‹ Étude de teratologie: De l'EctodactylieChapitre 27 sur 30 · CON · texte numérisé non relu

CON

Cette étude embryogénique des mains et des pieds éclaire nos idées évolutionnistes en nous montrant à la limite perceptible l’origine des membres.

Elle ne nous révèle pas le début visible de l'ectrodactylie, parce que ce travail est bâti d'après les dessins d'embryons représentés dans l'atlas de His et selon des coupes el reconstitutions de coupes d'embryons humains collectionnées au laboratoire d'anatomie de la John's Hopkins University.

Or, ces embryons sont tous de formes habituelles et l'homme de science n’a pas encore eu sous les yeux l’embryon ectrodactylien dans les premiers stades de sa tératogénie. |

Enfin, l'embryologie ne peut que fixer l'époque où apparaissent les malformations, mais non en expliquer les causes.

Ile PARTIE

La cause de l’ectrodactylie à la lumière de l’histogenèse

Les mains et les pieds sont constitués par les tissus cartilagineux, fibro-tendineux dont se compose leur squelette, les tissus fibro-cellulaires et musculaires qui forment les appareils moteurs, le tissu cellulaire lâche qui s'interpose partout, soutenant les nerfs et les vaisseaux.

Chez un embryon au milieu du troisième mois, tous ces systèmes structuraux sont nettement différenciés. À cette période, les cellules cartilagineuses sont apparues au centre des aires prochondrales, donnant une forme définitive au squelette, et le tissu fibreux a charpenté les articulations qui ne sont pas moulées par l'usage, mais établies dès le début dans leur forme définitive. Et l'on voit la substance fondamentale du cartilage des os, en la matière propre des fibres musculaires et tendineuses, et en celle des fibres conjonctives.

Ainsi, apparaît la continuité de texture des diverses formations constitutives des membres.

Et si, partant de l'embryon de deux mois et demi, on suit progressivement toute la lignée, l’on passe par celui de six semaines, dont la structure interne ne présente plus ae tissu cartilagineux, mais un tissu prochondral const tuant une masse squelettique; aucune division ne peut être dstinguée. l

Puis l’on rencontre l'embryon de cinq semaines, dont l'ébauche des mains ne présente qu'un tissu fibro-conjonctif condensé en certains points (centre ébauché des

cs), un tissu musculaire fibrillaire en d’autres (ébauche des masses prémusculaires).

Puis, l’on arrive à l'embryon de trois semaines, dont A bourgeons des membres ne renferment qu'un tissu mésenchymateux avec de nombreuses figures mitotiques.

Et l’on assiste ainsi à la métamorphose histochimique des différents tissus constitutifs des membres avec tous les tissus de passage, car dans tous ces tissus se trouve la substance commune : le collagène.

Ainsi apparaît l'identité de la structure fondamentale des tissus embryonnaires des mains et des pieds.

Mais le collagène et l’élastine ne sont que les produits de différenciation des cellules du tissu conjonctif.

Ainsi donc, malgré leur diversité apparente, les tissus constitutifs des mains et des pieds possèdent une équivalence de leurs fonctions, une continuité de leur texture, une unité de leur structure fondamentale. Ils appartiennent au système conjonctif général et ont une origine unique : ils procèdent du tissu conjonctif embryonnaire commun.

Ce tissu conjonctif commun se retrouve dans le mésenchyme constitutif des bourgeons des membres de l’embryon. Il est done en cet endroit, le support de la force énergétique créatrice des mains et des pieds de l'adulte.

La structure initiale des extrémités se réduit à la structure de ce tissu mésenchymateux, c’est-à-dire à l'assemblage de cellules étoilées à protoplasme spongieux accrochées les une aux autres en formation protoplasmique commune, véritable synecytium primitif disposé en un réseau dans lequel sont encastrés des syncytiums chromorhiles et des plasmodes au protoplasma indivise.

