CHAPITRE X
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NÉCESSITÉ DU MARIAGE', RAPPORTS Qc’ll. EXIGE; P.OSIIEUP. QlfON pkUT EN ESPÉRER.
Animaux et végétaux, tous les êtres qui doivent mourir peuvent se reproduire. C’est la loi de la nature; et cette loi s'accomplit par un même moyen, l'union des sexes. L’air est le mystérieux agent des rapports des plantes ; l’amour est l’attrait qui rapproche les animaux. L’union des plantes féconde la graine cpie la terre doit faire germer et grandir; l’union des animaux conserve leurs espèces. Mais la terre nourrit la graine qui tombe; et les animaux, presque à leur naissance, peuvent se passer de
• Ce chapitre et les deux qui le suivent (de la Famille et de l’Éducation sociale ) commencent par une comparaison entre l’homme et la brute. J’aurais évité cette uniformité, si les rapprochements qui en résultent ne m’avaient |>arii mériter quelque intérêt.
DK L’HOMME SOCIAL.
secours. L’enfant seul a longtemps besoin des auteurs de ses jours, pour trouver sa nourriture, des vêlements, mi abri; pour être préservé des dangers qui l’entourent, des maladies qui assiègent ses premières années ; pour recevoir les secours nécessaires au développement de toutes ses facultés. L’union de l’homme et de la femme, considérée même aux seuls points de vue de la conservation et de l'éducation morale des enfants, ne peut donc être un état passager; et 'le mariage n’est que la consécration sociale ou religieuse de la loi naturelle.
Dès que la puberté fait bouillonner notre sang, un vague pressentiment d’amour s’empare de notre âme ; et nous cherchons l’objet qui doit en réaliser les douces espérances. Notre premier amour ne nous fait concevoir que des tendresses éternelles, des liens indissolubles ; et cette inspiration de la nature nous en révèle la véritable loi.
Le mariage doit être une union sympathique des âmes, une union formée pour le bonheur des deux époux et des enfants qui pourront naître d’eux. Les rapports physiques, intellectuels et moraux sont donc les conditions essentielles que l’on devrait d’abord chercher ; et cependant combien elles sont négligées dans la plupart des mariages! Aussi quels en sont les tristes fruits? Des luttes continuelles, au lieu d’une paisible intimité; des désordres, des scandales, au lieu d’une vie morale et régulière; la misère, au lieu de l’aisance; l’abaissement, au lieu de la dignité des familles.
On a tort d’établir le rapport des âges uniquement sur le nombre des années. Ce rapport résulte, non-seulement des années que chacun a parcourues, mais de celles qu’il semble avoir à parcourir encore. On peut être jeune à quarante ans, cl déjà vieux à vingt-cinq. La jeunesse véritable est dans la santé et la vigueur du corps, dans l’énergie du caractère, dans l’activité et la fermeté de l'esprit, enfin dans la bonne humeur. Celui qui ne possède pas ces dons heureux de la nature a beau n’avoir pas longtemps vécu, il est vieux.
La raison veut qu’en mariage ou songe beaucoup moins au présent qu’à l’avenir ; et l’on fait quelquefois tout le contraire.