INTRODUCTION
Ces crânes ne sont malheureusement pas tous aussi bien conservés, et si certains sont presque intacts, d’autres, par suite de détériorations empêchant certaines mesures importantes, ont été d’une étude plus difficile. Outre les crânes, il y avait quelques fémurs, tibias, radius et cubitus de chien. La comparaison des crânes de Vertault qui nous ont été remis avec des crânes de races actuelles d'iment connues, ne pouvait se faire que par de nombreuses mensurations de chaque crâne.
Nous avons trouvé tous les documents nécessaires à ces mesures dans le livre très complet d'Edmond Hue, médecin vétérinaire, livre intitulé Ostéométrie des Mammifères. Nous nous sommes donc basé sur les mensurations de cet ouvrage, qui considèrent le crâne vu par sa face inférieure, par sa face latérale, et par sa face postérieure occipitale.
Nous avons recueilli le plus possible de mesures, condition essentielle de comparaisons précises, et
d'autre part nécessité absolue dans le cas de certains
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crânes plus ou moins détériorés. Il ne suffit pas de réunir le plus de mesures possibles, il faut ensuite les grouper suivant certaines formules dites indices craniométriques. Certains auteurs allemands ont critiqué certaines données de Hue, telles que :
Largeur maxima des bords externes des alvéoles des canines supérieures.
Largeur maxima des arcades zygomatiques.
Longueur totale du tubercule occipital à la suture inCisive.
Epaisseur du crâne au niveau des sutures des bosses pariétales.
Longueur du maxillaire supérieur:
Pour l’un de ces auteurs allemands, Schäme, qui s’est livré à des études comparatives très précises, la dotmestication ne pourrait s’évaluer comme on le pense par les dimensions du maxillaire supérieur, par la longueur et la largeur, car ces différentes mesures varient aussi suivant le sexe de l’animal.
En ce qui concerne ceux de nos crânes de Vertault qui étaient un peu détériorés, ne pouvant prendre certaines mesures, nous avons noté toutes les men— surations aisées à prendre, mais là où des fractures empêchaient ces mesures, nous nous sommes basé pour les prendre sur la symétrie par rapport au plan sagittal du crâne, C’est ainsi qu'une large ouverture dans la bosse occipitale droite d’un crâne nous empêchant de prendre certaines dimensions, nous avons pu
reclüifier en prenant la distance entre la limite externe
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de la bosse occipitale intacte et le plan sagittal, et en doublant cette distance,
Hue dans son Ostéométrie des mammifères attache une grande importance à une mesure particulière : le cubage du crâne. La méthode du cubage du crâne est inspirée d’une méthode utilisée en anthropologie, qui consiste à mesurer le volume de la cavité cranienne, afin d’en tirer des conclusions sur la valeur intellectuelle des sujets.
Cette question semble d'ailleurs assez discutée, puisque certains pensent que l'intelligence humaine n'est pas fonction du poids du cerveau, mais bien plutôt de la qualité de la substance cérébrale. Quoi qu'il en soit, le but de ces mesures en ce qui concerne-les animaux domestiques n'est pas de mesurer le degré intellectuel, mais de se rendre compte de l'influence de la domestication sur l’encéphale de l’animal. Cette méthode était sans intérêt pour nous puisque nos mesures concernaient des crânes fossiles ; elle n’est d’ailleurs pas d'une grande valeur par elle-même, car il semble que dans toutes les espèces, il y aurait dans la vieillesse une diminution du poids de l’encéphale. La cavité osseuse du crâne semble beaucoup plus propre à des mensurations exactes, car elle ne varie pas. Cornevin pense dans son Traité de zoolechnie générale que l’eau serait plus pratique que tout pour cette mesure, mais dans ce cas, il faudrait arriver à obturer les moindres orifices du crâne, ce qui paraît à peu près impossible étant donnée leur multiplicité. Il est donc préférable
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d'utiliser des solides aussi petits que possible pour que les données soient suffisamment exactes. On peut se servir de graines d'orge, de millet, de moutarde ; ou encore de plombs de chasse.
Pour les crânes fossiles, rendus plus ou moins fragiles par le séjour prolongé dans la terre, les graines semblent mieux convenir que les plombs qui risquent de les détériorer.
Lors du cubage, on a soin d’obturer avec du coton les moindres orifices, on verse les graines dans la cavité cranienne, on s’arrête lorsque le niveau des graines affleure les bords du trou occipital. Pour apprécier le volume, il suffit de faire passer le contenu du cràne dans une éprouvette graduée, on pourra alors établir des comparaisons.
Pour comparer les crânes de Vertault à des crânes actuels, nous nous sommes servis de la belle collection de crânes actuels de M. Dechambre, qu'il a bien voulu mettre à notre disposition. Nous n'avons pu prendre de mesures sur les maxillaires inférieurs, qui n’ont pu être trouvés dans les fouilles. Aux maxillaires supérieurs, l’absence de dents nous a forcé à prendre les mesures à partir des alvéoles dentaires.
Les comparaisons établies ne peuvent donner des résultats aussi probants qu’ils pourraient l'être si les crânes étudiés et comparés un à un étaient du même âge et du même sexe. L'âge étant impossible à évaluer sur les crânes de Vertault en raison de l'absence des incisives, il nous a fallu parfois compa-
rer des crânes appartenant à des sexes différents, et