En outre, ce syncytium primitif est parcouru en tous sens par des capillaires embryonnaires et, entre les cellules du syncytium, les plasmodes secondaires, le réseau capillaire, cheminent de nombreuses cellules migratrices : clasmatocystes, cellules vacuolaires, grands macrophages, cellules Iympatiques.

A ces éléments cellulaires s'ajoutent les éléments fibrillaires : fibrilles de la tramule, composant une résille très fine, fibrilles de collagène éparpillées, fibres élastiques anastomosées et ramifiées, le tout enrobé dans une substance gélatineuse anhyste.

En poursuivant l'étude des métamorphoses de l'évolution du tissu conjonctif en général et des éléments composants en particulier, la structure fondamentale se simplifie.

Quelle que soit la complexité de cette structure, celle-ci se ramène immédiatement à l'assemblage des mêmes éléments qui sont (outre les vaisseaux et les nerfs qui ne sont pas encore apparus dans l’ébauche mésenchymateuse âgée de trois semaines) : la substance anhyste, les fibres et les cellules propres du tissu conjonctif.

Si on envisage le développement de début du tissu conjonctif embryonnaire, on le voit formé d’une lame de chromoplasma parsemée de noyaux superficiellement placés. Ce plasmode s'accroît par multiplication de ces noyaux et épaississement en toutes dimensions du chromoplasma. Et, en même temps, il complique sa structure en transformant partie de son chromoplasma en hyaloplasma. Cette transmutation se passe dans l'épaisseur du plasmode qui se trouve ainsi dédoublé en deux plasmodes séparés par une lame hyaloplasmique.

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Les deux plasmodes évoluent vers le syneytium mésenchymateux primitif par disparition partielle internucléaire du chromoplasma et la lame hyaloplasmique absorbant le chomoplasma libéré; en elles naissent alors des fibrilles qui deviendront des faisceaux de collagène et des fibres élastiques.

Ainsi l'ensemble formé par le réseau des cellules fixes et de leurs dérivés, les faisceaux conjonctifs, sont une seule et même formation plasmodiale.

Mais les plasmodes et les syncytiums sont formés par la conjonction de cellules migratrices et de cellules interstilielles et réciproquement, peuvent se décomposer en ces éléments libres.

Ainsi cellules migatrices, cellules interstitielles, plasmodes et snycytiums font partie du même groupe cellulaire, et le tissu conjonctif se réduit à deux groupements : tes cellules fires et les cellules migratrices. La simplification va encore plus loin, car les cellules migratrices et les cellules interstitielles deviennent ensuite des cellules fixes. fixes.

Tous les éléments cellulaires du conjonctif sont des éléments de même espèce dont les aspects différents correspondent à des degrés d'évolution distincte. L'élément constitutif primordial du mésenchyme est la cellule conjonctive embryonnaire.

La cellule conjonctive prend naissance, se meut, croît, procrée, se spécialise, travaille à l'édification d'une partie constitutionnelle de l'être vivant.

La cellule mésenchymateuse naît dès les premières phases du développement embryonnaire. Détachée du bloc primordial primitif, elle est d’abord en fonction migra-

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trice. Pour remglir cette fonction, elle revêt une morphologie de circonstance. D'abord toute petite, avec son noyau arrondi ou à peine échancré à chromatine serrée, elle a le corps rudimentaire du lymphocyte.

Elle augmente ensuite de volume, son noyau est large avec des travées et des grains de chromatine espacés, et elle prend la mince bordure protoplasmique des cellules germinatives. Elle devient alors une grande cellule embryonnaire et elle entre en fonction procréatrice. Elle procrée par division. Elle procrée par conjugaison en s’unissant avec ses semblables en un plasmode qui accroît son protoplasma, qui unit ses dérivés nucléaires qui multiplie ses noyaux, qui bourgeonne et se dissocie en de nouvelles cellules embryonnaires. Elle-même reprend alors son existence migratrice.

