‹ Étude de l'hommeChapitre 55 sur 235 · EFFETS DE L'ENNUI SÜR U FEMME · texte numérisé non relu

EFFETS DE L'ENNUI SÜR U FEMME

L’ennui est, [tour l'homme, le vide du cœur eide l’esprit, engourdissement de l’àme et des sens, et l’impuissance de trouver, dans la vie, un intérêt ou un plaisir. Pour la femme, c’est le dégoût d’une existence qui ne répond ni à ses sentiments ni à ses espérances, et hors de laquelle toute situation ni semble propre à donner le bonheur ; c’est l'anxiété d’une âme jetée hors de sa route; c’est souvent une fièvre allumée par la soif et par la privation des plaisirs ; c’est enfin l’accablement qui suit les accès de ce mal.

L’ennui n’est ordinairement causé, dans l’homme, que par l’absence, et, dans là femme, que par l’excès de l’imagination.

L'honuné lie sait pas imaginer, et la femme ne peut pas obtenir les jouissances qui leur manquent.

Une femme, soutenue par une loi éclairée, est inaccessible à l’ennui. La femme qui s’ennuie ne peut donc avoir que de vagues croyances, et sera facilement entraînée par un continuel besoin d’émotions. Elle acceptera la douleur à défaut de plaisirs, ou tournera vers la dévotion des sentiments qu’elle aura vainement offerts à l'amour. L’occasion pourra en faire une courtisane ou une sœur de charité.

La femme la plus indulgente ne saurait se défendre d’un secret mépris pour le mari qui l’ennuie; et, si celui-ci est incapable de se relever de cette déchéance par d'utiles ou de nobles actions, il le pourra par ses souffrances physiques ou morales, quelquefois même par un acte de brutalité. Une femme qui verse des larmes de pitié ou décolère ne méprise plus celui qui les provoque. Elle peut détester l’homme qui la maltraite, redouter sa violence, avoir horreur de son caractère; mais elle ne peut conserver avec lui le calme et la supériorité du mépris; et, pour quelque temps, au moins, l’agitation de son âme la préserve de l’ennui.

SECTION VIIJ

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