INTRODUCTION
Le Rat blanc, qui à reçu une injection de sang parasité par Plasmodium berghei, présente une maladie aiguë, qui consiste essentiellement en une infection sanguine importante ayant une évolution brève ; elle se termine par la mort dans la moitié des cas ou par une guérison rapide. Les premiers travaux qui ont suivi la découverte de cet hématozoaire par Vincke et Lips en 1948 chez des Rongeurs sauvages du Congo belge, ont montré aussi que le Rat spontanément guéri est devenu résistant aux réinoculations bien qu'il présente une infection latente ; cette infection latente est susceptible de réveil par splénectomie.
On retrouvait là des caractères communs aux divers paludismes humains, simiens, aviaires.
L'étude expérimentale de cette maladie du Rat est facile : elle ne nécessite pas un trop grand équipement et peut être poursuivie sur un grand nombre d'animaux. Ce qui nous à incité à rechercher, grâce à elle, la solution de problèmes de pathologie générale ou d’immunologie que pose le paludisme humain et qui ne peuvent être toujours abordés aisément chez les Singes (d’expérimentation plus difficile), ni chez les Oiseaux (différents des Mammifères à plus d'un point de vue).
Nous avons ainsi pu préciser les caractères de cette immunité ; il à fallu pour cela mettre au point des techniques précises pour mesurer cette résistance acquise et en analyser les facteurs. Nous avons étudié longuement le rôle de la rate, avons recherché l'explication de la plus ou moins grande réceptivité des animaux et essayé d'en analyser le mécanisme.
Et ainsi nous avons retrouvé chez le Rat tel caractère, tel phénomène immunitaire déjà observé dans le paludisme, soit des singes, soit d'oiseaux, soit de l'Homme. Et nous avons été amenés à aborder la plupart des problèmes d'immunologie générale que posent les infections palustres.
Bien qu'il ne s'agisse que de paludisme expérimental, c'est-àdire produit par injection de trophozoïtes, et non pas de l'infection naturelle par sporozoïtes, — done se rapprochant du paludisme humain d’inoculation et différant, par l’absence de formes exo-
SA
érythrocytaires, du paludisme naturel transmis par le moustique, — les expériences sont riches d'enseignements, apportent déjà quelques conclusions intéressantes et incitent à poursuivre ces études.