Elle augmente encore de volume, devient un grand macrophage de Metchnikoff, élément volumineux, arrondi et aplati avec de fines travées protoplasmiques acidophiles. La cellule conjonctive entre en ce moment en fonction phagocytaire.

De par cette grande fonction physiologique, elle englobe ct s’assimile en des mouvements de captation et de digestion amibiens d’autres cellules ou des dérivés cellulaires.

Dans toutes les métamorphoses qu'elle va prendre, la cellule conjonctive continuera à posséder le pouvoir phagocytaire, elle le gardera toute sa vie, même à l’époque où elle prendra l’état de cellule fixe.

La cellule conjonctive ne garde pas toujours une fonclion phagocytaire intensive. De grand macrophage, elle se métamorphose. Elle s’hypertrophie, son corps s'accroît proportionnellement plus que son noyau, elle devient

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ovoïde avec un protoplasma spongieux, acidophile, présentant des grains de ségrégation; elle devient ainsi une cellule vacuolaire de Renaut. En révélant ses grains de ségrégation, la cellule conjonctive apparaît en fonction organisatrice.

À ce moment, la cellule conjonctive évolue encore afin d'être apte à déverser dans le milieu ambiant les produits de son activité. Elle devient une immense cellule. Son corps polygonal ou ovoïde s'étire par ses angles et ses extrémités en façon de bras démesurément longs et noueux. Ces bras se rétrécissent, s'élargissent, se rétrécissent à nouveau et se terminent par un renflement en spatule ou en bouton, dont le protoplasma renferme de nombreux grains de ségrégation. Les bourgeons se rompront, émiettant leur protoplasma spécial dans le milieu ambiant où ses débris fondent et disparaissent graduellement. Aïnsi, la cellule conjonctive devenue clasmatocyste de Ranvier, remplit une fonction d'imprégnation du milieu dans lequel elle manifeste son activité.

Après cette existence vagabonde, la cellule conjonctive détachée du bloc plasmodial, ayant cheminé dans la cavité générale, se fixe en soudant ses grands bras aux pointes d’accroissement dont se hérisse le pourtour de la masse fondamentale du syncytium primitif. .

En devenant cellule conjonctive fixe, la cellule conjonctive migratrice modifie sa configuration générale, la siructure de son protoplasma, ses affinités tinctoriales, elle 1es modifie selon l'orientation qu'elle donne à sa fonction organogénique. Ou bien, elle s’aplatit et s'étale en lames protoplasmiques minces à la surface des feuillets conjonctifs ou des taches laiteuses; elle devient cellule endothéliale ou cellule périvasculaire. Ou bien elle s'ar-

rondit, se charge de graisse, devient une cellule adipeuse et va entourer les ramifications vasculaires. Ou bien entin. elle régularise les contours de son corps ét de ses pro!ongements, elle amineit et rapproche ses travées protopiasmiques, elle resserre la trame de son chromopiasme, elle laisse disparaître ses grains de ségrégation: elle prend la structure du fibroblaste. Elle se met xOE à secréter les fibrilles collagènes ct élastiques desti rés à la charpente mésenchymateuse du bourgcon des m: nbres:

A un stade plus avancé du développement, les cellules de segmentation après n'avoir été qu'une « morula » sans forme définie, s’agencent en une membrane : le blastoderme composé lui-même de feuillets superposés.

Il y en a trois : l’ectoderme, l’endoderme et le mésoderme. |

D'où provient la cellule mésenchymateuse qui nous occupe ?

Les uns la font dériver de l’ectoderme. Elle apparaît, disent-ils, entre deux cellules ectodermiques. Son corps s’isole peu à peu de ces dernières {v. Spüler) et ne reste bientôt plus en contact avec elles que par un pont protoplasmique étroit et grêle qui, ou bien restera en place et sera l’'ébauche d’une fibre de soutien, ou bien disparaîtra et la cellule ainsi devenue indépendante douée de mouvements amiboïdes, poursuivra son évolution comme nous l’avons vu plus haut. |

D’autres auteurs pensent que certaines cellules du mésoderme se différencient à un moment donné de leur évolution, revêtant une morphologie spéciale « de circonstance » et par conséquent bien différente de celle de la cellule mésodermique.

