapitre IV de nos Travaux personnels.
Classification des germes levuriformes:
Nous n'avons pas l'intention de revenir ici sur les anciennes classifications établies par GUILLIERMOND, BRUMPT, LANGERON et GUERRA, HANSEN, MAniL, etc, pour adopter celle de LODDER et KREGER- Van Riy (12) qui est la plus récente et qui tient compte des caractères différentiels que nous venons d’énumérer ci-dessus. Ces auteurs distinguent trois familles :
Sporobolomycétacées — Endomycétacées — Cryptococcacées.
La première comprend les Champignons pouvant morphologiquement évoluer en éléments levuriens, se multipliant par un appareil sporiphère spécial à stérigmates et ballistospores, qui les rattache philogénétiquement aux Basidiomycètes. Ces organismes sont peu importants au point de vue Industrie et Médecine humaine. Les auteurs hollandais rangent dans cette famille 4 genres : Sporobolomyces, Bullera, Tilletiopsis, Itersonilia. Ces deux derniers genres ne se présentent jamais sous forme levurienne. Les auteurs hollandais donnent la définition suivante de cette
famille :
ne 14e
«Mycélium, Pseudo-mycélium et cellules bourgeonnantes. Multiplication végétative, soit par division cellulaire, soit par bourgeonnement. Certaines cellules végétatives forment des stérigmates qui peuvent être simples ou ramifiés. Formation de spores lisses et hyalines, insérées obliquement sur les stérigmates. Au moment de la maturité, ces spores sont projetées, par un mécanisme d’excrétion, d’où le nom de ballistospores. Assimilation strictement oxydative.»
Les Endomycétacées se rangent dans les Ascomycètes et dans la sousclasse des Protascales. Elles forment le passage entre les Eu-ascomycètes par leur rattachement aux Plectascales d’un côté et les Zygomycètes par la famille intermédiaire des Dipodascacées de l’autre côté. Cette famille a été divisée en 5 sous-familles: Eremascoïdées, Endomycétoïdées, Saccharomycétoïdées, Nématosporoïdées et Lipomycétoïdées. Parmi celles-ci ce sont les Saccharomycétoïdées et les Lipomycétoïdées qui ont le plus d'intérêt, puisque ce sont des espèces rentrant dans ces deux sousfamilles qui ont une utilité particulière pour l’industrie. Les Endomycétacées se différencient principalement des Cryptococcacées par l’existence d’une reproduction sexuée qui peut s’effectuer selon le mode isogamique ou hétérogamique, ou par parténogenèse avec formation d’asques et d’ascospores. LoDDER et KREGER-Van Rij donnent la définition suivante de cette famille:
« Mycélium, pseudo-mycélium, ascospores et cellules bourgeonnantes, isolées ou en chaînettes; multiplication végétative par division ou par bourgeonnement. Les asques peuvent se former par conjugaison isogamique ou hétérogamique. La reproduction sexuée peut également s’effectuer à partir des cellules végétatives par voie parténogénétique. Les ascospores sont d’aspect et de forme divers (sphériques, en demisphère, anguleuses, en croissant ou en fuseau, lisses, verruqueuses ou munies d’un disque équatorial). Le métabolisme peut être oxydatif ou fermentatif. »
Les Cryptococcacées par contre sont des organismes levuriens, ne présentant jamais de phénomènes sexués. Il s’agit de Levures asporogènes qui provisoirement doivent être rangées dans la Classe des Fungi imperfecti ou Deuteromycètes. Dans cette Classe, ils forment l’ordre des Cryptococcales. Les auteurs hollandais donnent la définition suivante pour cette famille:
«Cellules bourgeonnantes toujours présentes, la formation de mycélium, de pseudo-mycélium et d’arthrospores est possible. Multiplication par bourgeonnement; exceptionnellement multiplication par cloisonnement. Ces cellules sont hyalines, jamais opaques ou brunâtres. Production de pigment carotinoïde possible; métabolisme soit strictement oxydatif, soit à la fois oxydatif et fermentatif. »
Nous jugeons inutile de donner ici une description détaillée des différents genres formant ces familles; nous résumons la systématique dans le tableau synoptique suffisamment explicite ci-joint.
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Classification des organismes levuriens
Endomycetaceae (Levures ascosporogenes)
Sous-famille
Eremascoïdeae
Genre
Eremascus
Endomycetoideae
Endomyces Schizosaccharomyces
| | Saccharomycetoïdeae
: Nematosporoï- | deae
Endomycopseae
Endomycopsis
Saccharomyceteae
Saccharomyces Pichia Hansenula Schwanniomyces Debaryomyces
Saccharomycodes
| Hanseniaspora
Nadsonia
Monosporella Nematospora Coccidiascus
| | Lipomycetoïdeae|
Lipomyces
Sporobolomycetaceae
Cryptococcaceae
(Levures asporogenes) |
Sporobolomyces Bullera Tilletiopsis Itersonilia
Cryptococcoi- | deae
Cryptococceae
Cryptococcus Torulopsis Pityrosporum
Candideae
| Trichosporoideae |
Rhodotoruloi- | deae
Brettanomyces Candida Kloeckera
Trigonopsis
| Trichosporon
| Rhodotorula