APRÈS
3 octobre. — Au moment dela visite, détubage du tube par énucléation. Quelques minutes après, le petit malade a une quinte de toux très violente ; puis à un moment donné, il fait des efforts terribles et asphyxie brusquement.
Sans perdre un instant, nous pratiquons la trachéotomie, mais c'est à peine si quelques bulles d’air passent par la boutonnière trachéale, lorsqu'on fait la respiration artificielle. Nous scrutons la canule, la trachée, mais en vain. Très rapidement la mort survient. Le faciès de l'enfant n’a cependant pas pris la teinte foncée habituelle, ce qui,un instant,nous a fait songer à une syncope toxique.
L’autopsie devait nous démontrer la nature de cette asphyxie foudroyante, que la trachéotomie n’avait pu lever.
Elle a lieu le lendemain 4 octobre, exactement vingt-quatre heures après la mort.
Le larynx ouvert apparaît immédiatement très altéré ; la muqueuse est rouge vif, cruentée par endroits. On remarque rois petites plaques brunâtres indiquant un sphacèle limité de la muqueuse.
Dès le haut, nous trouvons des débris membraneux encore adhérents à la trachée ; les parties de la muqueuse qui ne sont pas couvertes par les membranes sont rouges et paraissent épaissies. Le tiers inférieur de la trachée est presque imtégralement recouvert de membranes. Au niveau de la bifurcation des bronches, nous trouvons un épais bouchon membraneux et muqueux à la fois qui s'étend à droite très loin, jusqu’au hile du poumon ; à gauche la bronche semble être . moins complètement obstruée. Nous avons trouvé dans toute l’étendue du poumon les petites bronches plus ou moins garnies
de membranes à moitié liquéfiées ; dans certaines lobes, les
moules membraneux étaient à peu près intacts. Les poumons, congestionnés aux bases, sont œdémateux. À droite un foyer de broncho-pneumonie. Hypertrophie des ganglions péri-bronchiques et péri-trachéaux. Dans l'estomac on retrouve un amas defausses membranes moulées et ramifiées, dont la provenance ne peut être douteuse.
« L'examen direct de ces membranes au point de vue bacté.riologique a surtout fait voir du streptocoque, Les ensemencements n’ont pas permis d'étudier de colonies caractéristiques de Lôffler. » (D'Lemaire.)
Les urines contenaient de o gr. 5o à 1 gramme d’albumine.
Il a été fait 5o centimètres cubes de sérum.