‹ Etude de Quelques Cas de Trachéo-Bronchite: Pseudo-Membraneuse DiphtériqueChapitre 13 sur 16 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

(/n thèse Châtelin. Lille, 1899.)

Marthe B..., quatre ans, est amenée au pavillon le 20 janvier 1899 vers 4h. 1/2 au soir, pour angine diphtérique avec croup à la période asphyxique.

Cette enfant présentait, depuis quelques semaines, des accès de toux coqueluchoïde due à de l’adénopathie trachéo-bronchique.

Tubée aussitôt par M. Mouton, interne de garde. tube long

de trois à quatre ans ; mais le tube en place, les fausses mem-

branes refoulées en obstruent aussitôt la lumière, l’enfant ne respire plus, asphyxie, et l’on n’a que le temps d'extraire le tube avec l’extracteur, l’enfant rejette immédiatement après, dans une quinte de toux, la fausse membrane cause de l’obstruction, cylindrique, épaisse, longue de 4 centimètres. Réintubation immédiate.

Injections de 20 centimètres cubes de sérum antidiphtérique et de 20 centimètres cubes de sérum artificiel.

À 4 heures du matin, rejet spontané du tube, aussitôt l’enfant crache une fausse membrane encore cylindrique, épaisse et longue de 4 centimètres ; l'enfant reste sans tube jusqu à 10 h. 1/2 du matin. À ce moment, le tirage est devenu assez accentué pour que M. Ausset procède à un nouveau tubage, recommandant de faire la trachéotomie, si l’on peut craindre l’obstruction du tube. k

Nouvelles injections de ro0 centimètres cubes de sérum artificiel et de ro centimètres cubes de sérum antidiphtérique.

À 8 heures du soir, le tirage reprend malgré le tube. On perçoit un bruit de drapeau et du gargouillement trachéal.

À 9 h. 1/2 l'interne du pavillon, M. Chatelin, pratique la trachéotomie, l'enfant est détubée, puis trachéotomisée, la trachée ouverte, projection par la plaie de mucosités purulentes et de fausses membranes ; il en sort aussi par la bouche. La canule en place, l'enfant est reportée dans son lit et la respiration se régularise.

Le lendemain 22 dans la matinée, le larynx rempli de pus est encore tapissé de fausses membranes adhérentes. Pas de lésions imputables au tubage.

À 4 millimètres au-dessous du cartilage cricoïde, je vois sur

la face antérieure de la trachée, exactement dans le plan mé-

ES

dian, l’incision de la trachéotomie longue de 1 centimètre.

La trachée et les bronches, jusqu'aux plus petites, sont remplies de pus et de fausses membranes, le sommet du poumon droit est infiltré de tubercules miliaires. A la partie antérieure du lobe moyen du même côté, presque sous la plèvre, une petite caverne grosse comme une noisette.

Les ganglions trachéo-bronchiques sont hypertrophiés ; à droite, on en trouve de caséeux et de crétacés englobant le nerf

récurrent.

OBSERVATION XIII (Ecourtée)

(Publiée par MM. E. Sergent et Lemaire.)

La nommée Madeleine À..…., vingt et un ans, Allemande, est atteinte de bronchite depuis huit jours, avec dyspnée intense depuis quarante-huit heures. Êlle avait eu, dix Jours avant, un léger mal de gorge avec gêne de la déglutition et toux assez violente. Le médecin appelé ne constata que de la rougeur de la gorge et de la bronchite.

Quatre jours après la voix devenait rauque et éteinte.

Le lendemain la malade s’alitait.

À l'entrée, le 22 septembre, l'inspiration est pénible ; bruit de cornage, 4o mouvements respiratoires à la minute, tirage sus et sous-sternal, voix rauque.

Facies un peu cyanosé. Pouls 110.

Sonorité de la poitrine normale. Température 38°4. Murmure vésiculaire presque nul.

Circulation veineuse collatérale très nette dans la région

sterno-claviculaire.

L'intervention est nécessaire. Une trachéotomie est pratiquée.

Au moment de l'ouverture de la trachée s'échappe un paquet de fausses membranes molles, friables, blanchâtres et striées de sang. Pendant une demi-heure, la malade, qui était aux trois quarts asphyxiée pendant l’opération, reste inerte.

Sous l’action de tractions de la langue, elle reprend ses sens ; dès lors elle accuse une sensation de bien-être et un soulagement manifeste.

La dyspnée n’a pas complètement disparu.

On fait 20 centimètres cubes de sérum de Roux.

24 septembre. — Température 39°7. Pouls 130.

Par la canule sortent abondamment des membranes et des détritus sanieux.

20 centimètres cubes de sérum antidiphtérique.

25 septembre. — Facies plombé avec marbrures violettes.

L'auscultation montre la persistance des râles de bronchite et fait découvrir un foyer de râles sous-crépitants fins à la base gauche. Vomissements. Température 396, puis 4o ane 20 centimètres cubes de sérum.

26 septembre. — Etat général un peu meilleur. Pouls 130. Température 38°2. ro centimètres cubes desérum.

L'après-midi, par la canule, au cours d’une quinte de toux, rejet d’un moule pseudo-membraneux, trachéo-bronchique, canaliculé, long de 15 centimètres. Ce rejet est suivi d’une diminution notable de la dyspnée (40 respirations au lieu de 55).

27 septembre. — Etat stationnaire,

28 et 29 septembre. — Aggravation de l'état général. Crises d’éclampsie qui se terminent par le coma et la mort.

Examens microbiologiques.— Présence du bacille de Lôffler.

Autopsie. — Trachée : Muqueuse rouge avec enduit granu-

En

leux grisâtre s’enlevant par grattage (suette de diphtérie, diphtérie coulante de Peter.

Ganglions péri-trachéo-bronchiques congestionnés.

Plusieurs noyaux de broncho-pneumonie.

Les auteurs ajoutent : « On ne saurait prétendre que la trachéotomie fut inutile puisqu'elle leva l'obstacle laryngé ; il est permis de supposer quelle eût été suivie de guérison si la diphtérie, méconnue à son origine, avait été combattue plus

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