T. XIII
9. Regnault et Reiset. Recherches cliniques sur la respiration des animaux des diverses classes (Annales de Chimie et de physique,
3° série, 1849, t. XXVI). *
= = dire qu’il se compose d’une cloche de verre tubulée de 45 litres dans laquelle est renfermé l’animal ; cette cloche communique d’une part avec deux pipettes destinées à condenser l’acide carbonique qui se formeet d’autre part avec un appareil qui permet de remplacer constamment l’oxygène absorbé. De cette façon l'acide carbonique est absorbé au fur et à mesure qu'il se produit, l’oxygène vient le remplacer et on maintient ainsi constante dans la cloche la composition de Pair.
- Regnault et Reiset ont trouvé que les quantités: d'oxygène consommées: par le même animal, dans, des temps égaux variaient suivant les diverses périodes de la digestion et l’état des mouvements, que la consommation d'oxygène était plus.grande chez les animaux jeunes que chez les adultes, chez les animaux maigres et bien portants que chez les très gras et enfin que la consommation d’oxygène pour les mammifères hibernants était très faible pendant l’engourdissement.
La même année Hervier et Saint-Lager (1) communiquèrent à l’Académie des sciences les résullats des nombreuses expériences faites par eux pour rechercher les varations de lacide carbonique exhalé par le poumon à l’état de santé et de maladie. Leurs recherches très complètes embrassent presque tous les divers états physiologiques et pathologiques.
Les résultats obtenus à l’aide du procédé de Regnault et Reset sont, en raison de l’exactitude et de la rigueur du
1. Hervier et Saint-Lager. Recherches sur l'acide carbonique exhalé par le poumon à l’état de santé et de maladie (C. R. Acad. des scien., 1849, t. XXVIIT, p. 260).
= 49 — procëdé, à l’abri de toute contestation ; malheureusement la disposition de cet appareil n’a pas permis de faire des expériences sur l’homme, on n’a pu dis que sur des animaux de petile laille.
C’est pour combler cette lacune qu’en 1860 Pettenkofer et Voit (4) imaginèrent leur colossal appareil. Il se come. pose d’une chambre en tôle hermétiquement close, eubant 12000 litres et où on place l’homme sur lequel on veut expérimenter. L'air extérieur est poussé dans cette cham-bre à l’aide de pompes mises en mouvement par une machine à vapeur, mais, avant d'y entrer, il passe à: travers des compteurs de façon que l’on puisse connaître son volume. L’air contenu dans l’intérieur sort par deux ouvertures : l’une laisse écouler une grande quantité de gaz dont on mesure le volume et lautre une quantité plus faible connue également et qui doit servir à l'analyse. En dosant alors, à l’aide de l’eau de baryte, l’acide: carbonique contenu dans ce petit volume d’air, qui présente la même . composition que la masse totale, il suffit d’un simple calcul pour obtenir Pacide carbonique tout entier qui a traversé la chambre.
Pettenkofer et Voit ont constaté que lélimmation de Pacide carbonique à l’état physiologique était plus élevée pendant le jour que pendant la nuit, pendant l'exercice que pendant le repos. Chez un diabétique ils ont trouvé
1. Pettenkofer. Ueber den Respirations uud'Perspirations apparat im physiologischen Enstitute zw München. In Sitzungsberichte ‘d batverisch. Acad. der Wissensch. Zw München, 1860. Pettenko- ‘féret Voit, Untersuchungen über die Respirat. in ann. Chem. ur Phys. 1860.
A" 7 ua une diminution notable dans l’excrétion journalière de l’acide carbonique.
Liebermeister (1) emploie un procédé plus simple et qui est à peu près analogue à celui dont s’était servi Schar- Jing et que nous avons décrit : il met son sujet dans une sorte de cuve en zinc de deux mètres cubes qui communique avec le dehors par deux ouvertures; l’une permet l'entrée de l'air extérieur, l’autre est en rapport avec une trompe à eau qui aspire l’air contenu dans l’appareil.
Tout l’air qui a passé dans la cuve traverse une série de flacons à acide sulfurique, à potasse et à eau de baryte qui le dépouillent de sa vapeur d’eau et de son acide carbonique. A l’aide de ce procédé, Liebermeister a pu constaler que, pendant la fièvre, la production de l’acide carbonique augmentail, qu'il s'agisse du stade de chaleur de la fièvre intermittente ou d’une fièvre ordinaire.
En 1877 MM. Jolyet et Regnard (2) ont modifié l’appareil de Reiset en le rendant moins coûteux el plus maniable. Leur appareil est cependant encore assez compliqué; 1l se compose d’une cloche d’une dizaine de litres dans laquelle respire l’animal ; cette cloche communique d’une part avec un système destiné à condenser l’acide carbonique et qui est formé de pipettes de Regnault et d’un
1. Liebermeister. Recherches sur les changements quantitatifs dans la production de l'acide carbonique chez l'homme. 1*% mem. in Deutsch. Archiv. für Klin. medicin. T. VII, 1870. 2° mem. ibid. 4. VILE, 3° mem. ibid. t. X.
2. Jolyet et Regnard. Des modifications apportées dans. les produits de la respiration, sous l'influence de conditions pathologiques et expérimentales déterminées (Soc. biologie 1877 et Gaz. méd. de Paris, 1877 p. 179).
vase contenant une solution de potasse caustique, et d’autre part avec deux flacons pleins d’oxygène. Ces flacons sont disposés de telle sorte que leur oxygène vient remplacer à chaque instant celui qui est consommé dans la cloche. L'analyse de l’acide carbonique, contenu dans la cloche, se fait avec la pompe à mercure. Ces auteurs ont trouvé que le nitrite d’amyle en inhalation diminuait la quantité d'acide carbonique éliminée en une heure. L’acide phénique au contraire augmenterait dans une proportion énorme l’exhalalion de l’acide carbonique. Après une saignée de 250 grammes un chien élimine des quantités d'acide carbonique moitié moindres qu'avant Popération.
M. Regnard (1), ne pouvant se servir de ce procédé pour l’homme, en a imaginé un autre plus simple qui consiste à faire expirer l’air dans un grand ballon de 200 litres et à doser, à l’aide de barboteurs à potasse, la quantité d’acide carbonique qui y est contenu. L’air du ballon, après avoir passé dans les barboteurs, traverse un compteur qui permet de noter son volume. L’aspiration se fait par une trompe.
M. Regnard, qui a dosé l'acide carbonique, chez un grand nombre de malades, a observé que la quantité de çe gaz était augmentée dans les fièvres franches, les plegma sies aiguës et même les fièvres lentes et qu’elle étaitau contraire diminuée dans toutes les maladies cachectiques. Les combustions seraient également diminuées dans la convalescence.
On voit, comme nous le disions en commençant, qu’il y
1. Regnard. Recherches sur les variations pathologiques des combustions respiratoires (thèse de Paris, 1878).
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Du Pos a eu jusqu'ici, pour recueillir et doser l'acide carbonique, presqu’autant de procédés que d’expérimentateurs. Cette trop grande richesse d’appareils montre notre pauvreté en résultats exacts.
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