LES PRINCES DE L'EMPIRE
TALLEYRAND, prince et duc de Bénévent. La figure de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince et duc de Bénévent, est trop connue pour qu’il soit nécessaire de s'étendre sur sa vie. Il était né à Paris le 17 février 1754. 11 mourut dans la même ville le 17 mai 1838. Il appartenait à l’illustre famille des comtes et ducs de Périgord.
D'abord destiné à l'état ecclésiastique et en même temps très admirateur de Voltaire, il fut évêque d’Autun, à la
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veille de la Révolution, avec un revenu de quatre-vingt mille livres. Député aux États-Généraux, ambassadeur, grand chambellan, quatre fois ministre des Affaires étrangères, il servit tous les régimes.
Talleyrand était vice-grand électeur de l’Empire et Napoléon le créa prince et duc de Bénévent par des lettrespatentes du 5 juin 1806; à la Restauration, il déclara renoncer au titre de prince de Bénévent par déférence disait-il, pour le Saint-Siège, propriétaire de ce fief.
Les Bourbons élant restaurés dans le royaume des Deux- Siciles, le roi Ferdinand de Naples le créa duc de Dinoetil transmit ce titre à uno de ses neveux. Il mourut sans descendance.
DAVOUT, prince d’Eckmühl, d’abord duc d’Auërstaedt. Le prince d'Eckmübhl était né dans l'Yonne, le 10 mai 1770. Il est mort à Paris, le 13 mai 1823. Il appartenait à une famille noble et cependant, dès avant 1789, il était connu parmi les siens par ses idées libérales. Davout ne renia jamais ces sentiments. Parmi tous les compagnons de l'Empereur, il fut l’un des plus fidèles d’entre eux et après Waterloo, il dut à cette fidélité de commander l’armée retirée à Orléans, derrière la Loire. Davout, général à vingt-trois ans, fut investi en 1808 du titre de duc d’Auërs. taedt, en mémoire de la victoire de ce nom, remportée par lui le jour même où les français étaient vainqueurs à Eylau. Davout fut sur le point d’être roi de Pologne. Les desseins du Maître, la répugnance elle-même de Davout à quitter ‘ définitivement son pays pour un pays étranger, même au prix d’une couronne, empêchèrent qu'il en fut ainsi.
Pendant trois jours entiers, avec deux divisions, il lutte à Eckmühl contre l’armée autrichienne tout entière.
Il fut investi le 15 août 1809 du titre de prince d’Eck-
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mühl, en récompense de la part glorieuse qu'il avait prise à la bataille de ce nom.
Le prince d'Eckmühl est mort, maréchal de France (31 août 1817), pair de France (1819), laissant un fils héritier de sa pairie. Son titre de duc d’Auërstaedt fut relevé par Napoléon IIl au profit de l’un de ses neveux sans conditions de majorat, et ce après l'extinction de la descendance mâle du maréchal.
MASSÉNA, prince d'Essling, duc de Rivoli. Celui que l’Empereur devait appeler l'Enfant chéri de la victoire et qui devait être l’un des plus grands capitaines modernes, était né à Nice, dans nne très modeste condition, en 1758. Il devait mourir à Paris le 7 avril 1817.
La victoire de Rivoli (9 janvier 1797), celle plus éclatante encore de Zurich (26 septembre 1799), sont trop connues pour que l’on doive s’y étendre. Maréchal de
France, il fut investi du titre de duc de Rivoli, avec deux dotations, l’une de 70.000 francs de revenus le3 février 1810, l’autre de 80.000 francs le 17 février de la même année.
Sa conduite à la bataille d'Essling, au village d’Aspern, pris et repris quatorze fois en trois jours par les Français, lui valut le titre de prince d’Essling.
Il avait refusé de siéger dans le procès du maréchal Ney. La noblesse de son caractère était en rapport avec les titres impériaux qu’il reçut.
Le prince BORGHÈSE, prince de Guastalla. Le beau-frère de l'Empereur, Camille Borghèse, était né le 8 août 1775. Le 28 août 1803 il épousa Marie-Pauline Bonaparte, sœur de Napoléon, veuve du général Leclerc.
Il fut créé prince et duc de Guastalla par décret impérial du 30 mars 1806. Le prince Camille Borghèse était issu de
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la famille princière de ce nom, originaire de Sienne et son élévation datait du commencement du xvrre siècle, époque du pontificat de Paul V.
Le prince Camille Borghèse, prince de Sulmona et de Rossano, mourut sans postérité Son héritier fut son frère, François, écuyer de l'Empereur, et à qui Napoléon avait également donné le titre de prince français.
