REMARQUES DIVERSES
Nous avions en vue, lorsque nous avons entrepris celle thèse, plusieurs expériences nouvelles concernant quelques particularités de l’histoire de la glycérine. Nous voulions, entre autres, préparer quelques glycérolés nouveaux, et reèhercher ce que la glycérine devient dans l’organisme après avoir été absorbée. Malheureusement, le temps et les circonstances nous ont pressé plus que nous ne l’aurions désiré, et au lieu d’une thèse à quelque égard originale, nous ne fournissons guère qu’un résumé encore imparfait de ce qui a été produit avant nous.
Néanmoins, nous ne voulons pas terminer ce travail sans donner ici, à la façon d’aperçus un peu vagues nous le savons, mais non pas sans intérêt, quelques remarques théoriques inédites.
Pour ce qui est des glycérolés nouveaux, on n’a point encore tenté, que nous sachions, d’administrer le bismuth sous celte forme. Le sous-nitrate de bismuth n’agit qu’à la condition d’ôtre appliqué bien exactement sur les parties irritées. C’est un topique interne qui exige un grand état de division et beaucoup de mollesse.
Nous pensons qu’un épais glycérolé de sous-nitrate de bismuth rendrait des services dans le traitement des gastralgies, de certaines dyspepsies et de certaines diarrhées.
On pourrait également faire servir la glycérine à la fabrication d’une teinture glycérique d’arnica obtenue par infusion directe dans la glycérine. La teinture ^d’arnica employée pour des propriétés vulnéraires contient (Jfâlcool dont l’action est antagoniste de celle du végétal. La glycérine, ce semble, ne présenterait point le même inconvénient.
Coiiinient faul-il se représenter l’action de la ^dycérinc sur les matières organiques? Est-elle comparable à celle du sublimé corrosif qui forme avec ces dernières une combinaison imputrescible ou à celle des acides qui, en métamorphosant ces matières organiques, les rendent impropres à la putréfaction ? Nous ne le pensons pas. Pour nous, la glycérine agit sur les matières organiques à la façon d’un vernis. Seulement ce vernis est intérieur aussi bien qu’extérieur, tant est grand le pouvoir de diffusion et de pénétration de la glycérine. Ce vernis, qui s’insinue entre les fibres animales et végétales, les préserve de l’oxydation, c’est-à-dire de la combustion et de la putréfaction.
Nous avons parlé plus haut de l’action de la glycérine administrée à l’intérieur. Une partie de cette glycérine est éliminée, mais une partie aussi est nécessairement absorbée. Que devient-elle dans le sang? Question diflicile à résoudre dans l’état actuel de la science, et néanmoins importante au point de vue de la digestion, puisqu’on la résolvant, on jetterait une vive lumière sur les métamorphoses qu’éprouvent les corps gras dans le torrent circulatoire. Qui sait, peut-être la glycérine joue-l-elle un grand rôle dans la fonction glycogénique du foie et sert-elle d’intermédiaire entre les matières grasses et le sucre. La glycérine est un alcool triatomique, et les sucres sont des alcools hexatomiques. Par suite d’une complication moléculaire de celles dont la nature organique semble s’être réservé le secret, la glycérine pourrait parfaitement donner dans le parenchyme hépatique naissanceà la matière glycogène. En tous cas, il serait intéressant de savoir ce que devient la glycérine dans le sang.
Nous bornons là ces réflexions. 11 ne nous reste plus qu’à prier nos juges d’être indulgents à ce travail de bonne volonté.