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Quoi qu'il en soit, la cellule mésenchymateuse provient en dernière analyse de la segmentation de l'œuf fécondé et Boveri à établi d'une façon apparemment indubitable que les noyaux des futures cellules de l'organisme contiennent tous une part exactement égale des structures nucléaires paternelles et maternelles.

Ces faits semblent établir que l'élément essentiel de la transmission héréditaire se trouvent dans les chromosomes : la chromatine représente la base physique de l'hérédité.

L'ovule fécondé est le support des qualités et de la quantité des matériaux constitutifs des mains et des pieds; il est imprégné des caractères héréditaires commandant l'évolution ultérieure de l'embryon.

Sans entrer dans le détail des théories héréditaires, qui sont, comme dit M. PRENANT, autant de tentatives d'explication restant dans le domaine des hypothèses mais qui, néanmoins, sont intéressantes et importantes à connaître, nous citerons seulement les principales.

Nous serons très brefs étant donné l'étude déjà très complète de la question (MM. PRExANT et Y. DELAGE).

Mentionnons d’abord la théorie de la « préformation » des anciens philosophes grecs alexandrins et des auteurs du moyen-âge avec les « spermatistes » et les « ovistes », deux partis également convaincus qui considéraient que le produit existe déjà « préformé » avec les caractères réduits du futur organisme, soit dans le germe de l'homme, soit dans celui de la femme.

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Puis la théorie de « l’épigenèse » telle que la soutenait G.-F. Wozrr. Selon lui, l'organisme s’édifie progressivement, se complique peu à peu par l’adjonction successive des organes; il n’est donc pas formé à l'avance dans l'œuf ou le spermatozoïde. Le fondement de cette théorie est erroné; la science histologique le démontre suffisamment à l'heure actuelle.

C’est pourquoi on a substitué à cette donnée la théorie « cellulaire » qui montre que l’œuf fécondé se divise et produit un amas de cellules qui, toutes, procèdent à part égale des deux générateurs.

C’est sur cette base que s'appuient les théories modernes.

Elles tendent à démontrer que les caractères héréditaires sont représentés ou plutôt supportés par des corpuscules très fins qui échappent à nos moyens d'investigation (Gemmules de Darwin, idioblastes de HErTwIG, biophores et ides de WEismann). Ces corpuscules représentatifs se diviseraient à la manière d'unités cellulaires plus volumineuses : les chromosomes, les corpuscules centraux, par exemple.

Nous pouvons nous demander alors si une modification inacoutumée dans la morphologie, le nombre ou le groupement de ces infiniment petits n’est point le support physique des malformations que nous avons étudiées.

Nous trouvons là sans doute une hypothèse satisfaisante expliquant nettement la transmission héréditaire de l’anomalie, mais nous n'y trouvons point la cause primitive de lectrodactylie. 4

Et nous voilà au terme des données déjà bien hypothétiques des évolutionnistes matérialistes.

Si nous voulions aller plus avant, il nous faudrait suivre

dans les études biologiques les évolutionnistes panthéistes et trouver dans la chimie physique cellulaire l’origine des états morphologiques.

Si nous voulions enfin atteindre la cause première, il nous faudrait avec les évolutionnistes chrétiens admettre le fait historique de la Création.

Nous ne faisons que manifester ces opinions parce qu'elles n'ont pas encore cours scientifique régulier; mais à la fin de ce travail, elles retiennent notre pensée et nous font méditer l’idée de Claude BERNARD :

« L'’obscure notion de la cause doit être reportée à l’origine des choses. Elle doit faire place dans la science à la notion du rapport et des conditions... Le déterminisme fixe les conditions des phénomènes. »

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