CHAPITRE IV. — mPLDENCE DES ORIGINES ETHNIQUES
colères, si ardentes qu'on les suppose, ne doivent pas durer longtemps? Et s'il était pern)is de mêler le roman à la statistique, nous imaginerions volontiers que chez eux les querelles conjugales se terminent par quelque violente explosion de fureur. Le Normand, au contraire, ou le Champenois, laisse son dépit fermenter au fond de son cœur et y creuser des traces profondes. C'est par quelques gros mots ou même par quelques coups de bâton que les querelles se dénouent dans le Midi ; dans le Nord, elles se dénouent devant le juge.
Les différences entre les divers départements français sont d'ailleurs infiniment moindres qu'entre les diflercnts cantons suisses, parce qu'ici il ne saurait être question de l'influence des habitudes religieuses, la presque totalité des Français étant élevés selon la religion catholique.
Les différences de race sont ici seules en jeu. Mais que nous sommes mal armés pour les apprécier ! Il n'y a, pour la France, aucun relevé des couleurs de cheveux, comme il y en a pour la Belgique et pour TAllemagne. 11 n'y a pas non plus de carte linguistique, puisque le recensement français, seul dans toute l'Europe, s'obstine à ne pas relever la langue des habitants.
Cependant, si Ton compare la carte ethnologique de M. Broca, fondée sur la taille, ou celle de M. Lagneau, à la carte des séparations de corps, on remarque que les pays où la race celtique est restée le plus pure (Alpes, Savoie, Cévennes, Bretagne) sont ceux où les séparations sont les plus rares. Au contraire, les pays notés comme kymriques sont (à Texceplion des trois départements du Nord) ceux où les séparations sont les plus fréquentes.
Il serait imprudent d'ailleurs de donner à cette comparaison plus d'importance qu'elle n'en a.
§ 21. — Conclusions. — Il résulte de ce paragraphe que l'influence de la race sur la fréquence des divorces est moins évidente que celle des habitudes religieuses.
Pourtant il est permis d'aflirmer que, toutes choses (religion, lois, etc.) égales d'ailleurs :
1^ La race allemande présente plus de divorces que les autres unités ethniques européennes ; [^ V Les races slaves paraissent en présenter fort pea ;
Divoacx ^
Si"" L9. 1(9^ laijne e« présente peu (les Roumains «Lcepiés) ;
V L9S1 races du micÛ de la France (Ligures, Aquitains, Celtes, ^.} présentant moins de séparations que les races du nord (Burgond^s, Kyraris, Normands, etc.);
K^ L^ populations celiiques en présentent extrêmement peu, soit qi;i'eU«s vivent dans le Midi (Alpes, Savoie), soit qu'elles vivent dans 1^ CenJUre (Auvergpe, Limousin, Berri), soit enfin qu'on les considère 4dM. k Noird (Bretons);
6* Les Flamands et leurs voisins wallons et* picards comptent peu dek div/prces w de séparations, à quelque législation qu'ils soient
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