‹ Étude de l'influence de la dépression atmosphérique expérimentale et du vol en avion sur l'activité rénale (volume 2)Chapitre 24 sur 35 · III. — ELIMINATION DE LA PHENOLSULFONE-PHTALEINE · texte numérisé non relu

III. — ELIMINATION DE LA PHENOLSULFONE-PHTALEINE

Ces recherches furent pratiquées d’abord sur le chien au laboratoire, puis sur nous-même en avion.

Elimination de la phénolsulfone-phtaléine en dépression. expérimentale

La P.S.P. utilisée par L. G. Rowntree et J. T. Geraghty dès 1910 et caractérisée par sa haute puissance colorante d’où dosage plus précis, devait nous fournir des résultats plus nets et plus exacts sur l’activité propre du rein, le facteur extra-rénal ne jouant que pour une part assez faible dans son élimination.

Que comporte ce facteur extrarénal?

C’est d’abord un facteur circulatoire. Tout fléchissement de la pression sanguine et partant toute stase font baisser le taux d’élimination de la P.S.P.; c’est ainsi que chez une grande asystolique R. Levy et

LUAQNAE

M. Negro trouvèrent une élimination de P.S.P. presque nulle alors que le taux d’urée était à O gr. 20 dans le sang et que la recherche de la constante

d’Ambard donnait 0,105.

Ensuite il y a un facteur hépatique; la proportion de P.S.P. retrouvée dans les urines diminue sous l'influence des altérations pathologiques du foie.

C’est enfin un facteur du métabolisme général: il est en effet démontré que l’état fébrile en perturbant l’activité des échanges organiques fait diminuer le taux d'élimination de P.S.P.

Examinons donc dans quelle mesure le facteur extra-rénal pouvait entrer en ligne dans nos expé-

riences.

Il s'agissait de sujets jeunes, en bonne santé, non fébriles, dont ni l'appareil cardio-vasculaire, ni le foie, ni le système urinaire n’étaient pathologiques : au-sol l’épreuve était valable, mais en altitude comment se comportaient ces organes ?

Il paraît démontré que les résistances vasculaires périphériques sont augmentées surtout lors de dénivellations barométriques rapides. Sous l’influence de brusques variations de pression, il se produit des spasmes vasn-moteurs tandis que les réactions labyrinthiques provoquent des vaso-dilatations locales.

Par ailleurs la pression de l’air diminue, la proportion d’oxygène correspondant toujours à 21 %; mais la tension partielle d'oxygène demeurant égale au cinquième de la pression varie en altitude, et l’on a:

Pression

; atmosphérique

Altitude totale Tension partielle d’'Oxygène

Au sol... 760 mm.Hg 159 mm. Hg, soit 21 % d’atmosph. A2 1.000m 674 21/4 MAD Re Se 187 > A 5.000m. 405 » SR SC eo» TIIE 0

Ce fléchissement de tension de l'oxygène provoque, pour satisfaire l’hématose, une circulation générale et pulmonaire plus active à la fois par vasodilatation pulmonaire et accélération cardiaque.

C’est en effet ce que l’on observe au cours du vol. Pendant la montée le rythme cardiaque s’accélère progressivement; en palier l’accélération tend à diminuer mais le pouls, plus ample, mieux frappé, ne revient pas à son rythme normal. En descente le cœur se ralentit progressivement, mais il est facile de noter à l’atterrissage une accélération résiduelle plus ou moins accentuée, fonction de la rapidité de la descente et persistant un temps variable suivant

les sujets.

: Du côté de la tension artérielle on observe en général comme l’a montré M. J. Beyne, une augmen-

PR CENN e

tation de la pression moyenne dynamique (Pe) et surtout de la maxima (Wx) qui traduit la réaction du cœur. En palier elles tendent à reprendre leur valeur primitive. En descente lente la différence Mx APE

diminue surtout par augmentation de la pression

moyenne; en descente rapide la chute de Mx — Fe est plus forte la maxima tombant én même temps.

Donc en palier comme en montée, la tension artérielle augmentant par ses deux chiffres, il ne pouvait y avoir stase et au contraire il devait ÿ avoir amélioration au point de vue élimination de l’eau

par le rein.

Peut-être sous l’influence de la descente brusque à laquelle nous soumettiéns nos animaux nous trouvions-nous en présence d’une légère défaillance éar-

diaque, surtout nette par la diminution de la diffé

rence Mx — Pe, Mais celle-ci si tant est qu’elle eût été susceptible de représenter une cause de stase circulatoire survenait à la fin de l’expérience à un moment où la quantité de P.S.P. éliminée était si faible qu'il n’y avait pas lieu d’envisager une erreur de ce fait.

Quant au foie, jusqu’à quel point son activité est:

elle diminuée. À notre connaissance rien de précis n'a paru sur cette question; mais en tout cas il est certain que vue la faible influence de cet organe sur

l'élimination de la P.S.P., influence seulement per-

SE

ceptibles dans les cas de grosses altérations patholo- giques, une légère diminution fonctionnelle n’aurait

pas eu une action sensible sur nos investigations.

Technique de nos expériences. —— Sur le chien à

jeun depuis la veille au soir nous pratiquions vers 2 heures de l’après-midi, le plus souvent, après une

miction spontanée de l’animal, une injection de 1 cc: d’une solution de P.S.P. Bruneau à 6 0400, dans la

masse musculaire sacro-lombaire.

Au début nous ne disposions que d’une seringue

de 2 cc. tarée puis repérée grâce à deux traits, l’un sur le piston, Pautre sur le corps de seringue. Mais

vue la faible quantité de liquide et la puissance de

coloration de la P.S.P., les erreurs personnelles pre-

naïent de l’importance; aussi avons-nous utilisé ulté- Æ L

rieurement la seringue à tuberculine de 1 ec., à pis-

ton plein, graduée en vingtièmes de ec. et que nous

avions par précaution repérée comme la précédente.

Les urines éliminées pendant les 85° qui suivaient l'injection étaient recueillies par sondage au moyen d’une sonde filiforme en gomme N° 4. Vu le faible calibre de cet instrument, l’évacuation de la vessie

nécessitait un minimum de 15’.

Pour les premières recherches nous nous sommes bornés à cette technique, mais rapidement nous

nous sommes aperçus qu'une quantité résiduelle

RSAPE €) MEME

d'urine restait dans la vessie; aussi avons-nous pra-

tiqué l’expression vésicale à travers la paroi abdo-

minale et terminions-nous le sondage par un lavage de vessie avec une quantité connue (20 cc. ‘en géné

ral) d’eau stérilisée.

Dosage. — Les urines étaient alcalinisées par un excès dé 2 ec. de lessive de soude et étendues jus- Et

qu’à 1 litre.

Le dosage était effectué avec le Chromoscope né-

phrométrique de C. Lian et G. Siguret dans lequel le

taux de P. S. P. est obtenu par comparaison de la.

teinte des urines diluées et placées dans un tube ad-hoc, avec une série de tubes colorés et étalonnés

de 5 en 5 %. Cet intervalle était suffisant pour nos

expériences, les différences étant en général supé- . \ . 5 rieures à ce chiffre.

D’ailleurs, pour plus de précision, affections-nous du signe + ou — la teinte, suivant qu’elle différait par excès ou défaut du tube étalon le plus voisin de la couleur de l’urine à doser.

si \

PP

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