ESSAIS THÉRAPEUTIQUES DANS LES INFECTIONS INTESTINALES
L'élimination presque exclusivement intestinale du thorium sous quelque forme de sel que ce soit, et les résultats thérapeutiques dûment constatés antérieurement nous incitèrent à pousser plus loin l'étude de ce métal dans les infections intestinales de toutes origines. L’inocuité complète de ces sels nous permettant de les administrer aussi bien à des nourrissons, des enfants ou des adultes, nous avions devantnous un vaste champ d’expérimentation clinique et nous allions pouvoir ainsi compléter cette étude, amorcée déjà par Frouin et ses collaborateurs, continuée par nous-même et Fenestre en 1917. Nous rappellerons brièvement les résultats obtenus antérieurement avant de passer à l’énumération brève des nombreuses observations que nous avons pu recueillir dans les services de MM. les professeurs Marfan et Carnot.
La première action thérapeutique des sels de thorium a été démontrée par Frouin et Roudsky en 1914 dans une belle expérience faite sur 4 singes (genre Cynomolgus) auxquels ont fait ingérer des cultures de choléra; deux de ces singes absorbent (l'un six heures, l’autre douze heures après) 4o centimètres cubes d'une solution de thorium à 2 0/0. Les témoins n'ayant pas absorbé de thorium meurent, les deux autres survivent. L'action antiseptique, antitoxique, antibactérienne des sels de thorium in pipo était démontrée. Trois ans plus tard, en collaboration avec Fenestre, nous avons étudié l’action du sulfate de thorium dans 30 cas de thyphoïde ou de parathyphoïde avec hémoculture positive et symptômes intestinaux diarrhéiques accusés. On a toujours constaté, dès la prise du thorium, un amendement de ces symptômes et une baisse de température en lysis plus rapide que la baisse classique. En général, partie de 39, la température atteignait 37 en trois à huit jours après la prise de thorium qui commençaitau cours du premier ou dès
Lars + TRES
le début du second septenaire. De bons résultats avaient été aussi obtenus dans plusieurs cas d'entérite aiguë à allure dysentérique et avec forte température.
Nous résolûmes d'étendre notre étude clinique à des cas divers, à étiologie variée, et, comme on le verra dans les observations qui suivent, nous nous sommés attaqués à deux types de diarrhées particulièrement profuses et tenaces : la diarrhée des cirrhotiques et la diarrhée des tuberculeux. Nous avons étudié avec soin, par examen direct, et par culture les flores microbiennes dans ces cas de diarrhée.
Comme on l’a vu dans le chapitre précédent, où nous avons
traité plus particulièrement le point de vue bactériologique, nous ne sommes pas arrivés à tirer une conclusion nette de l’action du thorium sur ces flores in vivo, tout au moins au point de vue des modifications de forme ou de l’activité culturale sur milieu artificiel, mais ce qui est certain c’est que l’élaboration des toxines microbiennes intestinales paraît être enrayée et que l’on constate cliniquement des améliorations nettes dans tous les états diarrhéiques paraissant dus à des infections microbiennes.