TECHNIQUE DE MESURE EMPLOYÉE
L'image des germes colorés en violet par la méthode de Gram est projetée à la chambre claire de Zeiss sur une feuille de papier blanc disposée à hauteur convenable. Il nous est alors facile de marquer chaque extrêmité des plastides projetées, d’un trait de crayon très fin. La distance (2) entre deux traits est alors mesurée à l’aide d’une bande de papier résistant sur laquelle dix traits de longueur décroissante, placés à intervalles égaux, indiquent les longueurs de 10 à 1 micron. Chaque trait mesurant 10, 9, 8, 7, 1 micron, a été lui-même exactement mesuré à l’aide d’un micromètre objectif projeté à la chambre claire avec le même jeu de lentilles que celui employé pour les plastides.
100 plastides ont été mesurées pour chaque dimension et chaque type.
(1) Par le procédé de LASsEuR et de ses Collaborateurs (1931). (2) On aurait pu également utiliser le dispositif employé par LaAssEUR et ses Collaborateurs c’est-à-dire la machine à diviser, l'appareil à projection, etc.
En A tie
TABLEAU I
RÉSULTATS OBTENUS
Nombre de plastides mesurant cette longueur
Longueurs mesurées B. lactis niger GoRINI — : type Ra type Rb type S L — 2 8 AS e = 1 12 6 5 12 3 7 8 10 1,4 3 6 3 1,5 9 17 23 1,6 16 3 6 LÉ 5 9 6 1,8 4 <h 7 1 l 7 2 2 9 13 12 2,1 1 1 — 22 14 10 3 24 7 5 4 2,4 — 1 — 2) — 1 3 2,6 3 — — 24 9 3 — 2,8 3 2 — 2,9 1 Le Le 3 er en — +4 — — Fe 3,2 - — — 3,9 2 == Sa
En examinant la courbe intégrale des fréquences de ces longueurs (1), nous constatons que les longueurs peuvent se placer dans l’ordre décroissant suivant: S, Rb, Ra. Tout Bactériologiste serait tenté d’essayer une classification, et cela d'autant plus qu'avec d’autres germes, tels que Bacillus chlororaphis et Bacillus aurantiacus tingitanus, LASSEUR et ses Col-
(1) Le germe que j’étudie peut être ramené en première approximation à un cylindre. Mais en réalité, le plus souvent, nous n'avons pas l'image stéréoscopique en microbiologie et c’est plutôt la projection du cylindre, c’est-à-dire un rectangle, que nous mesurons,
Courbe integrale des late des lonqueurs de Oacilus lactis niger Qorinil(iypes Re RberS) obtenu: sur : @elose Rhone, VA Pit 14 beures d'eétuve a 3): C
RE) ai
laborateurs, A. Duparx-Lasseur et C. MARION, ont pu constituer deux groupes, le premier constitué par Rb et S, le second par Ra. Et, chose curieuse, le type Rb se rapprochait plus de S que de Ra.
Si nous considérons les courbes de fréquence ci-dessus à la dimension moyenne 50 (qui correspond à 50 plastides dans chaque sens), nous voyons le type S se détacher nettement de Ra et de Rb. Nous retrouverons donc là sous une autre forme un fait signalé par Ph. LASsEuUR et ses Collaborateurs.
Envisageons maintenant les courbes de fréquence obtenues avec les largeurs mesurées.
TABLEAUX
RÉSULTATS OBTENUS
Nombre de plastides mesurant cette largeur
Largeurs mesurées B. lactis niger GOoRINI — type Ra - type Rb type S 0,5 5 — 1 0,6 S 2 12 0,7 30 14 19 0,8 15 ENS 2 25 0,9 19 29 17 1 22 33 26 1,1 — SR PAS F2 = 2 de
A priori, les largeurs doivent présenter des variations beaucoup plus faibles, car nous avons affaire à une grandeur évidemment inférieure à la longueur, et, d'autre part, les causes d’erreur dans la mesure sont bien plus considérables que celles auxquelles on se heurte dans la détermination des longueurs. Sous ces réserves, nous constatons que le type Rb à la dimension moyenne 50 se différencie nettement des types Ra et S qui, eux, semblent identiques. |
Il est un fait d'observation banale que les microorganismes s’allongent jusqu'à une certaine taille, puis se divisent par cloisonnement. Cette « taille critique » a été particulièrement bien mise en évidence par BRrACHET (1917). Pour le célèbre savant belge, la taille normale est un etat d'équilibre qui ne peut être dépassé sans entraïner inévitablement la
Fig. 2
ee
ERP NRe
“division (A. Dupaix, 1933). La taille normale n’est valable que pour un système considéré, dans un milieu de culture défini, à une température définie, et dans un temps défini.
1Ë Le rapport Fr — k correspondant à un « état d'équilibre » n'est
valable que pour des conditions déterminées et si on fait varier les facteurs d’açtion dans des conditions compatibles avec la vie des Bactéries. PALGEN (1925) a observé des variations très importantes. Il signale une expérience très démonstrative, celle de l'influence de SO‘M£, 7 H?0O sur la morphologie de Bacillus mesentericus et de Bacillus subtilis, lorsque le milieu renferme des quantités variables de SO“M£g, ainsi qu'il ressort du tableau ci-dessous, où figurent quelques valeurs' obtenues par PALGEN.
Es Rapport de B. subtilis Concentration en SO‘Mg % l B. meseniericus (LAssEUR-THIRY) (FRÆNCKEL) 0 7,1 6,23 5 3,93 3,66
De même, RoLiIN, en 1929, a étudié avec beaucoup de précision les dimensions des germes sous l'influence du milieu et d’un certain nombre de colorants.
TABLEAU