NEY, prince de la Moskowa, duc d’Elchingen. Le « brave des braves » était né à Sarrelouis (Moselle), le 10 janvier 1769. Il mourut le 7 décembre 1815, victime de la vengeance des royalistes, entourée de quelques formes légales, alors que là France était ensanglantée par les excès des émigrés et que le corps du maréchal Brune « ... assassiné à Avignon et jeté dans le Rhône, n’avait pas encore été retrouvé... »
Général à 17 aus, c’est pendant la campagne de 179% qu'il sauva d’un châtiment mérité un grand nombre d émigrés, pris les armes à la main et combattant contre leur patrie.
On sait quel mépris avaient pour lui et pour sa femme les nobles pendant la première Restauration. Quand Ney prit le parti de se joindre à l'Empereur, revenant de l'Ile d’Elbe, il l’annonçait à sa femme et sa lettre se termine ainsi : |
« ... Mon amie, tu ne pleureras plus en sortant des Tuileries. »
Le nombre des batailles, je dirai des victoires de Ney, pendant toutes les guerres de la République et de l'Empire, est considérable. Celui que ses soldats avaient nommé l’infatigable ou le brave des braves, le fils du tonnelier alsacien, fut Maréchal de l'Empire, Grand-Aigle de la Légion d'honneur, chef de la septième cohorte de la Légion, Grand-Croix du Christ du Portugal.
Après la bataille d'Elchingen, au gain de laquelle il contribua glorieusement, il reçut le titre de duc d’Elchingen, avec deux dotations, l’une de 100.000 francs (26 novembre 1808) et l’autre de 83.000 francs (10 juin 1809).
La bataille de la Moskowa lui valut le titre de prince de la Moskowa.
Les quatre fils du prince de la Moskowa soutinrent la gloire de leur nom et portèrent les titres conférés à leur père conformément aux statuts de 1808.
Ce furent : le Napoléon-Joseph, prince de la Moskowa, générai, pair de France, député à l’Assemblée législative et aussi compositeur de musique; 2° Michel-Louis-Félix, duc d'Elchiogen, général, député, il mourut pendant la campagne de Crimée; 3% Eugène, comte Ney, fut diplomate; 4 et Napoléon-Henri-Edgard, prince de la Moskowa, après la mort, sans descendance masculine de son frère, fut député de la Charente-[nférieure et général de division.
BERTHIER, prince de Neufchâtel et Vallengin, prince de Wagram, était né à Versailles en 1753 et mourut en 1815. Son histoire est liée à celle de Napoléon Ie. Ille suivit dans toutes ses campagnes, en qualité de chef d'état-major général. Le maréchal Berthier avait épousé la nièce du roi de Bavière. Il fut Vice-Connétable de l'Empire, Ministre de la Guerre à plusieurs reprises. L'Empereur l’investit du titre de prince et duc souverain de Neufchâtel et Vallengin, sous le nom d'Alexandre Ier (31 octobre 1806) avec deux dotations, l’une de 18.000 francs, l’autre de 141.000 francs (le 13 octobre 1808) ei de celui de prince de Wagram (1809), A la Restauration il devint pair de France par ordonnance royale du 4 juin 1814.
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BERNADOTTE, prince de Ponte-Corvo, plus tard roi de Suède, sous le nom de Charles XIV.
Bernadotte est le seul des soldais de Napoléon, qui devenu roi, ait laissé sur le trône sa descendance et sa dynastie. Et l'on peut ajouter que c’est presque contre le gré de l'Empereur.
Jean-Baptiste-Jules Bernadotte, fils d’un avocat, était né à Pau le 26 janvier 1764. Il mourut à Stockolm, dans sa capitale, en 1844.
Général en 1792 (il avait 28 ans), maréchal de France, ambassadeur, il combattit glorieusement les ennemis de l'extérieur et de l’intérieur.
Il avait épousé Mïe Clary, belle-sœur de Joseph-Bonaparte, roi d'Espagne. Le 5 juin 1806 il fut investi du titre de prince de Ponte-Corvo, avec une dotation de 124.000 fr. (19 décembre 1809) et de 100.000 francs (23 février 1810).
Proclamé prince héritier de Suède par les Etats du Royaume le 21 août 1810, il oublia en 1812 et 1813 qu’il était Français et combattit ses anciens compagnons d'armes. Le 5 février 1818 il devint roi de Suède à la mort de son père adoptif Charles XIII.
CAMBACÉRES, prince et duc de Parme. Jean-Jacques-Régis de Cambacérès était né à Montpellier en 1759. Il mourut à Paris en 1824.
Issu d’une famille de noblesse de robe, sa gloire principale est sa collaboration au Code civil où d’ailleurs il fit entrer tout ce qu’il tenait lui-même du jurisconsulte Pothier.
Deuxième Consul après le 18 brumaire, il s’attache défnitivement à la fortune de Napcléon. Il fut nommé successivement arChi-chancelier de l'Empire, président perpétuel du Sénat, prince et duc de Parme, avec une dotation de 150.000 francs par décret du 12 Juillet 1808. Grand-Aigle