‹ Étude de l'hommeChapitre 110 sur 235 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

trouver. » Cela est vrai; niais on s’éloigne plus ou moins de ce point. Une chose est, par essence, bonne ou mauvaise, comme une ligne est droite ou courbe : or une ligue n’a pas deux manières d’être droite; mais elle peut être plus ou moins courbe. Qu’on 11e confonde pas un léger écart avec une faute grave : ce serait une injustice; et qu’on ne prétende pas que le mieux 11’cst jamais le bien : ce serait une absurdité. Toutefois, si celte maxime est fausse dans le sens absolu, elle est juste dans des cas très-faciles à déterminer. Ainsi l’expérience l’admet comme un tempérament à la rigueur des principes, quand il s’agit de combattre l’erreur ou la faiblesse, et de les ramener au devoir. Alors une trop grande exigence aurait des dangers, et le désir du mieux rendrait le bien impossible. L’homme effrayé de l’intervalle immense qui le séparerait de la perfection, reculerait vers le mal. Encourageons, au contraire, ses efforts pour se rapprocher du bien, et 11e lui offrons la perfection que connue un but vers lequel il est toujours utile d’avancer, même sans espoir d’y parvenir. La bonne volonté mérite déjà des éloge?; car elle est un progrès et une promesse. Voilà le sens vrai de cette maxime. Il faut doue y voir, non un prétexte d’indulgence pour soi, mais un précepte de tolérance pour les autres.

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