‹ Étude démographique du divorce et de la séparation de corps dans lesChapitre 74 sur 112 · CHAP. XIV. — POURQUOI LES FEMMES DEMANDENT LE DIVORCE · texte numérisé non relu

CHAP. XIV. — POURQUOI LES FEMMES DEMANDENT LE DIVORCE

Tableau XLVÏÏ.

Bade*

Nombre des divorces

demandés demamiés

par le mari, par la femme.

ToUL

Belgique. — Les documents officiels de Belgique ne donnent pas ce renseignement. Les chiffres qui suivent sont inédits. Nous les devons à robligeance de 1 administration belge pour une année seulement.

Voici les chiRres absolus :

Tableau XLVIII.

Belgique (année judiciaire 1879-80).

Demandés Demandés

par le mari. par la femme. Total.

Divorces admis 115 92 207

— rejetés 12 18 30

Total 127 110 227

Séparations de corps admises. 15 66 81

— — rejetées.. 18 9

ToUl ÎF 74 90"

Ces chiffres sont remarquables : sur 237 demandes en divorce, un peu plus de la moitié sont formées par le mari. Tandis que, parmi les séparations, l'immense majorité est demandée par la femme. 11 est très vraisemblable qu'il faut attribuer cette différence à la religion catholique. Cette religion, en effet, condamne le divorce et n'admet que la séparation; il est bien connu qu elle exerce plus d'influence sur Tesprit des femmes que sur celui des hommes.

Ecosse. — En Ecosse, le divorce est demandé à peu près aussi souvent par les deux sexes ; il faut môme remarquer la proportion un peu plus élevée des hommes qui demandent le divorce. Quoique reposant sur un très petit nombre d'observations (car le divorce est très rare en Ecosse), ce chiffre parait assez constant, car il s'est reproduit presque invariablement pendant quatre ans.

Halte. — On remarquera le nombre considérable de séparations

par coaseotement mutuel. Si Ton en fait abstraction, on trouvera que sur 100 demandes en séparation âl sont faites par le mari et 79 par la femme. L*Italie se rapprocherait donc, sous ce rapport, de la plupart des autres pays de l'Europe.

Norvège. — Il nous est impossible d'attacher grande importance à l'exception qui concerne la Norvège. Ce pays, en effet, n'a compté en six ans que 44 divorces. Comment fonder un rapport sérieux sur un si petit nombre? Comment surtout en vérifier la constance d'une année à l'autre?

Saxe. — L'exception qui concerne la Saxe a assurément plus d'importance. En Saxe, en effet, près delà moitié des divorces est demandée par le mari. On l'attribuerait assurément à tort au grand nombre de ses divorces, car dans le Massachusetts, où les divorces sont pourtant très nombreux aussi, la règle générale se vérifie, et l'immense majorité des divorces est demandée par les femmes.

§ 62. — La règle précédente a son analogue parmi les règles du suicide. — La conclusion de ce chapitre nous rappelle forcément à l'esprit la comparaison des lois du suicide et de celles du divorce, qui s'était imposée à nous dans la première partie de ce travail.

Si ce sont surtout les femmes qui, dans presque tous les pays, demandent surtout le divorce, il est vraisemblable que c'est parce que ce sont elles surtout qui ont à se plamdre de leur conjoint. Le plus souvent, dans un mauvais ménage, le coupable est donc le mari.

Et si elles ne le demandent pas plus souvent encore, c'est que les conséquences du divorce ou de la séparation sont plus dures pour la femme que pour l'homme.

En règle générale, elles demandent le divorce deux ou trois fois plus fréquemment que les hommes. Cela ne suppose-t-il pas que les hommes sont environ quatre fois plus souvent d'insupportables maris qu'elles ne sont de fois insupportables femmes?

Or nous voyons que parmi les suicidés aussi (le lecteur se rappelle que, chapitre x, nous avons été conduit à assimiler le caractère des suicidés à celui des mauvais époux) il y a quatre fois plus d'hommes que de femmes.

Cette dernière règle ne souffre d'exception dans aucun pays. Nous renvoyons, pour plus ample démonstration, & l'excellent traité Del suicidio, de M. Morselli. Voici pourtant, relativement aux pays que

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